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18 février 2006 6 18 /02 /février /2006 09:00

U comme Urubu
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L’urubu est un vautour qui ne manque pas d’envergure, mais quand il a un coup dans l’aile, il fait moins le fier. Il prolifère essentiellement en Amérique du Sud, à proximité des dépôts d’immondices. Qu’il soit prostitué ou non, sa survie est donc tributaire des décharges. Cet animal n’est pas que charognard car il lui arrive de chasser des petits animaux : quand le rat passe, le rapace l’attrape et il trépasse. La tortue ne craint rien car le rapace n’aime pas sa carapace et elle se carapate.

L’urubu peut être vecteur de la grippe aviaire mais reste comestible lorsqu’il est bien cuit, comme une volaille rôtie. Rappelons qu’un poulet bien cuit a les cuisses qui s’écartent facilement. S’il s’agit d’une poulette, elle est archi cuite. Les pattes de ce volatile sont munies de serres. Chez les urubus musulmans, on applique la charia en coupant les pattes du condamné qui se retrouve ainsi privé des deux serres. Concernant les urubus vietnamiens, pour ce genre d’amputation, on évite de tordre les pattes, car tout le monde sait qu’il ne faut pas mélanger les torsions et les serres viêtes.

"Urubu", c’est un mot béni pour les maîtresses de cours préparatoire qui utilisent une méthode de lecture mixte, ascendance syllabique, à départ triphasé et néanmoins sous-jacent. Un exemple : "Le robot du rebeu de Rabat est un urubu de Biribi". Ou encore : "Lulu, la bru de l’urubu hurluberlu, a bu dans la rue". Exit donc la méthode globale ! Pourquoi ? Tout simplement, comme le dit le Ministre de l’Éducation nationale "Parce que je le Robien…"

Comme il est très moche, l’urubu est mis au rebut, victime de l’ostracisme humain. C’est arbitraire : fixer les canons de la beauté relève du trafic d’armes. L’urubu est un urubu et le restera ; vouloir changer la nature des êtres est cruel voire risqué.  L’histoire qui suit est édifiante (d’urubu) à cet égard. Un psychanalyste ne s’occupait plus de ses patients car il s’était mis à la trompette. Ses amis dirent à sa femme : "Dis-y qu’il est psy, dis-y qu’il est psy…" Mais rien n’y fit, il continua à jouer de la trompette. Maintenant, au lieu de détruire les cerveaux, il détruit les tympans.

Je crois cependant que l’on peut parler de progrès.
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Michel Tournon

 

bestiaire-urubu-dizzy-gillepsie-jazz-trompette-vautour.jpg 

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commentaires

C
Là, mon cher, c'est du pur Ubu !
Hourra, cornes au cul, vive le père Ubu !
Pataphysiquement vôtre,
Le Glaude
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