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4 avril 2002 4 04 /04 /avril /2002 04:54

   Date : Thu, 4 Apr 2002 05:54       

     De : Epicurienne 
  Objet : détournement d'aliénée


Le poème de Victor Hugo suivant m'a beaucoup inspiré enfin je dirais plutot
que celui-ci m'a rendu un peu plus folle que je ne l'étais déjà...  une envie
soudaine de détourner, il faut dire que c'est mon activité préférée et que
cela faisait longtemps que je ne l'avais plus fait, voilà l'original (très
beau poème d'ailleurs) et ensuite vous verrez le délire d'Audrey


Nous étions, elle et moi, dans cet avril charmant
De l'amour qui commence en éblouissement.
Ô souvenirs ! ô temps ! heures évanouies !
Nous allions, le coeur plein d'extases inouïes,
Ensemble dans les bois, et la main dans la main.
Pour prendre le sentier nous quittions le chemin,
Nous quittions le sentier pour marcher dans les herbes.
Le ciel resplendissait dans ses regards superbes ;
Elle disait : Je t'aime ! et je me sentais dieu.
Parfois, près d'une source, on s'asseyait un peu.
Que de fois j'ai montré sa gorge aux branches d'arbre !
Rougissante et pareille aux naïades de marbre,
Tu baignais tes pieds nus et blancs comme le lait.
Puis nous nous en allions rêveurs. Il me semblait,
En regardant autour de nous les pâquerettes,
Les boutons d'or joyeux, les pervenches secrètes,
Et les frais liserons d'une eau pure arrosés,
Que ces petites fleurs étaient tous les baisers
Tombés dans le trajet de ma bouche à ta bouche
Pendant que nous marchions ; et la grotte farouche,
Et la ronce sauvage et le roc chauve et noir,
Envieux, murmuraient : Que va dire ce soir
Diane aux chastes yeux, la déesse étoilée,
En voyant toute l'herbe au fond du bois foulée ?


Le détournement

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Nous étions, lui et moi, dans cet asile, amants
De l'amour d'la démence et des médicaments.
Ô souvenirs ! ô temps !j'ai sombré dans la folie !
Nous allions, le sang plein d'extasy ohh oui,
Ensemble sur les toits, et la main dans la main.
Pour trouver la liberté  nous priions les saints,
Nous quittions la réalité en sniffant toutes les herbes
Le ciel s'approchait de nos regards acerbes ;
Il disait : Tu m'aimes ? je disais oui "mon vieux".
Parfois, pour une mousse,j'aurai bien tué Dieu.
Que de fois j'ai monté  aux branches des arbres !
inconsciente et pareille aux statues de marbre,
je tombais sur le cul et vlan je pleurais.
Puis nous nous en allions rêveurs. encore plus cinglés,
En regardant autour de nous Paul, Henriette,
timide ,râleur, joyeux, nos septs nains et blanchettes,
Et les frais literons dont chaque nuit je rêvais
que ces petites fleurs allaient m'apporter
Tombé dans le trajet du goulot  à ma bouche,
Pendant que nous marchions ; en ma glotte farouche,
Et le garde malade et le doc chauve et noir,
Envieux, murmuraient : que font il faire ce soir?
une piqûre encore pour me calmer
même dans mes rêves j'étais aliénée


Audrey.

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