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Sororimmonde

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Quelques photos de cul ?

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 11:45
Hara-Kiri N°7 du 17 mars 1969

Par Michel Tournon

 

L’affaire Markovic… C’était une histoire de meurtre assez compliquée impliquant showbiz et politique. En tête du showbiz, Alain Delon et sa femme Nathalie qui, selon Alain, avait joué à la poupée avec ledit Markovic. L’affaire implique aussi des truands d’après guerre comme Marcantoni. Mais surtout, il se chuchotait dans les milieux parisiens que Madame Pompidou herself était impliquée également en fonction d’une rumeur qui affirmait sa participation à des partouzes… D’ailleurs, des photos circuleraient sous le manteau. Le manteau doit être la meilleure des cachettes puisque l’existence de ces photos  n’a jamais été démontrée. Des vedettes, des truands, des politiques, du cul : what else ? Tous les ingédients sont présents pour préparer le brouet le plus délétère. 

 

En fait, on ne sait toujours pas qui a assassiné Markovic (soupçonné d’être un espion de Tito). La rumeur concernant Claude Pompidou visait à dézinguer son mari afin de lui ruiner son avenir politique : il était en lice pour succéder au Général.

 

Comme on le voit, les mœurs politiques sentaient le faisandé, et, comme le disait Édouard Hériot : « La politique c’est comme l’andouillette, ça doit sentir la merde mais pas trop ».

 

 

Cabu continue son voyage dans le monde du showbiz :

 

 

Hara-Kiri N°7 du 17 mars 1969

Reiser est allé à la messe :

 

 

Hara-Kiri N°7 du 17 mars 1969

Et Wolinski nous rappelle que la police n’a pas toujours été adulée comme lors de la marche du 11 janvier 2015 place de la République :

Hara-Kiri N°7 du 17 mars 1969
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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 10:55
Hara-Kiri Hebdo N°6

Par MIchel Tournon

 

Le Concorde vole ! Hé oui, en ce mois de mars 1969, le Concorde a fait ses premiers pas, si je puis me permettre cette métaphore inappropriée… Cette couverture est rigolote et quelque peu prémonitoire : elle annonce les avions « renifleurs ». Pour ceux qui n’existaient même pas sous forme de gamètes à cette époque, rappelons que Giscard, qui fut élu président cinq années plus tard, avait failli acheter des avions dits renifleurs censés repérer, grâce à leur flair, les gisements de pétrole. En fait, ce sont les escrocs qui ont reniflé le pigeon, mais cet animal en aucun cas ne peut remplacer le pétrole.

 

Cabu continue son voyage dans le monde du shobiz. J’affectionne particulièrement ses caricatures.  Brialy s’occupait déjà des chefs-d’œuvre en péril, en l’occurrence Arletty. Dario Moreno jouait le rôle de Sancho Pança avant de calancher,  Jacques Brel étant Don Quichotte.

 

Hara-Kiri Hebdo N°6

Les dessins de Fournier sont très sombres. On dirait qu’il a inspiré feu Honoré. Sa chronique évoque le énième incident à la frontière russo-chinoise, chacun de ces pays ayant la capacité de déclencher un superbe feu d’artifice.

 

Hara-Kiri Hebdo N°6

La pub pour Charlie nous rappelle l’origine de ce titre. Comme passe-temps,  remplissez les bulles en imaginant le dialogue entre Linus et Charlie.

Hara-Kiri Hebdo N°6
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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 11:27
On rit jaune
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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 15:23
Hara-Kiri Hebdo N° 5 du 3 mars 1969

Par Michel Tournon

 

Hé oui, la guerre du Viêt Nam n’était pas terminée. Il faudra encore six années pour que les Américains cessent d’arroser ce pays avec du défoliant. Le film de Coppola, Apocalypse Now a même reçu napalm d’or à Cannes !

 

Dans mon commentaire sur les numéros précédents, j’avais oublié de signaler que le titre de la rubrique de Cavanna est Je l’ai pas lu, je l’ai pas vu… De fait, sur deux pages, Cavanna nous donne son avis sur tout ce qui faisait l’actualité.  À propos des bébés phoques, il regrette que ces safaris pour zigouiller ces petits phocidés soient réservés aux riches ; pour les autres, il conseille de couper les oreilles et les pattes d’un lapin blanc et de l’assommer avec un gourdin avant de le dépecer. Hara-Kiri mensuel n’est pas très loin…

 

Cabu donne toujours dans le shobiz et la télé. Il caricature d’anciens présentateurs du journal télévisé : Charles Finaltéri, Bernard Volker, Michel Anfrol, Betty Durot…  Si vous connaissez ces personnages, c’est que votre âge est canonique et que vous feriez mieux de vous occuper de votre arthrose.

 

Cabu croque aussi Régine (en plusieurs bouchées). Les caricatures de Cabu sont vraiment excellentes et d’un « style » moins dépouillé qu’à la fin de sa vie.

Hara-Kiri Hebdo N° 5 du 3 mars 1969

Wolinski mélange à nouveau sexe et politique. Ce pauvre type s’est-il immolé parce qu’il n’avait gagné que la médaille de bonze ? C’était avant le premier choc pétrolier. De nos jours, on utiliserait plutôt la pendaison pour économiser l’énergie.

 

Hara-Kiri Hebdo N° 5 du 3 mars 1969

Dernière page, toujours digne du mensuel Hara-Kiri :

Hara-Kiri Hebdo N° 5 du 3 mars 1969

On retrouve aussi Delfeil de Ton dissertant  lui aussi sur les bébés phoques qui attendent avec impatience que Brigitte Bardot prenne leur défense, la cronique d’une vache espagnol de Willem, et les dessins de Gébé qui me rendaient perplexes et que j’ai toujours du mal à décoder.

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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 11:52
Hara-Kiri Hebdo N°4 du 24 février 1969

Cette couverture est typique du genre d’humour pratiqué par Hara-Kiri et bien d’autres humoristes actuels : pour faire fonctionner les zygomatiques du lecteur, il suffit de mélanger deux événements qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre. Bal tragique à Colombey : un mort en est l’exemple le plus édifiant.

 

Mais au fait, c’est qui le forcené de Cestas, Papy ? Cestas, terre de tradition et de contraste, est une ville située non loin de Bordeaux qui connut en février 1969 la première prise d’otages médiatisée. Un père de famille divorcé s’était retranché armé, dans sa ferme, avec ses deux enfants (11 et 13 ans). Il refusait la décision de justice qui lui ôtait la garde de ses enfants.  L’assaut fut donné au bout d’une semaine. Magnifique tableau de chasse : un gendarme tué (par le père), les deux enfants (tués par leur père), le père qui, ayant de la suite dans les idées et suffisamment de cartouches, s’est suicidé.

 

Évidemment, on est loin du massacre de Charlie mais le score n’est pas honteux. Cette histoire est bien triste et nous montre que l’affection paternelle a parfois du plomb dans l’aile. Plus sérieusement, ce qu’il faut retenir de ce fait divers, c’est l’hyper médiatisation de cet événement qui a duré presque une semaine. Je m’en souviens encore…

 

D’ailleurs, ce numéro de Hara-Kiri hebdo n’est pas en reste. Outre la couverture, Reiser et à nouveau Cabu évoquent ce fait divers.

 

Hara-Kiri Hebdo N°4 du 24 février 1969

L’édito de Cavanna est écrit depuis Milan d’où il a raté son avion pour Paris. Pourquoi Milan ? Hé bien parce qu’on y trouve une imprimerie qui imprime Hara Kiri Hebdo moins cher qu’en France ! Et vous savez quoi ? Ces faux-jetons de Ritals s’étaient mis en grève écrit Cavanna, ce qui ne manque pas de sel venant de lui !

Hara-Kiri Hebdo N°4 du 24 février 1969

 

Cabu, qui occupe une page entière, fait toujours dans la variétoche et le culturel : Barbara, Gilbert Bécaud, Karajan…

 

 

Hara-Kiri Hebdo N°4 du 24 février 1969

Le Professeur Choron nous propose un jeu dont il a le secret : faire rouler une cigarette par des personnes cul nu et fesses contre fesses. Il précise : Il est interdit de lécher le papier pour que ça colle. On voit par là que l’esprit du mensuel est toujours présent, mensuel qu’il était conseillé de voler si l’on n’avait pas suffisamment d’argent pour l’acheter…

 

Michel Tournon

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 11:39
Hara-Kiri Hebdo N°3

Des traces de lèvres sur la tonsure ! C’est un coup à choper un cheveu sur la langue !

 

Dans son édito, Cavanna nous parle de choses et d’autres : Le Concorde, la marée noire, Mao,  les baleines… En relisant ces premiers éditos, on sent que  Hara-Kiri Hebdo n’a pas encore trouvé le ton qui sera le sien plus tard. Cavanna délaye un peu. Le fait de passer d’un sujet à l’autre (il y en a cinq dans son article) laisse à penser qu’il tirait un peu à la ligne : remplir deux pages grand format en corps 10 une fois par semaine, faut le faire !

 

On retrouve Wolinski avec ses deux personnages face à face, un verre ballon devant chacun d’eux avec leur philosophie de comptoir.

 

Reiser évoque aussi la marée noire (due à un forage pétrolier foireux). Autre dessin qui nous rappelle qu’à Lyon, 12 objecteurs de conscience font la grève de la faim. L'Histoire est cruelle : le dessin de Reiser fait toujours rire, alors qu'on a oublié depuis longtemps le nom de ces grévistes et la nature de leur cause. S'ils sont vivants, ils ont de bonnes raisons de faire la gueule !

Hara-Kiri Hebdo N°3

Comme Cavanna, Cabu aborde différents sujets allant du livre d’André Frossard Dieu existe, je l’ai rencontré à Serge Reggiani  en passant par Gainsbourg, le patinage artistique et Léon Zitrone.

 

Hara-Kiri Hebdo N°3

La chronique de Willem, Chronique d’une vache espagnole, m’est toujours aussi hermétique…

 

Sujet on ne peut plus actuel : Gébé traite du blasphème. Non, non, il ne s’agit pas de Mahomet mais du dieu des catholiques ! Je n’ai pas effectué le dénombrement, mais il est vrai que Hara-Kiri Hebdo et Charlie Hebdo se sont beaucoup plus « attaqués » au catholicisme qu’à l’Islam.

 

Hara-Kiri Hebdo N°3

La dernière de couverture nous rappelle furieusement Hara-Kiri mensuel : détournement d’une photo représentant des personnes glaviotant sans retenue sur un monsieur propre sur lui, en costume couverts de molards. Le titre : Saint-Gobain- Boussois : le retour du vaincu.

La légende de la photo : Les ouvriers de chez Boussois-BSN forment la haie pour accueillir leur Président-Directeur-Général.

 

À chacun de googleiser  pour retrouver de quoi  s’agissait…

 

Michel Tournon

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 17:41
Hara-Kiri Hebdo, N°2 du 10 février 1969

Cette couverture du N°2 nous rappelle que 1968 n’est pas loin.

L’édito de Cavanna fait un tour d’horizon de l’actualité politique : il nous dit que Nixon, qui vient de remplacer Johnson, a une plus sale gueule que ce dernier, ce qui est exact. Il nous annonce aussi que de Gaulle va organiser un référendum pour le printemps prochain… Funeste idée !

 

 Et il évoque aussi Salazar qui est dans le coma et qui n’en finit pas de mourir, comme Franco, quelques années plus tard ce qui donne à Cavanna une idée de référendum : Estimez-vous qu’il soit d’une quelconque utilité de plonger Monsieur Couve de Murville dans le coma salazarien . OUI – NON.

 

Rappelons pour les jeunes et les mal comprenants  que Salazar n’est pas le nom d’une gare mais celui d’un dictateur portugais et que Couve de Murville n'est pas le nom d'une race de poule mais celui du Premier ministre (français) de l’époque.

 

Cavanna termine son édito par le carnet mondain : La veuve du général Mangin vient de mourir. La veuve du général Clicquot se porte bien, dieu merci !

 

Cabu nous raconte en dessin le film le plus con de l’année, Théorème (de Pasolini). J’avais vu ce film à sa sortie. En gros, c’est un mec (le bôôô et angélique Terence Stamp) qui débarque dans une maison et qui se farcit le père, la mère, le fils et peut-être le Saint-Esprit (j’ai oublié), et je crois bien le fox-terrier et le hamster. À la fin, le père à poil, gravit le versant d’un volcan… Conclusion de Cabu : le prochain film de Pasolini ? Il reviendra à l’inspiration biblique. Après La passion selon Félix Potin, il réalisera Intervilles : Sodome contre Gomorrhe.

 

Ce film (Théorème) a obtenu le grand prix de l'Office catholique international du cinéma !

 

Un petit dessin de Wolinski au passage :

 

 

Hara-Kiri Hebdo, N°2 du 10 février 1969

Renseignement pris, Jean Neyrien Nafoutre de Séquonlat, évoqué dans l’article précédent, c’est Fournier, l’écolo, qui créa le journal La Gueule ouverte et qui mourut au début des années 70. Sa chronique, illustrée par lui-même, nous raconte un voyage de de Gaulle en Bretagne, région gaulliste s’il en est (était ?). À l'époque, on disait que la carte de France du gaullisme était superposable à celle de l'alcoolisme, la Bretagne étant présente dans les deux cas...

 

Une page est réservée à Willem que j’ai toujours eu du mal à comprendre.

 

Bosc, un peu oublié de nos jours, était aussi présent.

Renseignement pris, Jean Neyrien Nafoutre de Séquonlat, évoqué dans l’article précédent, c’est Fournier, l’écolo, qui créa le journal La Gueule ouverte et qui mourut au début des années 70. Sa chronique, illustrée par lui-même nous raconte un voyage de de Gaulle en Bretagne, région gaulliste s’il en est (était ?).

 

Une page est réservée à Willem que j’ai toujours eu du mal à comprendre. Bosc, un peu oublié de nos jours, était aussi présent.

Hara-Kiri Hebdo, N°2 du 10 février 1969
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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 10:42

Hara-Kiri Hebdo : le N°1 du 3 février 1969

Compte tenu des récents événements, j’ai ressorti ma collection de Hara-Kiri Hebdo, et celle de Charlie Hebdo qui lui a succédé. Et puis je me suis dit, in petto, en français et dans mon for intérieur : « Michel, tu as lâchement abandonné le blog Sororimmonde il y a un certain temps. Ton ami Ze Bath y écrit à nouveau. Pourquoi ne pas faire comme lui ? ».

Soit, mais pour quoi dire ? Tiens, une idée : reproduire régulièrement les couvertures de ces hebdos en les assortissant d’un bref résumé des infos contenues dans les pages intérieures, tant sous forme de dessins que de textes.

Voici donc la couverture du premier Hara-Kiri hebdo parue le lundi 3 février 1969. Ce dessin de Wolinski annonce déjà la couleur : on va se foutre de la gueule des thèmes politiques et des faits divers dont certains, de nos jours, sont tombés dans l’oubli.

À l’intérieur des 12 pages on est frappé par plusieurs différences avec le Charlie d'aujourd'hui. D’abord, on remarque la densité de l’information écrite et dessinée. Ensuite, cela fait grand plaisir de retrouver Cavanna dont l’édito destiné à présenter le journal se termine par : Si vous n’avez pas aimé, tant pis pour vous. Le papier n’est même pas bon à envelopper les harengs : il leur donne un goût de poisson. Vous avez donc tout perdu. C’est bien triste.

On retrouve aussi Reiser avec son trait incisif et Delfeil de Ton que je n’affectionnais pas particulièrement. Un oublié, JNNS, Jean Neyrien Nafoutre de Séquonlat. Et bien sûr, on retrouve Cabu dont les dessins sont assortis d’une quantité importante de texte dans « L’affaire Markovic racontée aux enfants ».

Ce qui frappe également, c’est la parenté avec son grand Frère Hara-Kiri (mensuel ?) avec ces détournements de gravures voire de photos qui occupent une page entière.

Et n’oublions pas pas Gébé et Willem…

Je vois qu’il est difficile d’évoquer un journal rempli de dessins. Pour les prochains numéros, je tâcherai de joindre quelques scans des dessins ou photos.

Michel Tournon

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 19:47

[Jai écrit l'article ci-dessous en réponse à un "ami" sur FaceBook qui se vantait d'aduler François Morel. Depuis, ledit "ami" nommé Olivier Chauzu, m'a viré de ses contacts, alors que c'était lui qui était venu me chercher. Comme quoi, il ne fait pas bon le contredire. Sur FB, il s'est créé un troupeau de courtisans qui doivent penser comme le Prince, sinon gare au coup de balai. Il se la pète grave, pépère ; bien content de ne plus être "ami" de ce fat, limite foutriquet.] 

 

De nos jours, François Morel, c’est surtout le chroniqueur de France Inter, tous les vendredis matin  à 8 h 55. Pour bien apprécier ces chroniques, il est nécessaire d’en connaître la genèse et en étudier l’historique.


Au début était Guy Carlier que tous les plateaux s’arrachaient parce qu’il osait ridiculiser des personnages publics. Foutage de gueule gentillet garanti mais pas haineux ni moralisateur. Vers 2008, vint Guillon qui fut lourdé à cause de sa chro nique concernant DSK, puis Didier Porte qui, lui aussi dut la prendre pour avoir répété à plusieurs reprises qu’il sodomisait Sarkozy, prouvant par là la finesse de son esprit et le raffinement de ses pratiques sexuelles. Gerald Dahan fit une courte apparition jusqu’au jour ou Val, de grâce, le congédia. Selon l’ « humoriste », c’était à cause de sa dernière chronique dans laquelle il avait dézingué Alliot-Marie présente dans le studio. En fait, c’était pour cause de médiocrité, ce qui est nettement moins glamour. Mais le précédent existait : un humoriste ne peut se faire lourder que pour raisons politiques, surtout pas pour manque de talent…


De ces passages successifs, une fonction naquit : celle de l’humoriste qui, à défaut de talent ou d’esprit, peut apostropher, insulter, diffamer un invité en se prévalant de l’immunité que lui confére sa carte de comique. À défaut de faire rire, le chroniqueur humoristique devint inquisiteur, moraliste, éditorialiste politique haineux, dont le buzz est amplifié par le Net, notamment grâce aux vidéos. Antoine Fouquier-Tinville, sors de ce corps !


François Morel me faisait bien marrer lorsqu’il aboyait avec ses potes les Deschiens sur Canal + il y a quelques années. Et lorsqu’il jouait avec les mêmes dans les pièces des Deschamps/Makeïeff, mes zygomatiques furent également de la partie. Morel apparaît aussi comme 18e couteau (au fond du tiroir, à gauche) dans plusieurs films. Je le trouve quelconque, ce qui dans mon échelle de valeur est proche de l’encéphalogramme plat, mais quand un couteau joue comme un manche, c’est plutôt cohérent (je sais, c’est facile).


Donc, chronique de François Morel tous les vendredis matin. Initialement, lesdites chroniques étaient plaisantes, propres sur elles, un tantinet poétiques, pas vraiment agressives mais plutôt quelconques dès qu’on les comparaît à celles de Sofia Aram qui officiait également sur France Inter, un autre jour de la semaine. Elle avait repris le flambeau des dézingueurs professionnels suscités et  qui l’avaient précédée, mais avec plus de délicatesse, en enveloppant le bonbon pour qu’il soit moins acidulé. De fait, parmi les cinq chroniqueurs journaliers, elle sortait du lot et faisait ombrage aux quatre autres en particulier au petit poète du vendredi matin.


On devine aisément ce qui a dû se passer dans la tête de François : que dois-je faire pour me faire une place au soleil ? Les solutions les plus simples étant les plus sûres, François se dit in petto et en français : je vais faire comme mes prédécesseurs ! Recette :  mettre dans un cul de poule, Marine Le Pen, Christine Boutin, le Mariage pour Tous, un bon verre de Romes, un filet d’insultes, des propos contre la corrida, une énorme giclée de point Godwin, beaucoup d’indignation, d’émotion et de compassion (surtout en cas de racisme), un soupçon de morale, bien fouetter  et hop, amener à ébullition pendant cinq minutes, de préférence entre 8 h 55 et 9 h, le vendredi. 


François est très certainement intelligent. Il a dû se dire : « Concocter une mixture avec ce type d’ingrédients n’est pas vraiment  nouveau, pour tout dire pas drôle du tout ni très courageux encore moins original pour l’artiste de gauche que je suis. Toutefois mes chroniques seront fatalement vertueuses et la vertu n’offre pas de prises aux critiques, c’est tout bénéf. Et surtout, il y a un public pour ça : le prêt-à-penser, certains adorent, c’est rassurant ! Pourquoi les en priver ? Je leur dis ce qu’ils veulent entendre… Je serais vraiment débile de m’abstenir, d’autant qu’en accommodant n’importe quel fait divers, politique ou petite phrase issue d’un « people », bref, n’importe quel élément issu  de l’actualité avec cette préparation culinaire, je suis certain de produire une chronique à succès!

 

Et c’est ainsi que Morel devint le pape François de la bien-pensance, cinq minutes par semaine, sur France Inter.  Et beaucoup plus sur Youtube et les réseaux sociaux.

 

Michel Tournon

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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 14:42

Lorsque l'on débat oralement ou par écrit, manifester son désaccord devient de plus en plus problématique. À l’instar d’Internet, le point Godwin vient mettre très rapidement une fin au débat. Rappelons que ce « point » se rapporte à une  loi affirmant que plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1. Comme ce registre est vaste, il implique aussi le fascisme, l’extrême-droite, le FN et tous les épouvantails à chemises brunes.


Bien évidemment, si l’on jette l’anathème sur son contradicteur de la sorte, la discussion est stoppée, le débatteur visé est discrédité et il n’a pas intérêt à vouloir passer une seconde couche vue l’étiquette infamante qui lui collera  à la peau. C’est donc tout bénéf pour les tenants d’une idéologie incertaine, incapable de produire un argumentaire cohérent.


La panoplie destinée à discréditer son opposant s’est enrichie récemment d’une nouvelle arme : le suffixe « phobe » ou « phobie ». La stratégie est redoutablement simple : on dévoie le sens d’un mot existant en lui attribuant un sens précis destiné à préserver l’intouchabilité de l’idéologie de celui qui le profère. Ainsi, dans le dictionnaire, l’existence du mot  homophobe  remonte à 1979*. L’islamophobie, quant à elle, n’est pas répertoriée dans ce même dictionnaire, alors que son utilisation se répand dans tous les médias. Plus récemment, on évoque la germanophobie, uniquement lorsque l’on n’apprécie pas la politique européenne de Mme Merkel.


Le Petit Robert nous informe que le sens du mot phobie, hors de son contexte initial concernant la psychologie, signifie aversion, horreur, dégoût. Je revendique mon aversion envers toutes les religions, en particulier l’islam qui fait beaucoup parler de lui un peu partout sur la planète. Bien évidemment, je ne souhaite pas l’internement et la destruction massive de tous les musulmans : on n’a jamais reproché aux bouffeurs de curés et autres mécréants de vouloir passer systématiquement au lance-flamme les catholiques alors que beaucoup d’entre eux ont fini sur un bûcher ! (les mécréants, pas les curés).


On peut éprouver de l’aversion voire du dégoût vis-à-vis des pratiques sado-maso, alors pourquoi pas vis-à-vis des pratiques homosexuelles ? On peut aussi se poser la question de l’origine de l’homosexualité, sujet tabou car sulfureux : si  un jour on prouve qu’elle est acquise et non innée, comme le politiquement correct l’affirme, je vous laisse imaginer les conséquences. Ces considérations relèvent d’un avis voir d’un questionnement personnel qui ne dépend aucunement d’une idéologie malsaine assortie d'un triangle rose. Malgré tout, le délit d’homophobie existe et un glissement sémantique (pas tout à fait fortuit) définit comme homophobe celui qui réprouve l’homosexualité et par extension le mariage pour tous. Ce raccourci permet la confusion entre la discrimination – inacceptable -  et le débat d’idées – nécessaire.  C'est ainsi que l'on crée un faux argument d'autorité**. Et si vous ne partagez pas ce point de vue, c’est que vous êtes frappé d’hétérophobie…


 

En tout logique, l’avènement de ces néologismes devrait permettre d’exprimer plus finement sa pensée et donc de faire progresser le débat d’idées. Paradoxalement, on observe le résultat inverse : plus le champ lexical s’enrichit, plus la discussion risque d’être courte et de déboucher sur du noir ou du blanc, alors qu’il existe 50 nuances de grey.


Avec un peu d’imagination, il est aisé de prévoir les phobies à venir :

 

Le rapophobe : il n’aime pas le rap, donc les Noirs ; c’est un vilain raciste !

Le voisinphobe : il n’aime pas le boucan fait par son voisin, il est donc misanthrope si le voisin est blanc, raciste s’il est coloré.

L’Artcontemporainphobe : n’aime pas l’art contemporain ; demeuré conservateur proche du FN.


Quant à moi, la seule phobie qui me caractérise est celle des phobies : vive la phobiephobie !

 

Michel Tournon

 

*Version 2.1 du Petit Robert électronique

 ** Voir  cette page

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