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Sororimmonde

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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 22:46

Voici un poème que Victor Hugo a daté du 21 août, sans mention de l'année :

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L'ART D'ÊTRE GRAND-PERE

ENFANTS, OISEAUX ET FLEURS

V - ORA, AMA

Le long des berges court la perdrix au pied leste. 
  
Comme pour l’entraîner dans leur danse céleste, 
Les nuages ont pris la lune au milieu d’eux. 
Petit Georges, veux-tu ? nous allons tous les deux 
Nous en aller jouer là-bas sous le vieux saule. 
  
La nuit tombe ; on se baigne ; et, la faulx sur l’épaule, 
Le faucheur rentre au gîte, essuyant sa sueur. 
Le crépuscule jette une vague lueur 
Sur des formes qu’on voit rire dans la rivière. 
  
Monsieur le curé passe et ferme son bréviaire ; 
Il est trop tard pour lire, et ce reste de jour 
Conseille la prière à qui n’a plus l’amour. 
Aimer, prier, c’est l’aube et c’est le soir de l’âme. 
  
Et c’est la même chose au fond ; aimer la femme, 
C’est prier Dieu ; pour elle on s’agenouille aussi. 
Un jour tu seras homme et tu liras ceci. 
En attendant, tes yeux sont grands, et je te parle, 
  
Mon Georges, comme si je parlais à mon Charle. 
Quand l’aile rose meurt, l’aile bleue a son tour. 
La prière a la même audace que l’amour, 
Et l’amour a le même effroi que la prière. 
  
Il fait presque grand jour encor dans la clairière. 
L’angélus sonne au fond de l’horizon bruni. 
Ô ciel sublime ! sombre édifice infini ! 
Muraille inexprimable, obscure et rayonnante ! 
  
Oh ! comment pénétrer dans la maison tonnante ? 
Le jeune homme est pensif, le vieillard est troublé, 
Et devant l’inconnu, vaguement étoilé, 
Le soir tremblant ressemble à l’aube frissonnante. 
  
La prière est la porte et l’amour est la clé.

21 août

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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 22:29

Voici un poème que Victor Hugo a daté du 20 août 1832 :
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LES CHANTS DU CREPUSCULE

III - HYMNE

IV - NOCES ET FESTINS

La salle est magnifique et la table est immense.
Toujours par quelque bout le banquet recommence,
Un magique banquet, sans cesse amoncelé
Dans l'or et le cristal et l'argent ciselé.
A cette table auguste, où siègent peu de sages,
Tous les sexes ont place ainsi que tous les âges.
Guerrier de quarante ans au profil sérieux,
Jeune homme au blond duvet, jeune fille aux doux yeux,
Enfant qui balbutie et vieillard qui bégaye,
Tous mangent, tous ont faim, et leur faim les égaye,
Et les plus acharnés sont, autour des plats d'or,
Ceux qui n'ont plus de dents ou n'en ont pas encor !
Casques, cimiers, fleurons, bannières triomphales
Les lions couronnés, les vautours bicéphales,
Les étoiles d'argent sur le sinople obscur,
L'abeille dans la pourpre et le lys dans l'azur,
Les chaînes, les chevrons, les lambels, les losanges,
Tout ce que le blason a de formes étranges,
De léopards ailés, d'aigles et de griffons,
Tourbillonne autour d'eux, se cramponne aux plafonds,
Se tord dans l'arabesque entre leurs pieds jetée,
Plonge un bec familier dans leur coupe sculptée,
Et suspend aux lambris main drapeau rayonnant,
Qui, des poutres du toit jusqu'à leurs fronts traînant,
Les effleure du bout de sa frange superbe,
Comme un oiseau dont l'aile en passant touche l'herbe.

Et comme à ce banquet tout résonne ou reluit,
On y croit voir jouter la lumière et le bruit.

La salle envoie au ciel une rumeur de fête.
Les convives ont tous une couronne en tête,
Tous un trône sous eux où leur orgueil s'assied,
Tous un sceptre à la main, tous une chaîne au pied ;
Car il en est plus d'un qui voudrait fuir peut-être,
Et l'esclave le mieux attaché c'est le maître.

Le pouvoir enivrant qui change l'homme en dieu ;
L'amour, miel et poison, l'amour, philtre de feu
Fait du souffle mêlé de l'homme et de la femme,
Des frissons de la chair et des rêves de l'âme ;
Le plaisir, fils des nuits, dont l'œil brûlant d'espoir
Languit vers le matin et sa rallume au soir ;
Les meutes, les piqueurs, les chasses effrénées
Tout le jour par les champs au son du cor menées ;
La soie et l'or ; les lits de cèdre et de vermeil,
Faits pour la volupté plus que pour le sommeil,
Où, quand votre maîtresse en vos bras est venue,
Sur une peau de tigre on peut la coucher nue ;
Les palais effrontés, les palais imprudents
Qui, du pauvre enviées, lui font grincer des dents ;
Les parcs majestueux, pleins d'horizons bleuâtres,
Où l'œil sous le feuillage entrevoit des albâtres,
Où le grand peuplier tremble auprès du bouleau,
Où l'on entend la nuit des musiques sur l'eau ;
La pudeur des beautés facilement vaincue ;
La justice du juge à prix d'or convaincue ;
La terreur des petits, le respect des passants,
Cet assaisonnement du bonheur des puissants ;
La guerre ; le canon tout gorgé de mitrailles
Qui passe son long cou par-dessus les murailles ;
Le régiment marcheur, polype aux mille pieds ;
La grande capitale aux bruits multipliés ;
Tout ce qui jette au ciel, soit ville, soit armée,
Des vagues de poussière et des flots de fumée ;
Le budget, monstre énorme, admirable poisson
A qui de toutes parts on jette l'hameçon,
Et qui, laissant à flots l'or couler de ses plaies,
Traîne un ventre splendide, écaillé de monnaies ;
Tels sont les mets divins que sur des plats dorés
Leur servent à la fois cent valets affairés,
Et que dans son fourneau, laboratoire sombre,
Souterrain qui flamboie au-dessous d'eux dans l'ombre,
Prépare nuit et jour pour le royal festin
Ce morose alchimiste, appelé le Destin !

Le sombre amphitryon ne veut pas de plats vides,
Et la profusion lasse les plus avides ;
Et, pour choisir parmi tant de mets savoureux,
Pour les bien conseiller, sans cesse, derrière eux,
Ils ont leur conscience ou ce qu'ainsi l'on nomme,
Compagnon clairvoyant, guide sûr de tout homme,
A qui, par imprudence et dès les premiers jeux,
Les nourrices des rois crèvent toujours les yeux.

Oh ! ce sont là les grands et les heureux du monde !
Ô vie intarissable où le bonheur abonde !
Ô magnifique orgie ! ô superbe appareil !
Comme on s'enivre bien dans un festin pareil !
Comme il doit, à travers ces splendeurs éclatantes,
Vous passer dans l'esprit mille images flottantes !
Que les rires, les voix, les lampes et le vin
Vous doivent faire en l'âme un tourbillon divin !
Et que l'œil ébloui doit errer avec joie
De tout ce qui ruisselle à tout ce qui flamboie !

Mais tout à coup, tandis que l'échanson rieur
Leur verse à tous l'oubli du monde extérieur ;
A l'heure où table, et salle, et valets, et convives,
Et flambeaux couronnés d'auréoles plus vives,
Et l'orchestre caché qui chante jour et nuit,
Epanchent plus de joie, et de flamme, et de bruit,
Hélas ! à cet instant d'ivresse et de délire,
Où le banquet hautain semble éclater de rire,
Narguant le peuple assis à la porte en haillons,
Quelqu'un frappe soudain l'escalier des talons,
Quelqu'un survient, quelqu'un en bas se fait entendre,
Quelqu'un d'inattendu qu'on devrait bien attendre.

Ne fermez pas la porte. Il faut ouvrir d'abord.
Il faut qu'on laisse entrer. – Et tantôt c'est la mort,
Tantôt l'exil qui vient, la bouche haletante,
L'une avec un tombeau, l'autre avec une tente,
La mort au pied pesant, l'exil au pas léger,
Spectre toujours vêtu d'un habit étranger.

Le spectre est effrayant. Il entre dans la salle,
Jette sur tous les fronts son ombre colossale,
Courbe chaque convive ainsi qu'un arbre au vent,
Puis il en choisit un, le plus ivre souvent,
L'arrache du milieu de la table effrayée,
Et l'emporte, la bouche encor mal essuyée !

Le 20 août 1832.

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 22:58

Voici un poème que Victor Hugo a écrit un 19 août :

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LES RAYONS ET LES OMBRES

XVIII - ECRIT SUR LA VITRE D'UNE FENÊTRE FLAMANDE

J'aime le carillon dans tes cités antiques,
Ô vieux pays gardien de tes moeurs domestiques,
Noble Flandre, où le Nord se réchauffe engourdi
Au soleil de Castille et s'accouple au Midi !
Le carillon, c'est l'heure inattendue et folle,
Que l'oeil croit voir, vêtue en danseuse espagnole,
Apparaître soudain par le trou vif et clair
Que ferait en s'ouvrant une porte de l'air.
Elle vient, secouant sur les toits léthargiques
Son tablier d'argent plein de notes magiques,
Réveillant sans pitié les dormeurs ennuyeux,
Sautant à petits pas comme un oiseau joyeux,
Vibrant, ainsi qu'un dard qui tremble dans la cible ;
Par un frêle escalier de cristal invisible,
Effarée et dansante, elle descend des cieux ;
Et l'esprit, ce veilleur fait d'oreilles et d'yeux,
Tandis qu'elle va, vient, monte et descend encore,
Entend de marche en marche errer son pied sonore !

Malines-Louvain, 19 août 1837

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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 22:55

Voici un poème que Victor Hugo a écrit un 18 août ( sans indication de l'année ) :

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LES CHANSONS DES RUES ET DES BOIS

LIVRE PREMIER - JEUNESSE

VI - L'ETERNEL PETIT ROMAN

XIV - ROSA FÂCHEE

Une querelle. Pourquoi ? 
Mon Dieu ! parce qu'on s'adore. 
À peine s'est-on dit Toi 
Que Vous se hâte d'éclore. 

Le cœur tire sur son nœud ; 
L'azur fuit ; l'âme est diverse. 
L'amour est un ciel, qui pleut 
Sur les amoureux à verse. 

De même, quand, sans effroi, 
Dans la forêt que juin dore, 
On va rôder, sur la foi 
Des promesses de l'aurore, 

On peut être pris le soir, 
Car le beau temps souvent triche, 
Par un gros nuage noir 
Qui n'était pas sur l'affiche.

18 août

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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 22:52

Voici un poème que Victor Hugo a écrit un 17 août ( sans indication de l'année ) :

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LES CHANSONS DES RUES ET DES BOIS

LIVRE PREMIER - JEUNESSE

VI - L'ETERNEL PETIT ROMAN

VI - C'EST PARCE QU'ELLE SE TAISAIT

Son silence fut mon vainqueur ; 
C'est ce qui m'a fait épris d'elle. 
D'abord je n'avais dans le cœur 
Rien qu'un obscur battement d'aile. 

Nous allions en voiture au bois, 
Seuls tous les soirs, et loin du monde ; 
Je lui parlais, et d'autres voix 
Chantaient dans la forêt profonde. 

Son œil était mystérieux. 
Il contient, cet œil de colombe, 
Le même infini que les cieux, 
La même aurore que la tombe. 

Elle ne disait rien du tout, 
Pensive au fond de la calèche. 
Un jour je sentis tout à coup 
Trembler dans mon âme une flèche. 

L'Amour, c'est le je ne sais quoi. 
Une femme habile à se taire 
Est la caverne où se tient coi 
Ce méchant petit sagittaire. 

17 août

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 22:44

Voici un poème que Victor Hugo a écrit un 15 août :

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TOUTE LA LYRE

LES SEPT CORDES - III

XXXIX - DANS LE CIMETIERE DE ***

Je priais, reccueilli dans ma pensée intime.
Le cimetière est doux au deuil silencieux
A cette heure où le soir ineffable et sublime
Vient à la paix des morts mêler la paix des cieux.

J'entendis qu'on marchait, je levai les paupières ;
Le vent remuait l'herbe autour des crucifix,
Et je vis à pas lents venir parmi les pierres
Un aïeul par la main menant son petit-fils.

Emu, j'interrompis mes funèbres extases,
Pour les suivre des yeux et tout bas les bénir... --
Un vieillard ! un enfant ! ô mystérieux vases !
L'un rempli du passé, l'autre de l'avenir !

Cette petite main dans cette main débile
Me rappelait des jours enfuis, des jours meilleurs ! ... --
Le vieillard, par moments s'arrêtant immobile,
Regardaient les tombeaux ; l'enfant cherchait des fleurs.

Le vieillard regardait les sépulcres dans l'ombre,
Comme si, morne et blême et baigné de sueur,
A force d'y fixer son oeil profond et sombre,
Il en faisait sortir quelque étrange lueur !

15 août 1846

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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 22:35

Voici un poème que Victor Hugo a écrit un 14 août :

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TOUTE LA LYRE

LES SEPT CORDES - VI

- LIV -

A force de rêver et de voir dans la plaine
Une fille aux yeux bleus aller à la fontaine,
Gad s'aperçut un jour qu'il était amoureux.
Plus de sommeil. Où fuir ce souci douloureux ?
Il voulut s'en guérir, mais tout fut inutile.
Triste, il alla s'asseoir aux portes de la ville,
Et, voyant un vieillard qui passait, il lui dit :
-- A mon aide, seigneur ! -- Le vieillard l'entendit,
Et vint. C'était un homme à longue barbe grise.
Les palmiers frissonnaient au souffle de la brise ;
Le soleil se couchait dans le désert poudreux.
-- Qu'as-tu ? dit le vieillard. -- Je suis très malheureux,
Dit Gad, puis il reprit : -- Hélas ! j'aime une femme.

-- J'avais, dit le vieillard, ce mal cuisant dans l'âme
Quand j'étais un jeune homme aux yeux clairs et brillants
Comme toi. Maintenant mes cheveux sont tout blancs,
Mon front tremble, mon oeil s'éteint, l'âge me glace ;
Et pour moi tout est sombre, et chaque jour qui passe
Est de la nuit qui tombe, et, sans air, sans soutien,
Je souffre, et c'est mon mal de n'avoir plus le tien.

14 août1846

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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 22:28

Voici un poème que Victor Hugo a écrit un 13 août :

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TOUTE LA LYRE

LES SEPT CORDES - V

- XXXVIII -

Je ne m'arrête pas, jamais je ne séjourne ;
Quand le flot, mon témoin,
Tremble, je crie au vent : Marchons ! quand le vent tourne,
Je dis au flot : Plus loin !

Et j'avance, et toujours plus d'ouragan m'emporte... --
Homme ! aime tes amours,
Assieds-toi sur le banc de pierre de ta porte,
Et laisse fuir les jours !

Heureux celui qui vit stupide en sa demeure,
Et qui, chaque soir, voit
Le même oiseau de nuit sortir à la même heure
Du même angle du toit !

13 août 1872

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 12:36
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Published by ZeBathLeurre
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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 21:24
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