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17 mai 2006 3 17 /05 /mai /2006 17:09

Voici un poème que Victor Hugo a écrit un 17 mai (sans mention de l'année) :

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LA LEGENDE DES SIECLES

XXXVI - LE GROUPE DES IDYLLES

XXI - BEAUMARCHAIS


Allez-vous-en au bois, les belles paysannes !
Par-dessus les moulins, dont nous sommes les ânes,
Jetez tous vos bonnets et mêlez à nos coeurs
Vos caprices, joyeux, charmants, tendres, moqueurs,
C'est dimanche. On entend jaser la cornemuse ;
Le vent à chiffonner les fougères s'amuse ;
Fête aux champs. Il s'agit de ne pas s'ennuyer.
Les oiseaux, qui n'ont point à payer de loyer,
Changent d'alcôve autant de fois que bon leur semble ;
Tout frémit ; ce n'est pas pour rien que le bois tremble ;
Les fourches des rameaux sur les faunes cornus
Tressaillent ; copions les oiseaux ingénus ;
Oh ! les petits pillards, et comme ils font leurs orges !
Regardons s'entr'ouvrir les mouchoirs sur les gorges ;
Errons, comme Daphnis et Chloé frémissants ;
Nous n'aurons pas toujours le temps d'être innocents ;
Soyons-le ; jouissons du hêtre, du cytise,
Des mousses, du gazon ; faisons cette bêtise,
L'amour, et livrons-nous naïvement à Dieu.
Puisque les prés sont verts, puisque le ciel est bleu,
Aimons. Par les grands mots l'idylle est engourdie ;
N'ayons pas l'air de gens jouant la tragédie ;
Disons tout ce qui peut nous passer par l'esprit ;
Allons sous la charmille où l'églantier fleurit,
Dans l'ombre où sont les grands chuchotements des chênes.
Des douces libertés avec les douces chaînes,
Et beaucoup de réel dans un peu d'idéal,
Voilà ce que conseille en riant floréal.
L'enfant amour conduit ce vieux monde aux lisières ;
Adorons les rosiers et mêmes les rosières.
Oublions les sermons du pédant inhumain ;
Que tout soit gaîté, joie, éclat de rire, hymen ;
Et toi, viens avec moi, ma fraîche bien-aimée ;
Qu'on entende chanter les nids sous la ramée,
L'alouette dans l'air, les coqs au poulailler,
Et que ton fichu seul ait le droit de bâiller.

Victor Hugo - 17 mai

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