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20 février 2002 3 20 /02 /février /2002 08:48

De : Le Zappe

Date :  Mercredi 20, Février 2002  8:48

Objet :  Le grand silence ?

 

Et alors, c'est la grosse fatigue, chez les Zavatars ???

 

APRES LA PLUIE

 

Quand la pluie a cessé, les relents de la rue

remontent un à un. C'est une odeur d'acier

mouillé et de pissat, une odeur de crassier

que l'eau a entraînées jusqu'ici, incongrues

 

presque, car le regard, sans même qu'on y pense,

se tourne vers là-haut où reluit le terril,

éclaté diamant d'un paysage pourri

dont plus rien désormais n'altère le silence,

 

hormis le sordide du quart-mondesque lot,

les râles dans l'herbe, l'été, des filles de Loth

ou le raout des rats, la nuit, faisant ripaille.

 

Car, si la terre, ici, a vomi son sang lourd,

son engeance meurtrie le lui rend chaque jour

en lui abandonnant les fruits de ses entrailles.

 

-----

 

ABATTAGE

 

Sa belle poitrine faisait craquer son casaquin.

Cinq jour par semaine, des mecs, elle en voyait pas qu'un.

Les samedis et dimanches, la belle restait sage,

voulant ménager son thorax qu'usaient ces malaxages.

Dame ! Faut voir l'état des seins, en cinq jours de béguin !

 

 

RECONVERSION

 

Les fermetures, c'est belote et rebelote.

Faillie, la Sabena, à la rue les pilotes !

L'un d'entre eux, fort marri, préfère se noyer

dans le canal. Depuis, le voyant louvoyer,

les goujons s'exclament : "Tiens, un poisson pilote !"

 

------

 

A la prochaine, les aminches.

 

El Zappe.

 
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19 février 2002 2 19 /02 /février /2002 10:00

De : Le Zappe

Date :  Mardi 19, Février 2002  10:00

Objet :  ACIDE

 

ACIDE

 

à Andras Pandy

 

Il revoit sans émoi tous ces jours lointains

déjà qu'il n'a pas vu passer. Une fatigue

sourde l'étreint le soir. Il marche sur la digue

d'hiver. Pluie et ressac. Bas, le ciel est d'étain.

 

Les ombres qui viennent, il semble les connaître :

celle-ci sur ses rails et l'autre que le vent

empêche d'avancer. Celui-là vu souvent

à rôder dans le bourg, lorgnant dans les fenêtres.

 

Et tous ceux encore dont la vie intérieure

fut murée avec soin par l'épouse ou l'amant :

les secrets, les inquiets, les sournois, les déments.

 

Et tous ceux encore que la vie antérieure

a marqués comme au fer et qui, l'apercevant,

lui font signe de loin. Une saute de vent

 

les dissout dans la nuit.

 

--------

 

Hier, débutait à Bruxelles le procès d'Andras Pandy, pasteur hongrois 

soupçonné d'avoir tué six personnes : ses deux épouses et quatre de 

ses enfants. On n'a retrouvé aucun cadavre. Par contre, dans ses 

trois domiciles, on a découvert une quantité impressionnante de 

flacons d'acide, vides. Pandy nie, malgré les accusations de sa 

fille. Il va certainement être condamné à perpétuité, et pourtant, il 

n'y a aucune preuve contre lui, puisqu'on n'a pas retrouvé la moindre 

molécule de ses six (au moins : lorsqu'il habitait en Hongrie, on 

s'était déjà posé pas mal de question au sujet de personnes qui 

l'avaient fréquenté et qui, elles aussi, avaient disparu) proches 

disparus. C'est crapuleux : même le crime parfait ne paie plus.

 

El Zappe.

 
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15 février 2002 5 15 /02 /février /2002 23:42

De : Luc_rose

Date :  Vendredi 15, Février 2002  23:42

Objet :  Re: [CirqueZavatars] soeur Agnés

 

Cet enfant qu'ils firent si leste

ils ne voulurent pas qu'on le presse

à être comme sa mère : perverse

 

donc après un moment de détresse

et deux trois confesses

ils l'habillèrent avec finesse

et la conduirent chez une comtesse

 

oui, vous avez bien compris leur bassesse

ils la donnait comme objet qu'on délaisse

sans qu'un instant la sagesse

ouvrent leurs yeux et qu'ils se détestent

au lieu de cela, ce n'était qu'allégresse

 

que peut-on dire de tant de mollesse

devant cette enfant aux petites fesses :-O Luc

 

----- Original Message ----- 

From: epicurienne85242@aol.com 

To: CirqueZavatars@yahoogroupes.fr 

Sent: Friday, February 15, 2002 7:04 PM

Subject: [CirqueZavatars] soeur Agnés

 

 

Alors que devient notre soeur Agnès ?

elle apprit la mort d'Anatole avec tristesse

celui qui lui avait fait découvrir l'ivresse

et la joie d'être maitresse

 

aujourd'hui elle joue les tigresses

et le soir dans un bar les hôtesses

elle a tout oublié de sa grande sagesse

et de sa pitoyable jeunesse

 

elle rencontra Marcel dans une kermesse

de suite il lui fit mille promesses

leur union entraîna vite une grossesse

 

Ils s'installèrent au bord de la lesse

pour accueillir dignement leur princesse

qu'ils appelèrent dolores...

 

Soeur Audrey 

 
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19 janvier 2002 6 19 /01 /janvier /2002 17:37

 

De :  LLEE MMAATT
Date :  Samedi 19, Janvier 2002  17:37
Objet :  Re: [CirqueZavatars] god mit raille

 

Ils ont inventé la mitraille
Qui vous sort du coeur tout le bleu
Je m'en moque bien et je raille
Tout ce qui peut mettre le feu.

 

Même si le monde me broie
M'asphyxie de ses pets fumants
Je garde malgré tout ma joie
Qui les ignore saintement.

 

Toute âme vive est damassée
Finement de lumière d'or.
Dans cette toile, qui s'endort 

 

Voit ses misères ramassées
Comprimés et jetés au noir
Plus sûrement qu'en un mouchoir.

 

LLEE MMAATT
mitraillez les kleenex
c'est tout ce qu'ils héritent.
 

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19 janvier 2002 6 19 /01 /janvier /2002 17:09

De : Epicurienne
Date :  Samedi 19, Janvier 2002  17:09
Objet :  un con célèbre..

 

Voici un poème de Baudelaire que j'ai détourné avec beaucoup de plaisir...
 

"les ténébres"
 

Dans le caveaux d'insondable tristesse
où le Destin m'a déjà relégué ; 
Où jamais n'entre un rayon rose et gai ; 
Où, seul avec la Nuit, maussade hôtesse, 

Je suis comme un peintre qu'un Dieu moqueur 
condamne à peindre, hélas ! sur les ténèbres ; 
Où, cuisinier aux appétits funèbres, 
Je fais bouillir et je mange mon coeur, 

Par instants brille, et s'allonge, et s'étale 
Un spectre fait de grâce et de splendeur. 
A sa rêveuse allure orientale, 

Quand il atteint sa totale grandeur, 
Je reconnais ma belle visiteuse ; 
C'est elle ! Noire et pourtant lumineuse. 


"le con célèbre"

Dans le caniveau je sombre dans l'ivresse
où les copains m'ont déjà balancé ; 
Où sur le ventre je finis l'beaujolais ; 
Où, seul dans la Nuit, j'attends maitresse, 

Je suis comme un dentiste qu'un Dieu moqueur 
condamne à soigner à la place, les vertèbres ; 
Où, corbeau des pompes funèbres, 
Je fais souffrir et je mange les coeurs, 

Un moment débile, je m'allonge, j' me rétale 
quel spectacle de honte et de malheur. 
A quelle piteuse allure de mal, 

Quand j'ai atteint de toute ma lourdeur, 
J' l'a reconnais ma belle goudronneuse ; 
C'est elle ! Noire et tellement sinueuse. 


Audrey ( j'vais prendre un bol d'air)
 

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19 janvier 2002 6 19 /01 /janvier /2002 15:42

De : Luc_rose
Date :  Samedi 19, Janvier 2002  15:42
Objet :  Prêt à rimer : REGRETS sur LE MAL de Rimbaud

 

REGRETS
 

Dans mes poches, un peu de mitraille
Et aussi deux beaux billets bleus,
Solde de la vie qui me raille
En me damnant à petit feu

 

Avant que mes rêves elle ne broie
J'ergotais chantant et fumant
Sur tous mes désirs et la joie
D'être adoré si saintement

 

J'aimais les armes damassées
Aux gardes de rubis et d'or
Mais quand votre destin s'endort

 

Sur vos souvenirs ramassés
Il ne vous reste dans le noir
Qu'à les pleurer dans un mouchoir

 

Luc Rose
 

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23 septembre 2001 7 23 /09 /septembre /2001 14:36

De :  Ze Bath Leurre

Date :  Dimanche 23, Septembre 2001  9:46

Objet :  Re: [CirqueZavatars] il est des jours

 

Dans un e-mail daté du 23/09/01 07:48:55 Paris, Madrid (heure d'été), 

Kleber1000 a écrit :

 

> Il est des jours

> (09/03/2000)

 

tiens ça me rappelle un truc que j'avais pondu il y a quelques années... je 

fouille dans mes archives....

Bon, c'est un peu poussiéreux mais ça se lit quand même...

 

Il est des jours chagrins maussades sans mystères

Dont les heures figées sur l'horloge imbécile

Epandent leur tristesse en rêveries amères

En langueur affligeante en pensées inutiles

 

Dont chaque instant qui passe est un instant futile

Il est des jours absents où même la colère

N'a le dédain qui sied à son allure austère

Où le tissu du temps obstinément s'effile

 

Il est des jours entiers que l'on passe en silence

L'esprit vautré avec totale indifférence

Dans l'espoir d'un hypothétique lendemain

 

Des jours capitonnés de nuages de brume

Où l'alcool que l'on boit les pipes que l'on fume

Ont le goût de la mort et l'odeur de l'airain

 

(1983)

 

Ze Bath Leurre

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6 avril 2001 5 06 /04 /avril /2001 06:28

De : JMF
Date :  Vendredi 6, Avril 2001  7:28
Objet :  Re : Limerick à rime riche


--- Dans CirqueZavatars, Michel Tournon a écrit
> > Je jure que je n'avais rien bu ce jour-là !
> >
> > M.

-------------

Eh bien, mon colon, on peut se demander ce que ça va donner quand tu auras bu effectivement... A mon avis, le reste de la bande recharge ses accus, parce que ça ne se bouscule pas, ces derniers jours. Pour l'instant, c'est les hémisphères de Magdebourg, sous ma boîte crânienne, pas moyen de pondre une ligne. J'espère que ça ne va pas durer trois mois, comme d'habitude, mais cela m'étonnerait parce que depuis six mois, j'ai beaucoup d'entraînement. J'ai pondu plus d'âneries ces trois premiers mois de l'année que durant les trois années précédentes. Je dois dire que j'ai des copains bretons qui n'arrêtent pas de me solliciter pour des trucs en tous genres (toujours autour de l'écriture) et que je suis incapable de dire non, ce qui m'oblige un tantiner à faire des efforts.

Je te laisse.

Voici quand même deux textes d'hier, mais ce ne sont que des pastiches de textes que j'ai découverts sur un autre site et que j'ai un chouïa remaniés. Le premier s'intitulait "Dieu d'amour et de lumière, débordant de bonté" ou quelque chose dans le genre. J'espère que ce que j'en ai fait ne choquera personne. Etant protestant, je n'aime pas trop l'étalage de certains catholiques (encore qu'il y en ait chez nous qui ne valent pas mieux et qui sont très forts pour taper des pierres dans le jardin de leurs voisins alors que le leur ressemble à une décharge) et la mystique sirupeuse ne fait gerber...

PASTI(S)(CHE)

Dieu d'humour et de bière, débordant de ta mousse,
Plus grand qu'unilever, ouvrant tous les tonneaux,
Tu t'avances vers moi, tout puissant et mahousse,
Et la foul' titubant en oublie le Pernod.

J'étais buveur de lait, j'étais de soif mourant,
Et alors tu versas ô généreux mécène
Ton breuvage en mon verre et remontas d'un cran
Mon âme défaillante et fis partir ma peine.

Immense, ta gloire! ô fût qui désaltères,
Qui m'invit' au comptoir à inonder mon coeur
D'une joie infinie sans aucune rancoeur.

Et j'écluse tes dons, je me sens Dieu le Père,
La foule des faux culs, guettant mon repassage,
A jamais me salue comme on salue un mage.

En voici un autre, toujours un original "rafistolé", mais il était un peu plus difficile à sortir, parce que comportant des bourdes syntaxiques propres à ceux qui ne se relisent pas. Ca vient d'une femme, et l'original s'intitulait "soleil blanc". Ici, j'ai pas fait la découpe ad hoc, pour la simple raison que les rimes et le nombre de syllabes étaient déjà un peu de traviole au départ.

SOLEIL NOIR

Le jour s'achève, dans sa décrépitude,
Suant sa lune vespérale sur les hachélèmes,
Le ciel est bas comme une corde à linge où seules les m--,
ouettes au teint crémeux s'accrochent encore par habitude.

Heure mourante! L'astre rentrait se zoner...
Heure vespérale, vieille à dissimuler l'indécence,
Au temps de la brouette de Zanzibar et du broutage de nénés
Chez les scouattères mal nourris que sanctionne l'indigence.

Immobilité de ce tableau qui vibre et pour cause!
Un combi de chez royco déchire le silence,
Parmi les plus adroits, on évite la contredanse,
Les autres, les yeux bleutés, inquiets, restent tout chose...

J'aspireuh ta sourceuh, ô meuf à petites goulées.
"File-moi un peu d'argent, sinon je vais encore dérouiller",
Dit-elle, "car il attend et c'est toujours pour moi les giboulées...
Alors, merci, je me tire, et... Merde, ma culotte est mouillée !!!"
________

A plus tard,

JMF.

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3 avril 2001 2 03 /04 /avril /2001 17:25

De : JMF
Date :  Mardi 3, Avril 2001  18:25
Objet :  Re : Limerick à rime riche


--- Dans CirqueZavatars, Michel a écrit
> Je vois que cette liste regorge de poètes...
> En voilà un de mon cru, écrit récemment sur une autre liste :

> C'est bien connu, l'ange Oliver protège les roux !
>
> Michel Tournon


-----

Hahaha ! Eh bien, si tous tes poèmes sont aussi navrants, on risque pas d'être souvent navré... Pour l'instant, je serais plutôt au point mort bas, question d'écriture. Ca va revenir. 

Et tous les autres, ils sont où ? déjà en vacances ?

A bientôt, et porte-toi bien.

Jean-Marie.
-----

Tiens, en voilà un, assez récent, surt les témoins de Jéhovah...

LES TEMOINS

La serviette est mince le savoir qu'elle porte
l'est davantage encor comme s'il s'agissait
d'avoir kèkchose en main pour ensuite laisser
le fil de sa salade aller au gré des portes

Peur de l'an deux mille fin du monde ou des temps
tout fait donc farine pour ces infatigables
pèlerins de l'absurde et très reconnaissables
du fait qu'ils vont par deux par bon ou mauvais temps

Ne se mariant qu'entre eux on conçoit pauvres sots
que leur sang s'appauvrit mais ils n'en veulent d'autre
à aucun prix leur Bible estimant que c'est faute

si un raisin impur abreuve leurs vaisseaux
et c'est peut-être ça qui les rend allergiques
au rouge du pinard ou de la dialectique

------- (mars 2001)

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27 mars 2001 2 27 /03 /mars /2001 19:32

De :  Ze Bath Leurre
Date :  Mardi 27, Mars 2001  20:32
Objet :  Re: [CirqueZavatars] au Nord y avait les corons


JMF a écrit :
<< j'en ai un beau à pas 100 mètres de chez
 moi, de terril, le terril de La Violette >>


Ici c'est pas des terrils ;  j'ai juste un petit square au bout de la rue...

Je connais près d'ici un joli petit parc.
Il suffit d'un instant pour en faire le tour ;
Moi, j'y flâne pourtant des heures, chaque jour.
On peut y voir, de marbre, un Cupidon à l'arc

Prêt à vous décocher une flêche d'amour ;
La passante pressée jamais ne le remarque.
S'il te plaît, je t'en prie, suspend son fil, ma Parque !
Tu dénoueras le mien avant l'heure, en retour.

Alors, aux pieds d'Eros, où tout ce qui fleurit
N'a de secret pour moi, recouvrant mes esprits
Parmi toutes ces plantes aux parfums trop secs,

Dont je sais, sans faillir, les noms latins par coeur,
Je cueillerai la plus capiteuse des fleurs :
Celle qui a pour moi le plus beau des noms grecs.

( Ze Bath Leurre - zavatarchive 204 - 27 mars 2001 )

Le Bath Leurre
> " j'aime... bien les rhododendrons "

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