Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 09:04


  Le mariage de Tuya

Il ne s'agit pas d'un hybride créé dans une pépinière mais de l'histoire d'une jeune femme, bergère en Mongolie chinoise. Cette histoire se passe de nos jours. Le  synopsis d'Allociné dit :

Au coeur de la Mongolie chinoise, Tuya se bat pour faire vivre ses enfants et son premier mari blessé suite à un accident. Afin de résoudre ses problèmes, elle décide de divorcer et de trouver un nouveau mari. A la seule condition que celui-ci accepte de supporter toute sa famille, y compris son premier époux.
 

Vu comme ça, on va plutôt préférer de se repasser le Gendarme et les gendarmettes : c'est un film pour les lecteurs de Télérama !

Grosse erreur, c'est un excellent film, attirant par son exotisme, le choc des époques et une histoire toute simple, proche d'une tragédie grecque. 

Tuya parcourt la steppe à dos de chameau ou de cheval, pour mener paître son troupeau, pour aller chercher de l'eau à plusieurs dizaines de kilomètres de son domicile situé au milieu de nulle part. Les paysages sont grandioses par leur répétition à l'identique et leur vacuité : une steppe à perte de vue avec une chaîne de montagnes en guise d'horizon : pas un arbre, pas un MacDo. Et comme dans la chanson, le temps dure longtemps...

Cette vie pastorale est intemporelle, jusqu'au moment où surgit un camion, une mercédès, un séjour dans un hôpital ou la chambre d'un hôtel luxueux, nous rappelant qu'en cette partie du monde, le Moyen Age côtoie le XXIe siècle. Quelle que soit l'époque, il faut vivre et c'est d'autant plus dur que le mileu est hostile : pas d'eau, peu de bois, conditions climatiques rigoureuses. 

Tuya doit tout faire, et c'est la mort dans l'âme quelle décidera de divorcer pour se marier avec un homme valide lui permettant de continuer à vivre cette vie d'une rudesse extrême : à la ville, la cellule familiale serait disloquée et une bergère sur un chameau n'y a aucun avenir, même pas dans un cirque.

Au-delà de l'histoire, j'ai tendance à prendre ce film comme un documentaire, à l'instar deUrga ou du Chien jaune de Mongolie ; la scène finale montrant le mariage est étonnante : on se croirait presque dans un remake hollywoodien de Gengis Khan, un jour de fête !

Ce film passe actuellement sur Canalsat ; je pense qu'il doit exister en DVD.

Michel Tournon 
 
Partager cet article
Repost0
4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 14:12

Vicky Christina Barcelona
 

Lors d’un article récent, je concluais en écrivant : « Je préfère les bons Allen aux mauvais Allen ». Hé bien, quelques jours plus tard, je voyais un bon Allen, en l’occurrence le dernier en date, intitulé Vicky Christina    Barcelona.

    Le film précédent, Le rêve de Cassandre m’avait déçu : j’avais trouvé cette petite comédie familialo-policière mal ficelée, de nettement moindre qualité que Match Point situé aussi dans le registre de la comédie policière. Avec Vicky Christina Barcelona, Woody Allen revient vers son sujet de prédilection, celui du mystère des relations amoureuses. L’argument est simple, c’est un peu celui de Jules et Jim, sauf que le triangle amoureux est constitué de quatre côtés !

    Juan Antonio (Javier Bardem) ne peut choisir entre trois femmes, dont une est sa légitime (Penelope Cruz), les deux autres des américaines de passage (Rebecca Hall, Scarlett Johansson). Alors, la plupart des configurations permises par l’association de ces quatre adultes consentants se déroule sous nos yeux.

    Les situations et les dialogues sont plus légers et pétillants qu’une pub pour Badoit. Et bien sûr, comme dans la plupart des films de Allen, ça bavarde… L’essentiel du film est en langue anglaise, mais nous sommes à Barcelone et si le couple régional de l’étape (Juan Antonio et Maria Ellena) s’exprime également dans cette langue, il leur arrive parfois, dans les moments de tension de s’exprimer en espagnol. Je connais un peu de la première langue, pas du tout l’autre, mais l’alternance dans la prosodie est fort plaisante même si le recours à la lecture des sous-titres m’a été nécessaire.

    Comme le titre l’indique, Barcelone est un personnage important de cette comédie. Juan Antonio, artiste peintre (sa femme aussi) y vivent et fréquentent les milieux artistisco/intellectuels sur fond d’architecture Gaudienne. Les personnes que l’on voit sont aisées, vont de restaurant en restaurant, d’hôtel en hôtel, Juan Antonio pilote même son avion pour l’escapade du week-end, là où nous prenons une Clio ou une Saxo et compagnie. Tant mieux, cette absence de soucis matériels leur permet de réaliser pleinement leurs envies et d’avoir des  comportements conformes à leurs sentiments sans être entravés par les codes moraux en vigueur. Les pauvres ont aussi des sentiments, mais franchement, leurs besoins matériels et leurs revendications permanentes finissent par casser l’ambiance…

    Je pense que la comédie est un des genres les plus difficiles à concevoir ou à mettre en scène.. Faire rire, pleurer voire horrifier me semble plus facile. Parce qu’une comédie  ce n’est pas une bouffonnerie ni un film comique et qu’elle doit toutefois susciter un minimum de réflexion, parce qu’elle se doit d'être légère tout en maintenant un rythme soutenu, ce film est une réussite. Et puis, si on le compare aux comédies françaises, notamment de ces dernières années, on peut le qualifier de chef-d’œuvre. De deux mots mieux vaut choisir le meilleur.

Michel Tournon

Pour plus d'informations sur ce film, aller sur Allociné

 

Partager cet article
Repost0
28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 13:14

De manière aussi unilatétale qu'arbitraire, je viens de créer la rubrique "Ma critique" qui me permettra de vous donner mon avis sur des bouquins, des films, des spectacles... Pour commencer, un film de Guédiguian

Lady Jane

Pour plus de détails sur ce film, voir sur le site Allociné

    C’est un  polar que les journalistes de presse, qui voient midi à leur porte, pourraient qualifier de crépusculaire, sous le haut patronage de la déesse Némesis. Et des fois que l’on n’ait pas compris que le thème essentiel du film est celui de la vengeance, avant le générique de fin une citation s’affiche plein écran concernant ce ressentiment dont on dit qu’il se mange froid. Grosso modo elle disait « Celui qui cherche à se venger est comme une mouche qui s’agite devant une vitre et qui ne voit pas que la fenêtre est ouverte ». D’abord, si c’était aussi simple, on n’aurait pas besoin de Baygon Jaune. Ensuite, je me méfie des citations dans la mesure où la prétendue universalité de leur propos sert fréquemment à donner une profondeur à quelque chose qui en manque. Et puis cette citation est suffisamment vague pour que tout le monde y trouve son comptant en fonction de sa morale personnelle.

    Sans dévoiler l’histoire, il s’agit d’une vengeance à double détente se fondant sur des événements qui se sont déroulés deux ou trois décennies plus tôt. On a donc à faire à un trio de cinquantenaires qui repique au jus. Le problème, c’est que l’on n’y croit pas… Certes le scénario en vaut un autre, mais Guédiguian est aussi à l’aise dans le polar que Gérard Depardieu dans le rôle d’un petit rat de l’Opéra. Et puis Darroussin,  Ascaride et Meylan, ses acteurs habituels, sont une erreur de casting : les films de Guédiguian, dans lesquels ses trois acteurs fétiches jouent, sont tous situés dans le registre c’est-pas-nous-les-méchants. De fait, ce sont d’habitude des prolos simples (mais attention, empreints de dignité, faut pas déconner, hein !) qui sont soumis aux mêmes pulsions, émotions, que les riches, sauf que eux, il n’y est pas question d’argent, c’est ce qui fait leur grandeur, pour ne pas dire leur honneur.

    Dans Lady Jane, ils sont carrément hors-jeu et on n'en a rien à foutre de ce qui leur arrive.

    Les vingt dernières minutes sont franchement ridicules : il faut mettre un terme au film et pour ce faire, chaque personnage agit de façon édifiante quant à son avenir. Je sais, bien que l’on soit sur le Net, je reste flou. Mais ma démarche est volontaire car même si ma critique paraît négative, je vous engage à aller voir le film, ne serait-ce que pour connaître votre avis. Pour cette raison, j’évite d’en dire trop sur l’histoire, d’autant qu’il s’agit d’un polar.

    La presse a été plutôt indulgente avec ce film : on ne sabre pas impunément un cinéaste « social ». Je pense toutefois que ce metteur en scène reste englué dans cette appellation, certainement parce que lorsqu’il change de registre (Le Promeneur du Champ de mars, Lady Jane) il réalise des films très moyens, pour ne pas dire médiocres.

Michel Tournon

Partager cet article
Repost0