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9 décembre 2005 5 09 /12 /décembre /2005 09:36
Les clés du bestiaire numéro 3bis
 
C… comme Crabe
Le crabe, comme l’ivrogne, marche de côté, ce qui suffit à le rendre sympathique à l’hédoniste. Une controverse est née à ce sujet : faut-il davantage de neurones pour aller de biais avec huit pattes et deux pinces crues qu’avec deux jambes et une cuite ? Pour ma part, je n’hésite pas : l’économie de moyens est toujours le signe d’un stade avancé dans l’échelle de l’évolution, je donnerai donc l’avantage au pochard. Quoique, avec les prix atteints par le jus de la treille, l’économie de moyens exige tout de même des moyens économiques d’un niveau auquel le R.M.I. ne saurait prétendre.
Les crabes les plus connus sont le tourteau ou dormeur, l’araignée de mer, l’enragé ou crabe vert et le crabe étrille ainsi nommé parce que, sans lui, on peut se brosser pour obtenir une bonne soupe de poissons.
Il existe aussi un crabe qui vit dans les arbreset qui est célèbre pour pratiquer le crabotage : tout bon dictionnaire vous le dira : il s’agit de l’accouplement de deux arbres. Cela se fait par l’intermédiaire du crabot « dispositif à dents qui permet d'accoupler de façon rigide un arbre moteur à un arbre récepteur ». C’est pas rien, la vie sexuelle des arbres !
Attention, le crabe se nomme aussi « cancer », il engage alors avec l’homme une lutte ou le vainqueur dévore le perdant. Si, généralement, l’homme mène largement à la marque (surtout si la sauce est bonne), il doit prendre garde de ne pas jouer les prolongations et spécialement éviter l’épreuve dite de la « mort subite ».
En Grande-Bretagne, au lieu de servir le crabe avec de la mayonnaise comme il se doit, il est généralement accompagné d’un brouet clair constitué d’eau chaude dans laquelle infuse une feuille de menthe. Ce brouet d’un intérêt plus diététique que gastronomique, se nomme « trempette », il est servi dans un bol sur lequel le crabe est posé, ce morne plat misérable s’appelle d’ailleurs « trempette sous un crabe ». Décidément, si Petit-Breton est célèbre pour son coup de pédale, le Grand-Breton reste mystérieux.
 
Claude Brunet
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