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20 juin 2006 2 20 /06 /juin /2006 22:14

l'original :

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SAISON DE SEMAILLES. LE SOIR

C'est le moment crépusculaire,
J'admire, assis sous un portail,
Ce reste de jour dont s'éclaire
La dernière heure du travail.

Dans les terres, de nuit baignées,
Je contemple, ému, les haillons
D'un vieillard qui jette à poignées
La moisson futur aux sillons.

Sa haute silhouette noire
Domine les profonds labours.
On sent à quel point il doit croire
A la fuite utile des jours.

Il marche dans la plaine immense
Va, vient, lance la graine au loin,
Rouvre sa main, et recommence
Et je médite, obscur témoin,

Pendant que, déployant ses voiles
L'ombre où se mêle une rumeur,
Semble élargir jusqu'aux étoile
Le geste auguste du semeur.

(Victor Hugo )

 

le prêt-à-rimer :

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En mon âge crépusculaire,
j'aperçois l'ultime portail
qui dans l'obscurité s'éclaire.
Alors mon vieil esprit travaille :

avant, devrai-je me baigner ?
devrai-je quitter mes haillons ?
quelqu'un viendra-t-il m'empoigner ?
devrai-je boire un Roussillon ?

Et me voilà plein d'humeur noire.
J'espèr' comm' d'hab' être à la bourre,
et personn' bien sûr pour me croire ;
qu'on me renvoie pour quelques jours !

Oh, que ma joie serait immense !
Je m'enfuirais bien vite au loin,
criant : " Que ma vie recommence !"
sous l'oeil médusé des témoins.

Mais non ! A ç't'heur' ma vue se voile.
Recommencer n'est que rumeur.
Dans ma dernièr' nuit sans étoile,

j'entends qu'on chuchote : "il se meurt !"

Ze Bath Leurre

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