Jésus que ma joie...
Jésus que ma joie demeure...
... un GSM sonne...
( Ze Bath Leurre - Zavatarchive 6840 - 20.1.2003 )
Ze Bath Leurre
> à l'eau !
Voici un poème que Victor Hugo a écrit un 12 août ( sans indication de l'année ) :
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L'ART D'ÊTRE GRAND-PERE
XII - JEANNE ENDORMIE
- III -
Jeanne dort ; elle laisse, ô pauvre ange banni,
Sa douce petite âme aller dans l'infini ;
Ainsi le passereau fuit dans la cerisaie ;
Elle regarde ailleurs que sur terre, elle essaie,
Hélas, avant de boire à nos coupes de fiel,
De renouer un peu dans l'ombre avec le ciel.
Apaisement sacré ! ses cheveux, son haleine,
Son teint, plus transparent qu'une aile de phalène,
Ses gestes indistincts, son calme, c'est exquis.
Le vieux grand-père, esclave heureux, pays conquis,
La contemple.
Cet être est ici-bas le moindre
Et le plus grand ; on voit sur cette bouche poindre
Un rire vague et pur qui vient on ne sait d'où ;
Comme elle est belle ! Elle a des plis de graisse au cou ;
On la respire ainsi qu'un parfum d'asphodèle ;
Une poupée aux yeux étonnés est près d'elle,
Et l'enfant par moments la presse sur son coeur.
Figurez-vous cet ange obscur, tremblant, vainqueur,
L'espérance étoilée autour de ce visage,
Ce pied nu, ce sommeil d'une grâce en bas âge.
Oh ! quel profond sourire, et compris de lui seul,
Elle rapportera de l'ombre à son aïeul !
Car l'âme de l'enfant, pas encore dédorée,
Semble être une lueur du lointain empyrée,
Et l'attendrissement des vieillards, c'est de voir
Que le matin veut bien se mêler à leur soir.
Ne la réveillez pas. Cela dort, une rose.
Jeanne au fond du sommeil médite, et se compose
Je ne sais quoi de plus céleste que le ciel.
De lys en lys, de rêve en rêve, on fait son miel,
Et l'âme de l'enfant travaille, humble et vermeille,
Dans les songes ainsi que dans les fleurs l'abeille.
12 août
- - -
une autre date ?
Voici un poème que Victor Hugo a écrit un 11 août :
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LES CHANSONS DES RUES ET DES BOIS
LIVRE PREMIER - JEUNESSE
IV - POUR D'AUTRES
- IX -
Fuis l'éden des anges déchus ;
Ami, prends garde aux belles filles ;
Redoute à Paris les fichus,
Redoute à Madrid les mantilles.
Tremble pour tes ailes, oiseau,
Et pour tes fils, marionnette,
Crains un peu l'oeil de Calypso,
Et crains beaucoup l'oeil de Jeannette.
Quand leur tendresse a commencé,
Notre servitude est prochaine.
Veux-tu savoir leur A B C ?
Ami, c'est Amour, Baiser, Chaîne.
Le soleil dore une prison,
Un rosier parfume une geôle,
Et c'est là, vois-tu, la façon
Dont une fille nous enjôle.
Pris, on a sa pensée au vent
Et dans l'âme une sombre lyre,
Et bien souvent on pleure avant
Qu'on ait eu le temps de sourire.
Viens dans les prés, le gai printemps
Fait frissonner les vastes chênes,
L'herbe rit, les bois sont contents,
Chantons ! oh ! les claires fontaines !
11 août 1859
- - -
une autre date ?
Voici la deuxième partie d'un poème que Victor Hugo a écrit les 9 et 10 août
1859 :
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LES CHANSONS DES RUES ET DES BOIS
LIVRE PREMIER - JEUNESSE
VI - L'ETERNEL PETIT ROMAN
IV - A DONA ROSITA ROSA
- I -
( la première partie a été publiée hier )
- II -
Prends-le donc à ton service.
C'est un pauvre rêve fou ;
Mais pauvreté n'est pas vice.
Nul coeur ne ferme au verrou ;
Ton coeur, pas plus que mon âme,
N'est clos et barricadé.
Ouvrez donc, ouvrez, madame,
A mon doux songe évadé.
Les heures pour moi sont lentes,
Car je souffre éperdument ;
Il vient sur ton front charmant
Poser ses ailes tremblantes.
T'obéir sera mon voeu ;
Il dorlotera ton âme ;
Il fera chez toi du feu,
Et, s'il le peut, de la flamme.
Il fera ce qui te plaît ;
Prompt à voir tes désirs naître ;
Belle, il sera ton valet,
Jusqu'à ce qu'il soit ton maître.
10 août 1859
- - -
une autre date ?
Voici la première partie d'un poème que Victor Hugo a écrit les 9 et 10 août
1859 :
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LES CHANSONS DES RUES ET DES BOIS
LIVRE PREMIER - JEUNESSE
VI - L'ETERNEL PETIT ROMAN
IV - A DONA ROSITA ROSA
- I -
Ce petit bonhomme bleu
Qu'un souffle apporte et remporte,
Qui, dès que tu dors un peu,
Gratte de l'ongle à ta porte,
C'est mon rêve. Plein d'effroi,
Jusqu'à ton seuil il se glisse.
Il voudrait entrer chez toi
En qualité de caprice.
Si tu désires avoir
Un caprice aimable, leste,
Et prenant un air céleste
Sous les étoiles du soir,
Mon rêve, ô belle des belles,
Te convient ; arrangeons-nous.
Il a ton nom sur ses ailes
Et mon nom sur ses genoux.
Il est doux, gai, point morose,
Tendre, frais, d'azur baigné.
Quant à son ongle, il est rose,
Et j'en suis égratigné.
9 août 1859
( à suivre demain )
- - -
une autre date ?