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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 16:25

Dans plusieurs de mes articles, j'ai fait référence à la zététique que l'on qualifie couramment "d'art du doute". Dans la pratique, la zététique applique la méthodologie scientifique aux phénomènes paranormaux, registre très large, allant de l'astrologie aux médecines parallèles en passant par la voyance et la radiesthésie, etc.
Je vous conseille vivement de vous connecter au
site de l'Observatoire Zététique qui publie de nombreuses informations, notamment en proposant de  courts dossiers faisant le point sur un sujet donné.

Grâce au célèbre duo Copier/Coller, je vous fais part ci-dessous du dossier précisant les principes généraux, parus dans un dossier du 23 juin 2003, signé par Patrick Berger et Nicolas Vivant, que l'on peut trouver
ici.
Mieux qu'une définition fatalement lapidaire, ces principes, que l'on pourrait qualifier de "bons sens" si celui-existait, permettent de comprendre plus aisément ceux qui font systématiquement preuve d'esprit critique.
M.T.


Quelques principes zététiques

Voici quelques principes de zététique qu'il est bon d'avoir à l'esprit quand on est confronté à un phénomène mystérieux afin de ne pas se faire manipuler ou de se manipuler soi-même.

I. Le droit au rêve a pour pendant le devoir de vigilance.
Certaines de nos croyances, bien que nous procurant un certain bien-être, sont avant tout des obstacles à la connaissance et peuvent parfois se révéler néfastes pour nos libertés (ex : adhérer à une secte, se ruiner pour consulter un voyant). Ainsi, lors d'une séance de spiritisme, il est toujours bon de se demander : « Esprit (critique)... Es-tu la ? ».

II. Inexpliqué n'est pas inexplicable.
Tout comme un Ovni n'est pas un objet volant non identifiable, de nombreux phénomènes qui nous semblent étranges ne sont pas aussi rares ni aussi incompréhensibles que nous voulons bien le croire. Une absence d'explication pour un phénomène, n'est jamais la preuve de son caractère surnaturel mais seulement de notre incompétence à le comprendre. Ainsi on peut ignorer l’existence des siphons souterrains et pour autant se garder de croire à la présence d’esprits frappeurs dans une maison riche en bruits.

III. La charge de la preuve revient à celui qui l'affirme.
Il est logiquement impossible de démontrer l'inexistence d'un phénomène. Aussi c'est naturellement à celui qui affirme l'existence d'un phénomène inconnu d'en apporter la preuve. À la question « Pourquoi ne croyez-vous pas aux fantômes ? », il faut donc d'abord demander :«Et vous, pourquoi y croyez-vous?»

IV. Une allégation extraordinaire nécessite une preuve plus qu'ordinaire.
En effet, plus des affirmations sortent du cadre connu, plus elles doivent s'appuyer sur des informations solides et des vérifications poussées pour être crédibles. Pour prouver l'existence d'un « Yeti », on ne peut donc se satisfaire d'une photo et d'une trace dans la neige...

V. L'origine de l'information est fondamentale.
Qui ne s'est jamais retrouvé à défendre une information qui s'est révélée fausse ? Le doute sur la validité d'une information est essentiel tant que la source et le contenu originel de celle ci ne sont pas connus. « D'où vient l'information ? » et « Qui la rapporte ? » sont deux questions à se poser si l'on veut éviter de spéculer sur du vent.

VI. Quantité de preuves n'est pas qualité de la preuve.
Ainsi, une phrase répétée 1000 fois n'en devient pas vraie pour autant. Et plusieurs milliers de personnes peuvent confondre un ballon sonde avec une soucoupe volante sans que, pour autant, des extraterrestres ne soient venus nous visiter. Une expérimentation concluante est toujours bien plus valable que des milliers d'indices non vérifiés.

VII. La cohérence n'est pas une preuve.
Une théorie qui ne se contredit pas elle-même ne gagne pas pour autant en validité. Pour cohérentes qu'elles soient, la théorie du complot (cf. JFK, X-Files...) ou les théories de science-fiction (Matrix, chevalier Jedi,...) n'en deviennent pas plus scientifiques ni plus vraies.

VIII. Les croyances créent des illusions.
Notre culture, nos envies, nos émotions, en un mot notre subjectivité, modifient grandement notre perception des événements. On se souvient souvent de ce qu'on a bien voulu voir et non de ce qu'il y avait à voir ou pas. Voila pourquoi il n'y a guère que sur le Loch Ness que l'on est enclin à confondre des troncs d'arbres flottants avec un monstre.

Auteurs : Patrick Berger (Cercle Zététique) et Nicolas Vivant

Date de l'article: 25 juin 2003

 


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