Date : Mon, 12 Aug 2002 18:32
De : Ze Bath Leurre
Objet : prêt-à-rimer - BAUDELAIRE
L'original
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CHANT D'AUTOMNE ( Ch. Baudelaire)
Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours.
Tout l'hiver va rentrer dans mon être : colère,
Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon coeur ne sera plus qu'un bloc rouge et glacé.
J'écoute en frémissant chaque bûche qui tombe ;
L'échafaud qu'on bâtit n'a pas d'écho plus sourd.
Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier infatigable et lourd.
Il me semble, bercé par ce choc monotone
Qu'on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
Pour qui ? -- C'était hier l'été ; voici l'automne !
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.
Le détournement
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SANS SONOTONE
Je suis comme un aveugle en plein coeur des ténèbres
Qui aurait comme guide un bâton bien trop court :
Sans appareil je crois qu'une marche funèbre
Est un refrain grivois qu'on chante dans les cours.
Quand ma pile est usée je pousse une colère,
Car je hais d'être ainsi au silence forcé ;
Et je tourne et je grogne comme un ours polaire
Qu'en été l'on voudrait priver d'un bain glacé.
Parfois je le débranche ; évidemment je tombe
Sur un qui dit : " Vraiment, comme un pot il est sourd ! "
Je le lis sur sa bouche et jamais ne succombe
A la tentation de répondre : " Es-tu lourd !!! "
Ah ! sans lui que ma vie serait bien monotone ;
Je n'oserais jamais me rendre quelque part ;
Printemps, été, hiver seraient comme l'automne,
Et jamais ne saurais quand sonne le départ.
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Ze Bath Leurre
> hein ? quoi ? kèk'vous dites ?
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