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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 09:53

Nous l'avons vu dans de précédents articles, une bonne partie des "raisonnements" sur lesquels se fondent les médecines magiques sont biaisés par la confusion entre le temps et la cause (l'événement A s'est produit avant l'événement B, donc A est la cause de B). 

Ces mêmes médecines utilisent aussi un autre biais consistant à manipuler les probabilités pour faire passer un événement soumis au simple hasard pour prévisible et ne relevant pas de la simple coïncidence.

Parfois, la manipulation relève à la fois de ces deux biais : à la suite de la vaccination de masse à laquelle nous assistons actuellement, certains malaises, maladies voire morts vont survenir et seront imputés au vaccin, alors qu'ils auraient fatalement eu lieu sans elle. Le corps médical précise qu'un  risque existe et que la probabilité de sa réalisation est compris entre 1/100000 et 1/1000000. 

Mais revenons à la coïncidence de base, qui peut passer pour surnaturelle : c'est pour cette raison qu'elle est parfois utilisée par les illusionnistes. Il y quelques décennies, à la télévision, un magicien demandait aux téléspectateurs d'allumer toutes les ampoules de leur habitation. Ensuite, il annonça  que par télépathie, il arriverait à éteindre un bon nombre de ces ampoules : de fait, des centaines d'appels en direct confirmèrent son pouvoir. Dans "Devenez Sorciers, devenez savants" Charpak et Broch analysent cet événement d'un point de vue quantitatif :  en supposant qu'un million de spectateurs ait regardé l'émission et allumé 6 ampoules dont la durée de vie est d'environ 1000 heures, un calcul simple démontrera qu'environ 2000 ampoules auront grillé pendant la durée de l'émission.

Dans un autre ouvrage, Broch raconte l'anecdote suivante : avec des amis, il tirait les rois. Ils étaient 12 pour consommer successivement 2 galettes, contenant chacune 2 fèves. La distribution se faisant de manière aléatoire, comme il se doit, les fèves de la première galette furent attribuées à A et à B. Contre toute attente, dans les mêmes conditions, les fèves de la seconde galette furent attribuées aussi à A et à B. Ce n'est plus une coïncidence mais de la magie, diront les moins sceptiques : et pourtant, un simple calcul prouvera que la probabilité qu'un tel événement se produise est égale à 1/60 !


Autre exemple déjà cité dans cette rubrique : dans une assistance de 23 personnes, quelle est la probabilité que deux personnes aient la même date de naissance ? Réponse : une chance sur deux. (voir ici)

Ce type de calcul n'est pas anodin ou réservé aux réunions amicales quand on n'a pas retrouvé la boîte de Scrabble pour terminer la soirée. Les statistiques et leur interprétation en dépendent directement. Dans un article du
Monde du 19 octobre 2009, on peut lire les déclarations de René Padieu, statisticien de profession :

"En 2007, on avait pour la population d'âge d'actif (20 et 60 ans) un taux de suicide de 19,6 suicides pour 100 000", explique-t-il. "24 suicides en 19 mois, cela fait 15 sur une année. L'entreprise compte à peu près 100 000 employés. Conclusion : on se suicide plutôt moins à France Télécom qu'ailleurs", affirme-t-il. 
Selon lui, "ce qui fait sens ici n'est pas le chiffre lui-même, mais le fait de l'invoquer. Relevons que la révélation des suicides en cause suit la création, par un syndicat, d'un "observatoire du stress": quand on se met à observer quelque chose, on le voit apparaître". "On regrettera que les drames humains que sont ces suicides – peu nombreux, certes, mais bien réels – soient instrumentalisés dans l'affrontement entre une direction et ses salariés : c'est indigne", ajoute R. Padieu.
"Croire en l'existence de quelque chose qui n'est pas constitue ce qu'en psychiatrie on appelle un délire. Ici ce n'est personne en particulier, mais le corps social qui délire : salariés, direction, ministre, syndicat, journalistes, commentateurs, vous et moi tous ensemble", ajoute-t-il."Ce qui est dit dans ce délire n'est pas réel : c'est quand même un symptôme. Il signe quelque chose, un mal-être social", reconnaît-il. 

J'espère pour lui que M. Padieu bénéficie d'une protection rapprochée efficace et d'une kalachnikov opérationnelle.

Michel Tournon 

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commentaires

DSMoon 20/11/2009 19:27


Anyway, l'évènement B (Vaccin A-H1.N1) reste, avec ses millions d'heureux à rembourser, en tête de file, versus le A, la pandémie encore portée pâle,
heureusement..!:)