Le jeûne est une pratique très ancienne, liée à différentes religions (cf le carême, le ramadan, etc.). Il s’agit initialement d’un acte de foi, de soumission, de pénitence. Avec l’avènement du New Age et son cortège de pensées et de thérapies magiques, comme la naturopathie, le jeûne est remis au goût du jour, pas seulement pour brûler des voitures dans les cités. Ses pratiquants affirment qu’il est indispensable pour débarrasser le corps de sa prétendue « toxémie », ou de « déchets colloïdaux » dont la présence n’a jamais été démontrée scientifiquement. Le but étant d’atteindre une sorte de pureté originelle en décrassant le corps. Toujours le mythe de la pureté, si chère à certaines religions et idéologies.
Cette affirmation est doublement comique :
D’abord parce que notre organisme est capable à lui seul de nous débarrasser des déchets dus à l’alimentation : c’est pour cette raison que nous faisons tous pipi et caca (entre autres). Si l’on a fait des excès de table, on ne va pas prendre le lendemain un cassoulet arrosé d’un cahors pour son petit déjeuner. Cela prouverait en outre que l'homme ne serait donc pas parfait alors que c'est une créature de Dieu. C'est donc un blasphème (là, j'déconne).
Ensuite et surtout, parce que le jeûne provoque exactement l’inverse de ce que ses pratiquants en attendent : l’absence de nourriture oblige l’organisme à fabriquer des toxines en faisant produire du glycogène par le foie et en utilisant les protéines et la graisse en réserve. Le jeûne entraîne fatalement une perte de poids, mais encrasse surtout l’organisme, par l'accumulation des déchets qu'il provoque.
Et là, on atteint le sommet des sommets : une pratique qui non seulement s’avère inefficace, mais qui en plus provoque l’inverse de l’effet escompté !
Il n’y a que le foie qui sauve, pas la foi !
Tout cela serait fort plaisant si le jeûne n’était pas une des armes favorites des sectes, dans lesquelles les adultes imposent cette pratique d’un autre âge à leurs enfants, avec des conséquences irréversibles.
Il est toujours salutaire de citer ses sources : on peut aller voir sur ce site, sur celui-là, ou bien encore celui-ci ou celui-là. sans oublier ce site
Michel Tournon