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8 mars 2005 2 08 /03 /mars /2005 00:00

     Aujourd'hui, permettez-moi de vous narrer l'éthylologie du mot "coquille" quand il s'agit d'une "faute typographique".

     La première "coquille" remonte à l'époque des moines copistes ... vous savez comme ceux du film "le nom de la rose"... Ces moines, rigoureux, passaient leur temps à recopier les Saintes Ecritures. Cette tâche était fastidieuse et pour retarder l'usure du temps, on appliquait sur les copies une sorte de vernis composé d'eau et d'albumine contenue dans le blanc d'oeuf. C'était le rôle du "moine verniste" d'enduire chaque copie à l'aide d'une brossette en poils de fouine.

     Puis chaque copie passait entre les mains du "moine vérifiste" qui s'assurait que le travail était bien fait et qui éventuellement réctifiait lui-même les petites erreurs (renvoyant au point de départ les trop mauvaises copies).

     Un jour de 1517, le moine vérifiste Francisco-Eugénio de Cisteron (prononcez "rone"), en vérifiant la première copie en français du fameux "Pater Noster", s'aperçut qu'un fragment de coquille d'oeuf était resté collé sur le mot "père". Il le gratta avec le traditionnel grattoir en os d'aiglon mais le vernis déjà trop sec rendait la tâche délicate. Alors il préféra repasser de l'encre sur le mot.

     Francisco-Eugénio de Cisteron était "vérifiste" et non "copiste"... de plus, il maîtrisait mieux le latin que le français ; à la place de "père" il recopia "paire". Et il nota dans la "minute des copistes", ce grand livre qui répertoriait tout ce qui se passait dans le monastère, à la page du 16 avril 1517 : "trouvé une couille dans le pater"... ommetant par inadvertance le "Q" de "coquille".

     C'est cinq cent ans plus tard que l'érudit Gaston Gonadasse relata cette histoire dans la "Gazette de Bâle", dans un article qui lui-même fut victime, de la part du typographe, d'une sacrée coquille restée dans le langage courant : il titra "une couille dans le pâté"

voilà une belle paire de coquilles, non ?

Sam VANDER
(une Suze que suit un Sancerre)

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22 janvier 2005 6 22 /01 /janvier /2005 00:00

cet article est en fait le commentaire du commentaire d'un article du blog fratermonde :
http://fratermonde.over-blog.com/article-57627-6.html

Le 12 janvier dernier, Skirlet disait :

Oh pardon, je ne voulais pas faire la maligne :-) Ces gens qui chassent l'espéranto comme une mouche ou qui racontent des inepties, journalistes, linguistes ou autres... Voilà:

http://www.eventoj.hu/arkivo/eve-068.htm 


Vers le milieu de ma page "La venko de Montevideo"

Blinkenberg: simbolo de la lingvistoj blinde kontrauaj al Esperanto

Kun la ŝakmajstra fosforesko
de l’ cerbo ĉiam brile serva,
indigna, sed trankvil-konserva
pri l’ aĉa Blinkenberg-burlesko,
Lapenna venkis ĉe Unesko.

Curieusement, je n'ai rien trouvé en français sur ce sujet...

Je trouve dommage de tronquer le texte de référence ! Il s'agit en plus de l'un des rares exemplaires de "rondel" de la poésie espérantiste !
(cf ma thèse de 3è cycle "Le Rondel, la plus moderne des poésies moyenâgeuses , Sorbonne 1987, dans laquelle je cite ce rondel et deux autres en espéranto, parmi les rondels de Gambrisky ce poète ukrainien mort en déportation, le rondel du rapeur noir Kool-Mama de Los Angeles, et le "rondeau" de Nino Ferrer)

Mais, plus que la troncation de l'oeuvre -- qui je dois bien le reconnaître me hérisse dès qu'on touche aux rondels ! -- c'est le non respect de l'auteur et de l'oeuvre citée que je dénonce.

J'ai remarqué, dans les deux univers que je connais le mieux (les enseignants et les linguistes), cette fâcheuse manie de ne pas donner le nom de l'auteur quand on fait une citation.

Cette rigueur qui consiste à indiquer le nom de l'auteur, et aussi à donner la citation entre guillemets, m'a été enseignée par mes maîtres de la communale à la Sorbonne. Hélas toutes ces valeurs ont foutu le camp !

L'internet est un fabuleux outil de communication, où le savoir n'est plus déverser du haut de la pyrammide magstrale, mais où il est partagé entre les pauvres "petits moucherons que nous sommes" (*) englués dans la grande Toile !
Mais, on veut tout y dire, plus vite que son voisin, on copie-colle, et on oublie les guillemets, le nom de l'auteur et tout le respect qui va avec !

Je dois dire que nos combats seront perdus d'avance, à nous, militants des minorités (espérantistes, néo-rondelistes, etc) tant que nous agirons de la sorte !

Après ce coup de gueule un peu excessif... mais bon, y a des trucs qu'on peut pas laisser passer ! ... je vous livre in extenso ce rondel en espéranto :

Kalman Kalocsay: Montevideo 1954
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Lapenna venkis cxe Unesko
Per strategi' kaj strecxo nerva:
El la lastvica segx' observa
Grandigxis kun mirakla kresko.

Gxis alto de l' plafona fresko.
Jes, la nerezisteble verva
Lapenna venkis cxe Unesco
Per strategi' kaj strecxo nerva.

Kia sxakmajstra fosforesko
De cerbo cxiam brile serva!
Indigna, sed trankvilkonserva
Pri l' acxa Blinkenberg-burlesko,

Lapenna venkis cxe Unesko.

+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.

(*) ce vers est de Ze Bath Leurre, ami fidèle, avec qui je viens de publier un recueil de rondels intitulé "Tranche de vie - mes amours en rondels" (éditions CZ, 2004)

Voici, avec son autorisation, le rondel d'où est extrait ma citation (et qu'on peut trouver là aussi :
http://fr.groups.yahoo.com/group/CirqueZavatars/message/12145

 

RESSASSER

Petits moucherons que nous sommes,
pris dans la toile de la vie
sans voir la bête qui ravit
nos éternels rêves de mômes,

nous poursuivons tous des fantômes.
Devant mon miroir je te crie,
petit moucheron, que nous sommes
pris dans la toile de la vie.

Je ressens les premiers symptômes
de cette avide anorexie.
Où faut-il que je me replie ?
La vie n'est pas un palindrome,

Petits moucherons que nous sommes !

Ze Bath Leurre, 29 septembre 2004

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Samuel VANDERLIOZ
(pour sororimmonde)

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20 janvier 2005 4 20 /01 /janvier /2005 00:00

cet article est en fait le commentaire fait à un article lu sur un blog du Monde :
http://parole_a_tous.blog.lemonde.fr/parole_a_tous/2004/12/qui_sont_les_mi.html

*   *   *

PAS SCIENCE ET RIGUEUR DE TEMPS en temps FONT PLUS QUE etc...

Monsieur,
dans votre article vous dites : "...les missionnaires de l'english for everybody veulent nous sauver par la sainte onction de leur merveilleux idiome..."

Vous utilisez ainsi trois mots d'anglais ("english for everybody") sans en donner la traduction (en français, ou en espéranto d'ailleurs)

Je trouve ça très dommageable pour votre "démonstration" qui, en substance, dénonce l'hégémonie de l'anglais et le mépris qu'on a trop souvent à l'égard des espérantistes.

Je m'explique : en agissant ainsi, vous rejoignez inconsciemment la cohorte des "missionnaires sournois" que vous dénoncez. Oui, en ne traduisant pas ces mots anglais, vous supposez que tout le monde les comprend, et par conséquent que l'anglais est quelque part déjà hégémonique.

Oui, en cédant à cette mode d'insertion de l'anglais dans le moindre discours (y compris dans ceux qui s'y opposent), vous concourrez à cette infiltration discrète et perverse.

Voilà, Monsieur ! Je tenais à vous faire savoir mon point de vue sur cette question, qui paraît, à première vue, un détail, mais qui est lourde d'implications.

C'est d'ailleurs un "détail" qui m'a fait abandonner l'espéranto, qulques années après l'avoir appris et défendu, "détail" qui concerne le "traitement" du féminin dans la langue de Zamenhof. Si vous le souhaitez, je pourrai vous en parler.

Cordialement

Samuel Vanderlioz

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