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25 juillet 2001 3 25 /07 /juillet /2001 21:05

De : Luc Laillier

Date :  Mercredi 25, Juillet 2001  22:05

Objet :  Ecrits Outrés

 

Quoique perclus, peureux, abattu, Abélard

Sous les huées d'artistes venus voir, goguenards

Je dois joindre tantôt l'exode épouvantable

Des blaireaux empêtrés de rites exécrables .

 

Dans ce fleuve puissant descendant vers le sud,

Exhalant ses fragrances de sueur et de bran

Il faut faire sa place, la bataille y est rude

Hélas couleront les larmes et le sang.

 

Sur la route géante  arène bitumée

Qui pâle, épouvante les plus fiers chauffaillons,

Nous serons là, serrés, comme une éjaculée

A cette comédie nous serons les couillons.

 

L'ovule grande bleue qui miroite de loin

Engourdit nos pensées de tristes citadins

Nous devons être là, c'est un devoir certain.

La notion de plaisir n'est que d'être témoin.

 

Dans un immense effort, soubresaut théâtral

Nous franchîmes, dopés d'un besoin frénétique

Les tout derniers remparts de la nappe aquatique

Pour barboter céans dans ce milieu foetal.

 

Dans la Durex alors, un flot d'hydrocarbures

Irisant les déchets divers et avariés,

Donnera ce fumet à ce peu d'eau salée

Où nous noierons enfin nos vieilles courbatures.

 

L'heure n'est plus aux détails ,qu'importe la mélasse

Le bouillon de culture, la soupe microbienne.

Nous sommes agglutinés ,telle une marée basse

Sur l'extrême frontière méditerranéenne

 

Certains se traînent hagards, tendent leurs maigres reins

Aux rayons d'un Phébus capricieux et féroce.

Ah ces pauvres touristes ne sont pas à la noce,

Qui doivent revenir la peau couleur de pain.

 

Des hordes entières déambulent, poussives,

Rubiconds, suintants, venus de Germanie

Arborant les couleurs qui sont du dernier cri,

Don désintéressé d'une marque de lessive.

 

Pour l'alimentation la bataille fait rage

Et c'est à coups de ventre, de mamelle ou de fesse

Que dans les estancots où se fait le partage

On paie très cher le droit de conserver sa graisse.

 

Nous savons en victimes qu'aucun secours ne peut

Abrèger nos souffrance et nous devons attendre

Le temps réglementaire pour pouvoir redescendre

De la prison dorée au coût calamiteux.

 

Au retour ruinés, abattus, papelards

Sous les yeux des artistes revenus goguenards

Nous ferons bonne mine sous notre peau halée

Nous aurons accompli ouvre de mustélidés.


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