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25 février 2004 3 25 /02 /février /2004 12:31

   Date : Wed, 25 Feb 2004 12:31 

     De : Rolland  
  Objet : Mesdames les anglaisboses, enrhubez-vous les bremières en beabasque

Mesdames les anglaisboses, enrhubez-vous les bremières.

L'anglaise tribade
couchée en son
bede
frottait son chaud
bide
sur une ri
baude
qui humait sa
bude.

Rolland Pauzin - 25-2-2004 - Béabasque-sotie de la cuisse de Jubiter(?)

A l'origine de ce beabasque se trouve un article sur l'emission de "France
Culture Emission du 10 septembre 2000 Les enfants de la défiance" redigé par
B. MIRGAIN :

Les Amours défendues pourraient faire l'objet d'une vaste et passionnante
étude lexicologique.  Les Grecs et les Romains ne manquaient pas de termes
de vocabulaire pour désigner les hérétiques en fait d'amour qui deviendront
dans les décrets conciliaires les « enfants de la défiance » ... Ils
distinguaient parmi les « impudicus » ou les « diatithemenos » les «
pathici » (homosexuels passifs), les « catamiti » (le faux ingénu), les «
fellatores » (pratiques buco-génitales), les « spadones » (les impuissants),
les « amasii » (gigolos).  Les adeptes de Sapho étaient nommées des «
tribades » (du grec « tribein » qui signifie « se frotter », avoir un
commerce, un négoce sexuel avec quelqu'un) ou bien les « fricatrices »,
celles qui font la fricarelle.  On rapprochera cette expression de l'ancien
français « ribaud », « ribaude » qui dérive du verbe « riber » (se frotter
le lard, ou faire la bête à deux dos, faire la combrecelle, comme dirait
Rabelais) et de l'allemand « reiben ». Les Pères des Eglises se frottèrent
très vite à ce « péché abominable » comme nous le verrons par la suite, qui
fit l'objet au fil des siècles d'une féroce répression, contrairement à
d'autres pratiques sexuelles (le « péché muet » , par exemple).
Voltaire , dans son Dictionnaire Philosophique, évoque comme Trévoux ,
«l'amour socratique» (Socrates sanctus pederasta).  N. Blondeau, dans son
Dictionnaire érotique latin-français , cite les termes de pédéraste,
puériseur, gomorrhiste, bougre, ganymédiseur.  Rousseau, dans la Nouvelle
Héloïse et les Confessions s'obstine à évoquer ce « goût dépravé qui outrage
la nature », quasi synonyme dans son oeuvre du « goût jésuitique ». Le
gazage du propos est constant : les «baladins chamarrés » dans l'Emile sont
des travestis, les « chevaliers de la Manchette » désignent les
«bourgmestres de Sodome», la confrérie socratique.  Au cours du Grand
Siècle, Saint-Simon, à l'instar de Catulle, parle de « vice infime » («
improbis cinoedis » ou débauchés infâmes).  Le vocabulaire de l'époque
distingue parmi les homosexuels les agents et les patients (sodomite,
bougre, bardache, incube, succube) de la même façon qu'il spécirie les
pratiques sexuelles : la «pédication» (se faire « pédiquer », «
enfondrer »), l' « irrumation » (coït bucal).  La masturbation complète la
panoplie des ces « égarements » ou de ces «écarts» pour employer les mots de
Restif de la Bretonne ou de Crébillon fils (au XVIII° siècle, on ne
rencontre pas ce terme, même chez Sade).  On utilise les expression « se
manuéliser », « manuélisme », « mastuprateur ». Le mot «onanisme» désigne à
l'époque le « coïtus interruptus ». Les pratiques médicales en disent long,
aussi.  On allait en Suède (du verbe « suer ») ou bien en Syrie (de «
suerie », la sudation) afin de subir un traitement par le mercure des
maladies vénériennes, de la vérole ou de la « cristalline » (cf l'expression
« être poivré » chez Rousseau, par exemple).  On allait également en Bavière
(les traitements faisaient «baver» les malades).  On se protégeait peu, même
si à l'époque la redingote anglaise (on disait «la chemisette») ou les
«culs-de-lampe» préconisés par le divin marquis permettaient sans doute
d'éviter bien des désagréments.
L'efféminé se voit affublé, quant à lui, du terme de «cinède», de «
catamite », de «Ganymède» ou de « mignon » (Forberg : Manuel d'érotologie
classique).  Le motif remonte à la mythologie grecque.  On se souvient
peut-être que le roi de l'Olympe, Jupiter, demanda à Junon qui éprouvait la
plus grande jouissance dans l'acte d'amour.  Lui, Jupiter, prétendait que
c'était la femme.  Le devin Tirésias acquiesça.  Ce qui lui valut sa
transformation en femme par la déesse Junon.  On sait aussi que ce motif, ce
thème de l'homme efféminé (du Giton dans le Satiricon de Pétrone à celui des
Caractères de La Bruyère) nous valut l'emblème gaulois du coq.  Emblème
attribué par les Romains à nos ancêtres les Gaulois, par dérision.  En
effet, la chevelure des Gaulois (mèches longues à l'avant, poil long par
devant et la tête tondue, ce qui revient à la mode aujourd'hui) firent
tordre de rire les Romains qui assimilèrent nos ancêtres à des femmes, des
êtres efféminés.
Certes, l'histoire de France et la littérature ne manquèrent pas de mettre
en scène les « petits-maîtres », les « caillettes » (sous le règne de Louis
XII et de François ler), les fameux « mignons » de Henri Il ou Henri III,
les « soldats de César », « damerets » et autres « muguets » chez Montaigne,
les « ribauds » de Rabelais , qui « barytonent du cul », ou bien encore les
« lutins » de Condé, les « roués » du Régent et leurs petites maisons (lieux
de débauche qu'on appelait «Folies», maisons de campagne évoquées par
Crébillon fils, Laclos, qui n'avaient rien à envier aux lupanars des
matrullés, des maquerelles).  L'homosexualité fut même appelé « le beau
vice » en raison de l'influence de la Renaissance italienne : le vice tour à
tour « italien », « florentin » , « vénitien » fait des ravages à la Cour
des Médicis (que l'on songe aux lesbiennes de « l'escadron volant « de la
reine Catherine de Médicis).  Les amours contre-nature vont même jusqu'à
disposer d'un saint patron : Saint Fiacre.  Après tout, comme le veut
l'adage latin, « libidini nihil inhonestum » (en amour, rien n'est
déshonnête).

Cependant, la persécution des adeptes de Sapho ou des enfants de Minos
battra son plein dès l'époque paléochrétienne.  On oubliera sagement, à
l'occasion des cérémonies commémoratives du baptême de Clovis , de rappeler
qu'avant de se baptiser, le roi des Francs (qui traînait la même réputation
que César, Caligula, Néron, Othon, Hadrien...) dut confesser ce « péché
abominable » à Eleuthène.

L'impératrice Théodora, dès 841, pourchassera les « hérites » (les sodomites
ont toujours été assimilés à des hérétiques) : chassés d'Orient, ceux-ci
iront se réfugier en Bulgarie, d'où les termes de « bougre », « boulgre »,
« bougrerie », « bougeron », « boujaronner » (italien « buggerone ». Si dans
le célèbre chapitre 111 de "Candide ou l'Optimisme" Voltaire oppose les
Abares et les Bulgares, c'est surtout pour fustiger le roi des Bulgares, des
« bougres », le «postdamite» Frédéric Il de Prusse.
L'homosexualité, masculine ou féminine, fut constamment associée à
l'athéisme, à l'hérésie, à la libre pensée.  D'ailleurs, petite anecdote,
l'un des hauts lieux de la prostitution homosexuelle se trouvait rue des
Fossés Saint-Jacques à Paris, où les bardaches se donnaient rendez-vous chez
Cormier.  L'expression « les chevaliers de la Manchette » qu'on retrouve
dans la littérature du XVIII° siècle, ne doit pas nous égarer.  Il ne s'agit
pas d'un ordre de chevalerie, ni de ces aristocrates libertins qu'on
reconnaissait à leurs talons rouges.  Il ne s'agit pas davantage d'une
allusion au petit « manche », à la lance d'amour, c'est-à-dire à ce phallus
trismegisthe qu'arboraient comme enseigne les lupanars (le racolage sur la
voie publique ou « batterie » consistait à s'exercer à des signes de
reconnaissance, au « signum infame » de l'Antiquité, consistant à arborer le
médium de sa main pointé en l'air).  En fait, selon Courouve (Vocabulaire de
l'Homosexualité masculine) et Mirabeau, la « manchette » désigne tout
bêtement un os, l'os de la viande de gigot dont la ressemblance avec
l'appendice masculin n'est pas à démontrer ici au lecteur.

On parle beaucoup des droits de l'homme, mais on oublie que cette fameuse
confrérie des chevaliers de la Manchette qui comptait des députés à
l'Assemblée Nationale en 1790, rédigea une Constitution visant à améliorer
le sort des hommes et des femmes mis au ban de la société en raison de leurs
pratiques amoureuses . Il faut lire l'excellent livre de Maurice Lever
intitulé « Les bûchers de Sodome : histoire des infâmes » (chez FAYARD,
collection 10/18) qui porte en épigramme une citation de Sade : « Est-il
possible d'être assez barbare pour oser condamner à mort un individu dont
tout le crime est de ne pas avoir les mêmes goûts que vous ? »


Sodome et Gomorrhe : les "raisins de la colère"

La répression féroce de l'homosexualité , comme je l'ai souligné
précédemment, s'explique essentiellement par le phallogocentrisme et une
monosexualité intransigeante qui caractérisent le monothéisme judéochrétien
et la religion de l'islam.  Monothéisme castrateur qui tourne le dos aux
polythéismes qui accordaient leur faveur aux plaisirs des sens et aux jeux
de la sexualité (Zeus et Ganymède, par exemple).




* De la genèse à la chute de Babylone

Dans les textes vétéro-testamentaires, l'homosexualité est considérée comme
la pire des abominations.  Dans le premier livre de l'Ancien Testament,
Yahvé, le Seigneur, l'Etemel, va exercer sa vengeance sur un peuple du pays
de Canaan (situé sur les rives du fleuve Jourdain dans l'ancienne Palestine)
et les habitants de Sodome et Gomorrhe, deux villes situées près de la Mer
morte.  On s'en souvient, Lot reçoit chez lui la visite de deux anges.  Les
gens de Sodome souhaitent faire « leur connaissance ». Lot résiste à cette
tentative de pénétration dans son domicile et trouve un stratagème : «
Voici, répondit Lot, j'ai deux filles qui n'ont point connu d'hommes.  Je
vous les amènerai dehors , et vous leur ferez ce qu'il vous plaira ». Les
Sodomites refusent.  Alors, « l'Etemel fit pleuvoir du ciel sur Sodome et
Gomorrhe du soufre et du feu » (préfiguration des futurs bûchers auxquels
seront condamnés les pédérastes).  Dans le verset suivant, les filles de Lot
commettront l'inceste en se glissant dans la couche de leur père et elles
enfanteront Moab (à l'origine des Moabites) et Ben-Ammi (Ammonites), selon
la volonté de Dieu.
Les mots « sodomistes » (on se rappelle que Verlaine, lors de son procès ,
lança au procureur général: « On dit sodomite, Monsieur! ») et «
gomorrhéenne » (femme atteinte du vice saphique, adepte de Sapho, la célèbre
poétesse qui vécut au VI° siècle avant notre ère sur l'île de Lesbos et qui
représente aux yeux de Platon la « Dixième Muse ») tirent donc leur origine
de ces textes de la Genèse (livre 19, versets 8-30).

Dans le Lévitique (loi de Moïse), le troisième livre de l'Ancien Testament,
la loi mosaïque exige la mort pour les sodomites et les blasphémateurs , les
« libres penseurs » : « Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche
avec une femme.  C'est une abomination » (Lévitique, 18-22).  Le « péché
muet » n'est pas davantage épargné, comme dans les Epîtres de Paul: « Tu ne
coucheras pas avec une bête (...) c'est une confusion » (Lév. 18-23).  La
sentence est sans appel: «Si un homme couche avec un homme comme on couche
avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable : ils seront
punis de mort» (Lév. 20-13).  A noter que l'homosexualité féminine n'est pas
évoquée ici et qu'en outre les deux partenaires de l'acte homosexuel font
l'objet du même châtiment.  Le thème de l'homosexualité est systématiquement
associé à celui du blasphème: « celui qui blasphémera le nom de l'Etemel
sera puni de mort : toute l'assemblée le lapidera » (ibid.)
La masturbation, l'onanisme, font l'objet d'une réprobation identique.
D'ailleurs, le mot «onanisme» tire son origine du nom d'un personnage de la
Genèse, Onan.  Fils de Juda, Onan doit « susciter une postérité à son
frère » nommé Er que l'Etemel fit mourir à cause de son inconduite.  Onan,
sachant que cette postérité ne serait pas à lui, « se souillait à terre »
pour ne pas donner d'enfant à l'épouse de son frère.  Ce qui déplut bien sûr
à Yahvé qui décida de le faire mourir (Genèse: 38 - 8-9-10).

A l'autre extrémité des textes bibliques, dans le dernier texte du Nouveau
Testament, c'est-à-dire dans le texte de l'Apocalypse attribué à l'apôtre
Jean, l'homosexualité fait l'objet d'une diabolisation tout à fait
hystérique.  Une femme chevauche une bête immonde (le nombre de la bête est
666), et symbolise la prostituée de Babylone (il s'agit de Rome, bien
évidemment, les luthériens et les calvinistes sauront s'en souvenir
lorsqu'ils évoqueront le « cloaque de Rome », la papauté): « une femme
assise sur une bête écarlate, pleine de noms de blasphème, ayant sept têtes
et dix cornes (...) tenait dans sa main une coupe d'or remplie
d'abominations et des impuretés de sa prostitution » (Apocalypse, 17 -3 «
chute de Babylone »).  Ce qui va attiser la colère de Dieu (les «raisins de
la colère») qui va exterminer les impies par trois fléaux: le feu, la fumée,
le soufre (toujours le leitmotiv des flammes du bûcher).


* Le lévite d'Ephraïm

Dans le Livre des Juges, l'histoire du lévite d'Ephraïm mérite une attention
particulière.  Dans ce passage de l'Ancien Testament s'expriment à la fois
la répulsion de l'homosexualité ainsi qu'un souverain mépris de la dignité
de la femme.  Un lévite, qui séjournait à proximité de la montagne
d'Ephraïm, prit pour épouse une femme de Béthléhem.  Le lévite prend congé
de son père avec sa concubine et deux ânes bâtés pour se rendre à Jérusalem.
En chemin, ils font une halte dans la ville de Guibea qui appartenait aux
Benjamites où ils sont accueillis dans le logis d'un vieillard.  Au milieu
de la nuit, les citadins, « gens pervers » précise la Bible, frappèrent à la
porte et tinrent ces propos, qui rappellent étrangement l'épisode de Lot :
« Fais sortir l'homme qui est entré chez toi, pour que nous le
connaissions » (Juges, 19-22).  La réponse du vieillard ne se laisse pas
attendre : « ne commettez pas cette infamie, voici, j'ai une fille vierge et
cet homme a une concubine; je vous les amènerai dehors, vous les
déshonorerez, et vous leur ferez ce qu'il vous plaira.  Mais ne commettez
pas sur cet homme une action aussi infâme ». Personne ne l'entendit de cette
oreille.  Le lévite jeta alors sa concubine à la rue afin de calmer les
ardeurs sexuelles des Benjamites. «Ils la connurent, et ils abusèrent d'elle
toute la nuit jusqu'au matin » (ibid. 19-25).  Le mari retrouve sa femme
étendue sur le seuil de la porte, incapable de dire un mot.  Il la place sur
le dos d'un âne, rentre chez lui. «Arrivé chez lui, il prit un couteau,
saisît sa concubine, et la coupa membre par membre en douze morceaux, qu'il
envoya dans tout le territoire d'Israël» (Juges, 19-29).  La femme , dans ce
récit, n'a aucun droit à l'existence et sert de monnaie d'échange.

Dans les épîtres de Paul aux Romains, aux Corinthiens ou à Timothée, les «
passions infâmes » sont très violemment condamnées: « leurs femmes ont
changé l'usage naturel en celui qui est contre nature, et de même les
hommes, abandonnant l'usage naturel de la femme, se sont enflammés dans
leurs désirs les uns pour les autres, commettant homme avec homme des choses
infâmes, et recevant en eux-mêmes le salaire que méritait leur égarement ».
Dieu les déclare «dignes de mort», bien entendu (Epître aux Romains,
1-26/27).  Paul de Tarse récidive dans la première épître aux Corinthiens :
« Ne vous y trompez pas (... ) ni les efféminés ni les infâmes, ni les
voleurs... n'hériteront du royaume de Dieu » (Cor. 6-10).  Et de rappeler
dans l'épître à Timothée que « les impudiques, les infâmes, les voleurs
d'hommes, les menteurs, les parjures » ont des pratiques contraires « à la
saine doctrine », i.e. la loi mosaïque.
Ce que contesteront, peut-être, des homosexuels qui militent aujourd'hui
dans une association religieuse qui s'appelle « David et Jonathan ». Il est
vrai que si l'on relit le premier et le second livre de Samuel dans l'Ancien
Testament, on peut être légitimement troublé par certains passages qui
évoquent avec complaisance les amours du fils (perclus du pied dès l'âge de
cinq ans) de Saül, Jonathan . Celui-ci avait « une grande affection pour
David », ce qui lui fait dire à David: «je ferai pour toi ce que tu
voudras » (Samuel, 1, 20-4). « Il l'aimait comme son âme » ce qui déclenche
la colère de son père Saül qui le traite de « fils pervers et rebelle ». Le
second livre de Samuel (Règne de David) évoque la douleur de David à
l'annonce de la mort de Jonathan : « Je suis dans la douleur à cause de toi,
Jonathan, mon frère ! Tu faisais tout mon plaisir, ton amour pour moi était
admirable, au-dessus de l'amour des femmes » (sic).


* Le Diable et la pourpre

Il n'en demeure pas moins que la répression de l'homosexualité reste
étroitement liée à l'histoire du christianisme et au développement de la
patristique romaine.  L'empereur Constantin Il promulguera en l'an 342 de
notre ère la première loi qui criminalise l'homosexualité.  La foi
chrétienne devient religion d'Etat (le constantinisme) à la fin du IV°
siècle: la répression s'accentue inexorablement.  L'empereur Théodose, dans
un édit daté du 6 août 390, condamne les homosexuels à la peine du feu,
conformément aux recommandations du dernier texte théophanique du Nouveau
Testament (Apocalypse - XXl).  Au VI° siècle, l'empereur Justinien reprendra
les dispositions juridiques de la loi de Théodose.  En 1120, au cours du
Concile de Naplouse, l'Eglise Catholique édicte des lois canoniques qui
recommandent le bûcher pour les sodomites (les décrets pontificaux les
nommaient les « enfants de la défiance » parce qu'il fallait se défier de
leur salut).  Au XI° siècle, Pierre Damien lance une véritable croisade
contre ces hérétiques en fait d'amour.  Au siècle des grandes inquisitions,
les tribunaux « laïques », les lois royales ne font que reprendre la
juridiction ecclésiastique.  N'oublions pas qu'au Moyen-Age les abbayes
disposent du droit de justice, en témoigne l'architecture des pigeonniers
(lorsque les ordres monastiques disposaient du droit d'avoir des pigeons et
du droit de justice, le pigeonnier était rond).  Ce qui n'empêchera en rien,
plus tard, les amours du célèbre Blondel et de Richard Coeur de Lion, ou
ceux de son successeur Edouard Il (quoique ce dernier fut condamné à une
mort horrible puisqu'on lui enfonça un fer rouge par-derrière), ou bien
encore de Henri III, Louis XIII...

Les milieux ecclésiastiques n'échapperont pas davantage à la contagion de
ces vices pervers ainsi que l'explique Maurice Lever dans son chapitre
intitulé « Le diable sous la pourpre » : «Comme l'armée, l'Eglise forme elle
aussi l'un de ces mondes clos et unisexuels propices à l'éclosion de
l'homophilie.  Mais là où la vie des camps nous fournit une moisson de noms
et de faits, l'Eglise nous écrase sous une avalanche.  Aucun corps constitué
n'offre plus riche florilège au titre de l'homosexualité, tant parmi le
clergé régulier que parmi les séculiers, et singulièrement dans les hautes
sphères de la hiérarchie » (ibid. p. 1777)


Conclusion

Les débats actuels à propos du PACS doivent être l'occasion pour l'ensemble
des libres penseurs de dénoncer à la fois l'obscurantisme religieux en
matière de sexualité, la persécution de l'homosexualité, qu'elle soit
féminine ou masculine, par les églises et les forces politiques
réactionnaires.  Une façon de rappeler ce que nous recommandait Oscar Wilde:
«on n'est jamais trop soigneux dans le choix de ses ennemis »

B. MIRGAIN


Bibliographie: Maurice Lever - Les bûchers de Sodome - Editions Fayard
Collection 10/18 - Paris - 1985

Amities,
Rolland

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