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7 mars 2001 3 07 /03 /mars /2001 15:26

De :  Lebateleur2
Date :  Mercredi 7, Mars 2001  15:28
Objet :  Re: [CirqueZavatars] (unknown)


ET TOI QUI ES-TU?

Que fais-tu de tes jours
je déplace ma vie dans la vie du dehors
en essayant d'éviter soigneusement
tout raccourcis

Que fais-tu de tes nuits
il n'y a plus de nuit
même dans mon petit village
l'an passé
ils ont décidé
de laisser l'éclairage
manger la nuit
sans répit

Y';a-t-il un abat-jour
j'aime l'obscurité
(et la lumière)
et je la crée de temps à autre
en fermant tout doucement
les paupières

Pour couvrir te couvrir de l';ennui
l'ennui a perdu ma trace il y a
plus de 20 ans
 
As-tu des marmots à tes jupons?
ils ont un père
moi
et j'en, suis encore tout étonné
l'un (Thibault) m'aide déjà à préciser mes pensées
et l'autre (Hélène) m'apprend à avoir peur
sans crainte.

Des enfants sur tes talons?
je marche le plus souvent
pieds nus
dès que je peux me soustraire
aux angles trop droits
de la conduite civilisées
et mes enfants ont leurs propres talons
Nike et caterpillar
mais je ne leur en veux presque pas

Une progéniture dans tes chaussettes de soie?
pas de chaussures pas de tissus
pour retenir les odeurs du corps

celles qui s'avilissent lorsqu'on prétend
les répudier
les extraire
les laver.

De petites créatures sur un banc de bois?
Le banc de bois de mon petit jardin (Lorrain) est à refaire
En Calabre, je dresse un peu partout dans mon terrain
(Oliviers, mandariniers, orangers, terre brûlée en été
et débordant de fleurs au printemps
alors que je ne peux que les imaginer (à 2000 km de moi)

Cours-tu toute la journée
Oui, bien sur
quand j'oublie la petite clef transparente
de mes chaînes,
et que je suis obligé d'attendre
la fin de la journée
pour les retirer,
tant de fois !
et les plaies ne parviennent jamais à cicatriser.

Après un tas de petites futilités?
J'aime, je n'aime que
les futilités
ces actes, espaces, actes, objets
que l'on place tout en bas de
ce qui serait
l'échelle de l'utile ?
Impossible de joindre
l'utile à l'agréable
le loup dévore toujours la chèvre
et du même coup
le choux

Ou bien es-tu étonné que malgré ta bonne volonté
La soupe ne soit pas assez assaisonnée?
Je goûte la soupe comme elle est
il est des choses
que je crois devoir changer
(ou essayer)
le goût des mets
est donné
et je crois que c'est moi qui doit
les écouter.
...
Réinventons la gabelle
en ce temps où nombreux sont ceux
qui ne goûtent même pas la soupe
avant d'y ajouter du sel.

Et tes amours? D';un jour? De toujours?
des milliers de fois (j'exabuse !) un jour
je me suis préparé (tout petit)
à l'amour de toujours (mot pour mentir, et pourtant !)
et ce toujours a 20 ans cette année

Et tes peines? Cruelles? Immortelles?
la dernière en date ne me concerne pas
je vois ces mâchoires de fer soulever des agneaux innocents
massacrés pour
disent-ils
assurer ma sécurité.

Parle-moi de ta nature
Seuls mes amis la connaissent
et de temps à autres ils me renseignent
me confirmant que je ne sais rien de moi.

De ton intérieur, de tes écorchures
Si peur de perdre l'enfance
mais aussi de tomber dans l'un des deux précipices
qui menacent l'hommes
- la perte de la peau
et l'autisme qui devient l'unique solution
- la corne qui recouvre progressivement
le corps les membres et jusqu'au coeur
finissant par nous rendre éternel
et pourtant déjà mort.

Conte-moi ça au coin du feu
J'ai mis plus de 10 ans à comprendre
comment on entretient le feu    (ce n'est pas une image)
on le couve,
on le protège
on le réveille, au moment où le froid plus vif
nous fait le désirer
plus présent
plus intense.

Parfois je me trompe
alors,
il meurt sans que je puisse le ranimer
ou s'élance à l'assaut de la cheminé,
sort en braises menaçante au dessus de la maison
me rappelant que l'univers entier
est empli de son corps

Dit-moi un peu ce qui te rend heureux
une herbe d'ail sauvage que seul l'oeil averti devine
au petit point rouge
allumé près de l'extrémité de la tige
où s'épanouiront les graines translucides
bonheurs de l'année à venir.

Quel coin de pays, quelles mers
je ne voyage qu'autour de mes racines
 (la Lorraine car j'ai perdu mes racines Haïtienne
dans un naufrage, celui de cette "perle noire des Antilles")
ou de celles de ma douce, la Calabre$

Ont essuyé tes peines, tes pleurs amers?
les larmes me viennent parfois,
quelle joie,
sans raison.

Sous quels cieux, quelles étoiles
As-tu caché ta peur sous un voile?
Je ne crains pas
je crois

Es-tu d';une jeunesse éphémère
Ou d';une vieillesse passagère?
L'âge est celui de l'oeil qui regarde
la terre m'a emmené 45 fois autour du soleil
 
Les ans, les années sont-elles collés à tes souliers
je ne crois pas au temps
tout est là autour de nous,
comme les écorces successives de l'arbre
elles semblent mortes
ce sont elles qui le tiennent droit sous le ciel

Depuis quand as-tu envie de tout oublier?
Oubli ?
départ de tout ce qui ne m'appartient plus ?
oui
à jamais
mais tout le reste collé sur ma prunelle

Luc


Merci à Jean Marie
pour le magnifique poème

étrange affinité

il a les mêmes accents mal traduits par la messagerie (à moins que ce soit AOL) que Lucile !

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