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Sororimmonde

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 18:53

*Ne  pas faire la liaison

Il y a quelques jours, je vous avais dit avoir acquis un opuscule intitulé Cours accéléré d’athéisme, dont les auteurs sont Antonio Lopez Campillo, Docteur en Physique professant à la Sorbonne et Juan Ignacio Ferreras, professeur de philosophie dans plusieurs pays.


Cette œuvre est une réaction contre les cours obligatoires de religion imposés en Espagne par le gouvernement Aznar, réputé comme étant proche de l’Opus Dei, en 2004 dans les cursus scolaires, primaire et secondaire. Les auteurs proposent donc l’introduction de l’enseignement de l’athéisme pour les enfants ayant des parents non croyants.


Ce petit livre d’une soixantaine de page est donc un concentré de tout ce qui pourrait constituer un tel cours. Son organisation est originale : un chapitre sur deux propose un dialogue imaginaire entre un athée et un croyant, sorte de travaux pratiques en rapport avec le chapitre précédent.


Je ne vais pas paraphraser le contenu de l’ouvrage, ni en faire un résumé. En le lisant, j’ai surligné les passages les plus significatifs et parce que vous le valez bien et que le jaune fluo du Stabilo est très joli, je reproduis ci-dessous les passages retenus.


Bach2


À propos de l’existence d’un texte résumant la pensée athée, comparable à un catéchisme :


La difficulté et la différence résident dans le fait qu’il n’existe pas, pour les athées, de dogmes et encore moins de vérités révélées. Il s’agit davantage d’un ensemble de réflexions et de raisonnements qui conduisent en général à une morale basée uniquement sur l’être humain et sa relation avec le reste du cosmos.


Nous n’espérons convertir personne, puisque personne ne nous a convertis, mais bien inciter à une réflexion critique sur les croyances.


Pour le déiste qui se base sur la foi, il n’y a aucun problème ; pour l’athée qui se fonde sur la raison, sa réponse doit être nuancée parce que croire dans un non-croire, cela demande réflexion.
Et la réflexion porte sur l’impossibilité de démontrer l’inexistence de quelque chose.


À propos des religions révélées :


Il y a autant de révélations que de religions, c’est-à-dire qu’il existe pour l’homme autant d’interdictions de penser avec sa raison qu’il existe de religions.


La nécessaire existence de la révélation est un fait qui démontre que la foi n’est pas suffisante à l’homme pour croire.


Si la foi était suffisante, il n’y aurait aucun besoin de la révélation.


…l’athée n’est ni un impie ni un blasphémateur (comment médire de l’inexistant) mais un homme qui désire continuer à penser.


Les auteurs estiment que l’avènement de la science et de ses découvertes sur l’origine de l’univers ou l’origine de l’homme mettent à mal l’existence de Dieu.


Le fondamentalisme peut être défini comme la défense irrationnelle d’une religion qui ne peut survivre à la poussée de l’Histoire. Et il y a des fondamentalismes ou des intégrismes dans toutes les religions parce que toutes les religions connues sont en danger.

 

Si les religions ne s’étaient pas constituées comme dogmatiques autoritaires, si elles n’avaient pas forcément formulé leur théologie, le temps, c’est-à-dire l’Histoire, les respecterait toujours, du moins jusqu’à un certain point. Cependant, il est évident que plus une religion est bien construite, plus elle est parfaite dans ses formulations et plus elle présente de risques de disparaître. Il est arrivé exactement la même chose aux dinosaures, incapables qu’ils furent de s’adapter à la course du temps.


La morale n’a pas besoin d’être religieuse pour être morale.


Face à la rationalité qui progresse, face à la modernité, la résistance croyante se doit de tomber dans les fondamentalismes et les intégrismes. Puisqu’elle ne peut opposer de raisons face à la raison, elle doit faire appel à l’irrationalité, à la foi.
Si nous pouvions résumer ce long cheminement historique, nous devrions affirmer que le fait que les religions, avec leur dieu à leur tête, aient été utiles pour « culturiser » et civiliser l’homme, ne doit pas nous faire oublier que les moteurs culturels et civilisateurs, avec toute leur gloire, appartiennent au passé.
La société nouvelle sera civile ou ne sera pas.


Ainsi, les nouvelles interrogations ne trouvent plus de réponses dans les religions révélées, elles doivent s’en rapporter aux nouvelles hypothèses scientifiques et aux contrôles de leur validité respective.


La science et la pensée moderne ne luttent pas contre dieu, tout simplement, elles se passent de lui.


Tous les états libéraux reconnaissent la liberté de culte, évidemment, mais pas  la liberté de non-croyance. Nous, les athées, nous ne possédons pas de doctrines constituées, ni temples, ni associations, nous n’avons même pas le droit à la reconnaissance juridique ou administrative, et encore moins à des subventions.


La science est nécessaire, même si elle n’est pas suffisante, ce qui explique que la science ne peut pas être un substitut de la religion.


Le doute n’est plus permis : la science s’est substituée aux religions dans le rôle explicatif du monde. Les religions les plus raisonnables le reconnaissent aujourd’hui lorsqu’elles avouent se préoccuper uniquement de l’âme humaine et de ses problèmes. Mais même en faisant ce genre de confession, leurs fondamentalismes essaient de conserver la version intégrale de la révélation, en refusant d’accepter les élagages doctrinaux que leur imposent les avancées de la connaissance scientifique.


Ce livre est édité aux éditions belges Tribord
et est vendu chez Amazon pour 3,80 euros. Qu'on se le dise...


Michel Tournon

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