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26 janvier 2002 6 26 /01 /janvier /2002 19:11

2203

- - -

 

De : Le Samovar

Date :  Samedi 26, Janvier 2002  18:11

Objet :  Petite amusette érotisée...]

 

Salut !

 

Les règles du jeu...

 

Il est un jeu que nous connaissons tous,

Un jeu dont l'ardeur attire les jouvencelles.

Et peu importe, au fond, qu'elles soient ou non pucelles,

Aucune ne veut manquer de l'histoire...le clou !

 

Certaines, plus précieuses, aiment la Botte de Nevers

Qui leur met les esprits - et le reste - à l'envers.

D'autres aiment plutôt La Nuit du Titanic,

Où l'on crie , toute pâmée : "Pas de pas nique!"

L'iceberg farceur aidera les plus chaudes

à ne jamais rester - dans ces cas-là - penaudes...

 

Le Hussard sur le toit, contre les Ste-Nitouche,

S'avance et s'écrie :"A la fin de l'envoi je bouche !"

 

...La blonde et suave Clytho adore les histoires,

Et dans le fond des draps ne demande qu'à croire

Ce que toutes ses amies, en cachette, racontent :

"Par mont et par vaux, le Vit conte... "

 

Le magicien s'avance, et sa braguette magique

Ne demande qu'un Sésame pour sortir sa trique.

La câline inspirée ne demande qu'à jouer...

Jouer à chat percé.

 

Féline, sensuelle, elle attise le débit amoureux

En lissant la Déclaration des Doigts de l'Homme,

Et rejoue l'antique partition

De La Chatte sur un Doigt brûlant.

 

Trop au lit pour être honnête,

Elle n'en perd pas pour cela la tête,

Et si elle fait des bêtises de cambrée,

Elle n'oublie pas pour autant le but de cette course:

"Ne pas avoir de mal à joindre les deux bourses!"

 

Si elle gagne, et ce sans artifices,

Elle mérite alors, et de loin, la coupe des vices.

 

Il se peut que , gourmande auntant qu'elle est volage,

Elle invite le galant à remettre le couvert :

"Cent fois sur le métier remettez votre outrage,

Vous n'avez pas encore tout découvert!"...

...Fort bien , je suis contente,

Remplissez mon attente".

 

Il arrive parfois, dans des ébats fougueux,

Qu'il efffleure - ô surprise - un endroit chatouilleux

Dans ce désordre blond; au plus fort de la nuit,

Ecoutez, Messeigneurs, voilà que Clytho rit !

 

Hervé

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19 janvier 2002 6 19 /01 /janvier /2002 15:59

 

De : Le Samovar
Date :  Samedi 19, Janvier 2002  15:59
Objet :  Méfiez-vous des grille-pains...

 

Salut !
 

Un petit truc léger pour bien commencer la fin de semaine ? 
 

Toastero et Toasterette.
-------------------------
 

Je pense que ce fut la conséquence d'un incident, en fait.
 

Placer une patate enveloppée d'aluminium dans le micro-ondes était la faute de mon co-locataire ; mais comme il porte des chaussettes à carreaux avec des pantalons de zouave et écoute Alice Cooper, vous ne pouvez même pas commencer à comprendre ce qu'un type comme lui peut penser.
 

Mais tout de même, une boule de feu faisant irruption dans votre cuisine, ça n'est pas bon pour l'environnement. les dégâts furent importants : cinq casseroles, la machine à café, une vieille chaise et le grille-pain.
 

Ce n'était déjà pas mal, mais l'impact réel du désastre ne devait apparaître que le lendemain matin : ma tradition de toasts et de jus d'orange était dramatiquement perturbée par l'absence de toasts. Mon co-loc s'en foutait : il mange son chocolat en poudre, arrosé d'un verre de lait...
 

Je devais résoudre ce problème rapidement, avant qu'un autre petit-déjeuner ne me glisse entre les doigts (Oui, je sais, cela peut paraître mineur et ridicule, mais c'est le genre de contrariété qui me gâche toute ma journée, me déstabilise, et me rend non seulement improductif, mais aussi frustré et parfois agressif...)
 

Ayant retrouvé mon portefeuille, je me dirigeai vers le seul endroit
capable de répondre à mes besoins...
 

Le Bazar de Popaul est un petit magasin, coincé entre un cordonnier
et un restaurant chinois.
Vous y remontez le temps, littéralement, jusqu'aux années 50.
Popaul refuse d'avoir en stock quoi que ce soit fabriqué après 1960.
Personne ne sait où il s'approvisionne, mais il a des
centaines d'étagères pleines de s dans son entrepôt, des centaines de
rangées
de mixers, des machines à laver, des horloges ou des radios...
Un endroit très intéressant, même - ou parce que ? - il est totalement désuet.
 

Popaul ressemble assez à sa marchandise : poussiéreux, antique, et ne fonctionnant pas parfaitement.
 

C'est un homme assez malingre, usé, mais très amical. Malgré ses gigantesques lunettes à montures d'écailles, il ne voit pas bien, et vous entendez souvent des bruits de chute lorsqu'il fouille une étagère.
 

...Au bout de cinq minutes, il remarqua quand même ma présence et me lança un grand sourire édenté.
- Salut ! Ca fait une paye !
 

J'ai oublié de mentionner quelque chose : devant son magasin, il y a ce distributeur de chewing gums des années 40, qui n'a pas été rempli depuis 30 ans. Personne n'en prend, bien sûr, sauf lui. Ceci explique peut-être son absence de dents...
 

- Hé bien, comment va le frigidaire ? Tu as toujours cette machine à laver de 57 ? J'ai passé des années à la réparer!
- Bien sûr !
Je mens, sans états d'âme : Si le frigidaire fonctionne encore un jour sur deux, il y a bien dix ans que mon père s'est débarrassé de la machine à laver, morte deux jours après l'achat....
- Alors ? Qu'est-ce que tu cherches ? Un composteur, un service à thé
chinois , une télévision?
- Hé bien, en fait ...
- Tu sais que je n'aime pas les télés couleur ! Ca fait mal aux yeux
et ça rend l'esprit confus. Très dangereux!
-Non. Je suis venu pour...un grille-pain.
- Pardon ?!
- Un grille-pain. Vous en avez ?
- GRILLE-PAINS!!! si j'ai des grille-pains ?
Il criait presque.
-Si tu veux un grille-pain, il y a le super-marché au bas de la rue.
Je n'ai pas de grille-pain ordinaire...
 

Je ne savais pas quoi dire.
Il reprit :
- Bon, viens avec moi dans la réserve, j'ai ce qu'il te faut !
 

Enthousiaste, il sautilla vers le fond du magasin, ouvrit une porte.
Il tourna un commutateur, et une lumière bleue tomba sur deux
grille-pains, côte-à-côte sur une étagère.
-Étonnants, non ?
J'étais étonné : ces grille-pains semblaient normaux - en acier, parfaits pour deux tranches de pain. La seule chose bizarre était qu'ils ne portaient aucune marque, nulle part. J'en fis la remarque à Popaul. 
- Je les ai construits moi-même, pendant la Grande Dépression. Ils étaient en avance pour l'époque; mes amis m'appelaient "le Roi du grille-pain" !
Il se gratta la tête . Malheureusement, ça n'a pas marché. On m'a ... volé mes idées.
Puis il grimaça :
- Mais ils ont quelque chose d'unique !
 

- Combien ?
- Ils sont sans prix ! Mais pour toi, 100 Francs.
 

Popaul prit avec précaution l'un des grille-pains et le ramena dans le magasin.
Il le plaça dans une boite qu'il enveloppa d'un demi rouleau de scotch.
Avant de me le donner, il me regarda dans les yeux :
- Fiston, prends en bien soin !
 

Il sourit, me tendit la boite, plus quelques chewing-gums, et me mit dehors...
 

Après avoir passé une demi-heure à découper le scotch, je sortis l'appareil pour l'examiner: un grille-pain tout à fait ordinaire. Je le plaçai à l'endroit habituel, encore noir du fait de l'explosion, et allai me coucher.
 

***
 

Dès que je l'utilisai, je compris la fierté de Popaul : le pain était grillé à la perfection , ni trop, ni trop peu; pas de miettes en dessous. Parfait !
Était-ce le Nirvana du petit-déjeuner ? Je n'avais pas rêvé ? Je commençais à mépriser ceux dont les toasts brûlent tous les jours. Réalisaient-ils ce qu'ils manquaient ?...
 

Pendant un mois, j'eus ainsi des petits-déjeuners parfaits. Jusqu'à ce que ça commence à se déglinguer
 

Peu à peu, des miettes s'accumulèrent sur le comptoir. Puis le grille-pain devint erratique ; le pain sortait, mais brûlé ou trop mou, avec un drôle de goût.
 

Et j'étais là, frustré, avec une machine déglinguée dans la cuisine...
 

Pendant des semaines, j'allai dans un café au coin de la rue, manger des toasts trop durs ou trop mous. Ca me rendait nerveux, frustré, et ma journée en était déséquilibrée. C'est en était trop ! En plus, le Bazar de Popaul était fermé depuis que je lui avais acheté le grille-pain...
 

Puis, des choses étranges commencèrent à se produire.
Sortant de mon lit, un matin, les cheveux en pétard, je remarquai que le grille-pain était débranché. Il était de guingois, penché sur le côté, comme s'il essayait de se dresser.
Machinalement, je le remis en place et le rebranchai.
Mais cela se reproduisit; encore; et encore;
Je n'étais plus curieux, mais choqué.
Je demandai à mon co-loc s'il ne me jouait pas un tour ;
il ricana : lui, toucher à un grille-pain ? Jamais !
 

Puis cela devint encore plus étrange. Le lendemain, je le trouvai sur le plancher, débranché et renversé. Je le ramassai et le remis à sa place.
Le jour suivant, il était sur le comptoir opposé...
Le jour d'après, il n'était même plus dans la cuisine, mais sur le sofa, assis là, sa figure d'acier me fixant, solitaire!
Et le jour d'après, il trônait sur la table à café...
 

Pendant les semaines suivantes, je le trouvai en divers endroits :
près du téléphone, dans la bibliothèque ou devant la porte d'entrée.
 

Puis il sembla se calmer. Pendant un certain temps, il resta là, sans fonctionner, presque dépressif.
 

Tout redevint normal, sauf, bien sûr, que je n'avais plus de toasts pour mon petit-déjeuner...
 

****
 

Un soir, je rentrai chez moi, pour découvrir un spectacle tout à fait étonnant : la fenêtre au-dessus de l'évier était ouverte, et sur le rebord : le grille-pain !
Il regardait la rue, 5 étages plus bas. Il semblait prêt à sauter ...
Je le ramenai en sécurité et décidai de retourner voir Popaul.
 

Je me sentais quand même un peu stupide d'arpenter la rue, mon grille-pain sous le bras...
Quand j'arrivai, le magasin était sombre, et les étagères vides...
Je fis le tour par derrière, très inquiet...
Ouf ! Popaul transportait des boites vers un camion de déménagement.
Je l'arrêtai :
- Popaul, j'ai un probl...
- OU as-tu eu CA ?!
Il fixait le grille-pain sous mon bras.
- Heu... Vous me l'avez vendu, vous vous en souvenez ?
 

Il posa ses boites.
- Je te l'ai vendu ? Moi ?
- Oui. Vous avez oublié ?
- Où avais-je la tête ? Je ne vendrai jamais cette pièce !
 

Il me le prit.
- C'est ma pièce la plus précieuse ! De plus...
Il courut dans le magasin et revint avec l'autre grille-pain.
-...de plus, il a un compagnon !
Il les posa l'un près de l'autre, et leurs résistances brillèrent.
- Merci de l'avoir ramené ! Je pense que l'un deux se serait suicidé
si la séparation avait été trop longue !
 

Il ne croyait pas si bien dire...
 


Popaul posa les deux grille-pains heureux dans une boite,
qu'il referma et qu'il posa sur le siège du conducteur.
- Oh! J'allais oublier !
Il me tendit un billet de 50 Francs.
Pas la peine de lui dire que je l'avais payé 100...
 

Alors que le camion s'éloignait, tout semblait à sa place :
Les grille-pains étaient réunis et heureux et Popaul avait un nouvel
emploi dans une ville voisine.
 

Tout le monde était satisfait, sauf moi...
 

Pensif, j'ai remonté la rue ; en passant devant l'épicerie,
j'ai acheté une grande boite de céréales pour mon petit-déjeuner...
 

--
Bon toasts...quand même !

Hervé
 

--
hbaudouy@videotron.ca
http://www.multimania.com/herweb/humour.htm
 

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12 janvier 2002 6 12 /01 /janvier /2002 18:40

De :  Herve Baudouy 

Date :  Samedi 12, Janvier 2002  18:40

Objet :  Pour les amateurs de "voyages"...

 

Salut à tous !

 

L'Agent de Voyages.

 

J'ai toujours entretenu avec le travail des rapports distants et néanmoins respectueux.

Je n'ai jamais trouvé une occupation rémunérée "amusante". Pendant des années, j'ai été le mouton noir de la famille. 

- "Tes vacances permanentes se passent bien ?" 

- "Tu ne t'ennuies pas ?" 

- "Pas trop fatigué de ne rien faire ?" 

-"Tu ne veux pas faire une pause , de temps en temps, essayer de faire quelque chose ?"

Et patati, et patata...

 

En fait, je voulais faire quelque chose ! Je voulais être Rêveur !Mais les opportunités en sont rares, dans les annonces classées...On pourrait même dire que le métier n'existe pas .

Mon psychiatre dit que ce n'est pas correct, d'être rêveur : il appelle ça "grandiose".

Tiens donc ! Einstein, Colomb, et tous les autres, n'étaient que des "grandioses", tout juste bons à être gavés de pilules ?

 

Bref, je tuais le temps à coups de Prozac et de télévision, en attendant le facteur, une offre d'emploi et un travail amusant.

 

Si on m'avait dit qu'une visite à mon oncle David changerait ma vie - et celles de quelques autres - , j'aurais ricané sinistrement... Comme si une de ses inventions bizarro-fumeuses et/ou explosives pouvait changer ou améliorer quoi que ce soit !

Il a inventé une fourchette électrique qui lui a percé les oreilles - et ça, bien avant que ce soit la mode !Vous riez de vos professeurs distraits ou carrément fous ? Vous n'avez pas rencontré Oncle David : David-Casse-Tout-Et-Trouve-Rien...

En fait, c'était lui, le mouton noir, pas moi ! Je ne lui arrivais pas au sabot !

 

Quand je suis arrivé chez lui, l'accueil fut le même que d'habitude : une explosion, de la fumée et des débris divers jaillissant de partout ; une cafetière supersonique ? Une télé photonique ? Une brouette à décollage Vertical ? ...

 

 

Il apparut à la porte, toussant , cherchant sa respiration, la veste en lambeaux et son pantalon transformé en short. Il me fit entrer, onclement amical - "comme c'est gentil d'être passé" , 

et toutes ces sortes de choses... Il m'emmena directement dans son laboratoire, au sous-sol. 

Il avait quelques incendies à éteindre, d'abord. Puis on s'est assis sur un divan rescapé, et on a déroulé le fil normal des commérages familiaux.

Ensuite, j'ai eu droit à une visite guidée de sa caverne magique. De nouvelles inventions infernales - et puantes... Il ne trouvait plus son lave-vaisselle supersonique :

- Il doit être monté au grenier; viens voir ça, plutôt.

 

Et il me montra...la Chose - laquelle, sans doute frileuse, s'abritait sous une couverture.

Il souleva le tissu avec respect. Bien sûr, je lui demandai ce que c'était, avec l'idée que tout cela n'était pas vraiment innocent. Ca ressemblait à un croisement entre une auto-tamponneuse et un sofa aménagé, le tout revu par Picasso et carrossé par le Père Ubu.

Une ribambelle de lampes clignotantes, trois mètres de long. Ca m'a fait penser à un accessoire de télévision, pour ces émissions de jeux qui aident à ne pas penser...

 

J'ai éclaté de rire, et ça a choqué Tonton... Il s'est lancé dans une tirade sur son invention, et c'était si complètement compliqué, qu'à côté, la navette spatiale, c'était un jeu de Lego...

- Le chef-d'œuvre dont tu te moques est peut-être ma plus grande 

invention. C'est ma Machine à voyager dans le temps. Elle replie le Temps grâce à une complexe mais très savante séparation de..." 

Quand il est arrivé au charabia scientifique, je l'ai arrêté. Vieille technique

- Super ! 

Mais il fallait relancer : il attendait que je dise quelque chose.

- Et ça fonctionne ?...

- Bien sûr ! Mais il y a un bug...Enfin, je pense que c'est un bug. Peut-être que c'est une bonne chose déguisée en bug. Elle remonte le temps, bien sûr, mais dans d'autres réalités ; ce qui fait que, si tu changes quelque chose, ça n'affecte pas forcément notre réalité... J'ai remonté le temps, et je me suis bien marré - et de nombreuses manières! - avec Marie Curie... J'ai mis de la marijuana dans la pipe d'Einstein ; tu sais quoi ? si tu penses que sa théorie de la Relativité est bizarre, t'aurais dû entendre ce qu'il sortait après avoir fumé ma "spéciale" ! Je suis remonté jusqu'à Cléopâtre, et je l'ai emmenée passer un week-end cochon à Acapulco..."

Il éclata de rire.

Je dois l'admettre : l'idée d'aller batifoler avec des gens du passé me plaisait ; je pouvais me payer des Modigliani pour quelques francs, et les revendre pour des millions. Bon, il faudrait d'abord chercher s'il avait existé des Modigliani perdus ou brûlés, puis remonter le temps, et acheter ceux-là ; sinon, on se retrouverait avec deux tableaux identiques, sauf que le mien, ayant l'air neuf, aurait passé pour faux...(Sans être "faux" il aurait été "anachronique", disons...) Il faut penser à tout...

J'ai demandé à mon oncle si on pouvait ramener des objets : une pièce par ci, une peinture par là. Il n'en était pas sûr, il n'avait pas essayé. A suivre...

 

La visite terminée, il m'a emmené dans son "reposoir" . Un bon sofa, de la musique, un bon verre de gin. Après le troisième verre, il s'est endormi tranquillement...

 

Sa machine m'obsédait. Je n'étais pas convaincu qu'elle fonctionnait, mais allez savoir...

C'était cette incertitude qui me titillait.

Et si ça marchait ? Je fantasmais sur une remontée du temps qui me permettrait de coller une grande baffe à Robespierre, de dire son fait à Napoléon, et de me payer un week-end "gaulois" à Deauville avec Sarah Bernhard...ou bien assister à la construction des Pyramides, les filmer, et voir combien je pouvais gagner avec ça...

 

C'est alors que le déclic s'est produit. J'ai bondi de mon fauteuil, en criant Eurêka - comme l'autre en retrouvant son savon. Je tenais mon idée ! Je pouvais emmener des amis, ou d'autres gens, dans des endroits comme les Pyramides ou le Parthénon, et les faire payer pour le voyage. Ou bien emmener des étudiants ou des historiens pour leurs recherches. Pourquoi se contenter de livres, quand on peut avoir une interview de Ravaillac ou de Danton; c'est vrai que ça poserait des problèmes de voir apparaître dans les notes ou dans la bibliographie: "Entrevue avec Danton - Août 1794" ...

 

Des billets de banque dansaient devant mes yeux. Je pouvais remonter le temps et parier à coup sûr - chevaux, loteries, tout pour moi ! Un monde de possibilités ! Très agité, je suis retourné au laboratoire. J'ai ôté la couverture du siège magique. Je me suis assis et j'ai

enfoncé le seul bouton visible... Une voix métallique est sortie d'un haut-parleur 

sur le tableau de bord :

- Où voulez-vous aller ? 

Ah ! Je n'avais pas pensé à ça ! Où et quand ? Des lieux et des personnages défilèrent à toute allure dans ma tête, sans s'arrêter sur quelque chose de précis... La voix répéta la

question…

... J'ai choisi un endroit : Dakota Building, à New York. Sans doute parce que j'écoutais Double Fantasy vingt fois par jour depuis une semaine. Ca laisse des traces ...Je pourrai peut-être flâner autour du bâtiment...

 

La voix demanda une date.

- 8 décembre 1980.

- A quelle heure ? 

- Oh...Environ 9 heures du soir, heure de l'Est.

 

Il y eut un grincement de cavalerie électronique, la chose trembla, des lumières clignotèrent violemment. Je ressentis une grande électricité statique autour de moi... et j'étais dans la rue, en face du Dakota Building. La nuit était froide, très froide, et très sombre. Je distinguai à peine le porche qui menait à la cour intérieure, ou les gens qui passaient.

 

Puis je remarquai une personne en particulier, qui semblait flâner innocemment, comme s'il attendait l'autobus. Je savais qui il était. Il avait quelque chose dans la main droite. Je savais que c'était un livre ; je savais même quel livre. Je commençais à avoir quelques idées. C'était comme une vision qui s'habillait de réalité. Une voiture passa, fenêtre ouvertes, ce que je trouvai bizarre à cette époque de l'année.

Je reconnus la chanson "Cousin Kevin" des Who...C'était un signe...

-Eh! Vous ! Que faites-vous là ? lançai-je en traversant la rue.

Le type semblait nerveux. Je devais l'avoir dérangé dans le cours de ses réflexions.

- Je me balade… Ou je vais rencontrer une célébrité… Vous savez qui habite là, n'est-ce-pas ?

- Non. Qui ?

L'homme me regarda, puis tourna la tête comme s'il voulait sourire sans me le montrer, pour ne pas me vexer.

- John Lennon! Il vit ici, avec cette Yoko.

- Vraiment ? 

Je fis celui que ça n'impressionnait pas. Cela sembla lui déplaire ; il m'ignora.

Là et maintenant, je voulais lui casser la gueule ! Je savais qui il était. C'est alors que je me souvins des paroles de mon oncle : une autre réalité...; et je pouvais y faire ce qui me plairait, sans affecter la suite de l'Histoire. Je jetai un œil sur  ma machine, juste à temps pour surprendre une femme qui cherchait à s'y installer...

- Eh! Vous, là-bas ! Ne vous gênez pas! Fichez le camp, ce truc est à moi !

Je traversai la rue en courant. Elle cracha vers moi, puis s'enfuit dans la nuit.

 

Je retournai mon regard vers le sale type. Il semblait se parler  à lui-même. Je n'entendais rien, avec le bruit des voitures… Je traversai la rue. Je savais que je devais faire quelque chose. Ma montre indiquait presque 10 heures. Je ne savais plus à quelle heure John et Yoko sont arrivés...ou devaient arriver plutôt, mais c'était un peu après 10 heures, je crois.

 

Il fallait agir, mais j'avais peur. Je ne suis pas violent, je ne suis pas méchant. Je ne me souviens même pas quand j'ai frappé quelqu'un pour la dernière fois... En dépit du froid très vif, je transpirais comme un porc. Mon coeur battait au grand galop. J'étais terrifié.

Je me suis éloigné; je ne savais pas si je devais quitter les lieux ou... Mais la machine ? Sans surveillance, quelqu'un la volerait et je serais bloqué ici...

 

Au coin de la rue, j'ai buté sur un gros bout de bois, de la taille d'un gourdin. C'était maintenant ou jamais ! Je tremblais en saisissant le bâton... Et je me suis senti traverser la rue en courant, puis frapper le type violemment; comme s'il y avait deux moi, et que j'observais l'autre agir... Les coups résonnaient comme lorsqu'on frappe un sac de sable humide. Étrange, non ? 

 

Puis ce fut comme si je retournais à un état primal, comme un gorille ou un singe, en frappant ce type avec acharnement. J'étais indifférent au sang qui giclait sur mes vêtements et ma figure. Quand vous avez vu quelques centaines de films d'horreur ou Rocky N+1, vous vous habituez, je pense. Des voitures passaient, mais tout se termina si vite que personne ne le remarqua.

 

Quand la cervelle du type se répandit sur le trottoir, j'ai mouillé mes pantalons. Des sirènes de police hululaient au loin. Le gardien de l'immeuble sortit et se mit à hurler. Je fonçais en zigzagant entre les voitures vers ma machine, et sautai sur le siège. La voix me demanda si je voulais retourner à mon point de départ; je hurlai que oui. Et vite ! Au moment où la machine se mit à cliqueter, je vis un quarteron de flics apparaître au coin de la rue… Ils s'évanouirent dans le temps et, en quelques instants, j'étais de retour dans le laboratoire de mon oncle.

 

Je n'avais pas regardé l'heure, lors de mon départ, mais je pense que je suis revenu exactement à la même heure.  Encore un effet secondaire, sans doute...

 

En dépit de mes pantalons détrempés, j'étais profondément satisfait, libéré de toute la haine accumulée en moi. Je me sentais  merveilleusement bien. C'était indicible... un autre homme, un homme nouveau... Et c'était un sentiment tellement fort, que des gens payeraient, et cher, pour connaitre cela. J'en étais sûr !

 

J'ai concocté un arrangement avec mon oncle. Et finalement, ça lui a rapporté assez d'argent pour continuer ses recherches.  En trois mois, nous faisions "naviguer" trois machines à plein rendement. Étonnant - et amusant - de voir les gens faire la queue, munis d'armes diverses, uniquement pour retourner au 8 décembre,  et fracasser la tronche du type qui a flingué John Lennon ... Il y avait des punks, des rockers à l'allure effrayante, avec des chaines et des bâtons de base-ball hérissés de clous;  des types genre "pan de mur-catcheur", avec des excroissances musculaires fascinantes...

 

Bien sûr, il y avait des clients pour aller discuter avec Einstein, faire la nouba avec Hemingway,  écouter des vers chez Racine, ou bien se taper un week-end érotique avec Cléopâtre...

 

Vous seriez surpris par la capacité des gens à imaginer ce qu'ils vont faire subir aux autres, quand ils ont la certitude de s'en tirer sans une égratignure. Je ne sais pas si mon psychiatre appellerait cela "grandiose"...

 

Avec le tas d'argent qui grandissait, je ne me posais plus, depuis longtemps, de question sur ma place dans la vie, et dans ce monde... Ca n'a pas fait de mal non plus à mon image de marque dans la famille... Mon petit frère veut retourner dans son passé pour revivre la nuit où  il a rencontré sa petite amie et...bref, encore un fantasme.

Dans les mois qui viennent, je raconterai d'autres inventions de mon

oncle.. Mais pour l'instant, j'ai une envie terrible et urgente de retourner au

"Dakota" pour casser la gueule à un certain M. Chapman...

 

--

Bonne fin de semaine !

Hervé

 

--

hbaudouy@videotron.ca

http://www.multimania.com/herweb/humour.htm

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8 janvier 2002 2 08 /01 /janvier /2002 16:18

De : Le Samovar

Date :  Mardi 8, Janvier 2002  16:18

Objet :  Re: A propos de neige... :-)

 

--- In CirqueZavatars, Ze Bath Leurre wrote:

> Dans un e-mail daté du 05/01/2002 02:57:24 Paris, Madrid, 

Le Samovar a écrit : 

> > ...

> > Neighomme Enragé

> > 

> > L'hiver, dans ces vallées isolées, 

> T'as un joli coup de clavier, Hervé ! je dois dire que je me suis 

régaler en lisant cette "nouvellette" pas piquée des vers !

 

Merci !

 

Je suis plus à l'aise dans ce style-là...:-)

Quoique...faire des vers aussi, j'aime bien, à l'occasion...

 

Tiens, un p'tit poème "biblique" ...:-)

 

LE SERPENT ET LA POMME

 

Bricoleur de génie, à l'imagination fertile, 

Le Jardinier Céleste, lassé d'être futile, 

Se dit - en aparté bien que seul en ces lieux:

"Eh bien, pour me détendre, amusons-nous un peu!"

D'une once de poussière, mêlée d'un litre d'eau,

Il pétrit une pâte et ,s'installant au tour,

Bon potier , il façonne quelque chose de beau,

Polit et repolit la chose en ses contours.

Fier de lui, sans faiblir, il redouble d'efforts

Et fait une réplique - bien qu'un peu différente :

Il en met plus en haut, et beaucoup moins en bas,

Des collines, des vallons, des rondeurs affolantes...

Il décore son oeuvre de mirifiques appâts.

 

Il leur donne un jardin et licence d'y vivre,

Mais jaloux de ses pommes et de ce vieux bon cidre,

Il les tance vertement : "Oubliez ce pommier!

Ou bien gare ! Vous seriez ennuyés ! "

(Il dit un autre mot, que je ne peux répéter...)

Toutes les mères le savent : "Dire non aux enfants ?

Ils feront le contraire, c'est bien plus amusant ! "

 

Un soir dans le Jardin, le Maitre étant parti

Vers quelque bar externe, la femme et le mari

S'approchèrent du pommier , tremblants et fascinés.

"Chéri, ce pommier m'intéresse!", souffla la dulcinée,

"Et je voudrais tant qu'on s'en paye une tranche !"

Le compère, fort inquiet et sans allégresse,

Se gratte la tète, se gratte les fesses,

Et Considère, trés songeur, la pomme sur sa branche.

 

Un serpent trottinnant vaquait à ses affaires:

(En ces temps fabuleux les animaux parlaient,

et le plus étonannt : même le serpent marchait !)

Badinant, tentateur, il leur dit de le faire !

"Mais c'est mal, dit Adam, et le propriétaire

Pourrait, dans sa colère, nous expulser des terres"

Eve fit son oeil de velours et un calin glouton:

"Chéri, fais-moi plaisir et cueuille cete pomme, 

Je saurais te montrer que tu es bien un Homme !"

"Ma pomme ! " chantaient Eve et le serpent à l'unisson ...

 

Le mari prend la pomme et la donne à sa femme

Laquelle le remercie avec toute sa flamme... 

Et ils glisent tous deux, langoureux, en une sieste 

Orgiaque et digestive (*) , c'est alors que :"Peste !"

Crie le mari , "le Proprio est là , il est revenu.

S'il nous voit, il pourrait nous jeter à la rue!"

Ils se cachent tous deux derrière une feuille de vigne

Mais le Boss se rit de ces masques insignes.

Furieux et courroucé, le Patron gesticule,

La voix tonnante et sans aucun préambule, 

Les sermonne violemment , comme un vrai Père Ronchon:

"Vous êtes virés d'ici ! Et je garde la caution !" 

 

 

Stupéfaits , ahuris, les deux ex-locataires,

Bras-dessus, bras-dessous, trottinnent vers la Sortie.

On pourrait finir là cette histoire rudimentaire,

Mais une fable, sans morale, ne saurait pas finir.

 

****

 

Enfants , si m'en croyez, ne touchez pas la Pomme!

Etre viré pour ça, c'est par trop agaçant .

Contournez le problème, en ces jours de l'atome,

Prenez donc une prune, c'est beaucoup plus prudent !

 

****

 

Et l'Hôte de ces bois, solitaire et gêné

Pensa : "Qu'est-ce que je vais m'ennuyer!"...

 

----

(*) Carré blanc à la demande du Vatican...

 

Hervé

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5 janvier 2002 6 05 /01 /janvier /2002 01:52

De : Le Samovar

Date :  Samedi 5, Janvier 2002  1:52

Objet :  A propos de neige... :-)

 

 

Salut à tous !

 

Après en avoir conféré avec Ze Chef, je vous passe un texte que j'avais écrit pour Noel  (si,si...:-), l'an dernier.

 

Après avoir essayé les limericks, je dois dire que ce n'est pas une réussite...:-)

Et j'admire les vôtres, par contre...Tout comme le poème à plusieurs mains.

 

En fait , j'aime surtout raconter des histoires... drôles ou moins drôles...

 

Celle-ci est...neigeuse :-)

 

Bonne lecture !

Bonne fin de semaine à tous.

Hervé

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Neighomme Enragé

 

L'hiver, dans ces vallées isolées, cernées de montagnes et de forêts, est toujours d'un froid glacial, et blanc comme un drap fraîchement lavé.

 

L'excès de neige ennuie toujours les adultes oublieux, pressés, occupés ; mais, pour les enfants, c'est un terrain de jeux surveillé par de souriants bonhommes de neige aux yeux en boutons et aux bras nus...

 

Là comme ailleurs, des dizaines d'enfants roulent et façonnent la blanche poudre...

 

Ces figures muettes se tiennent en sentinelle, devant des fenêtres peintes, derrière lesquelles un enfant sourit, jusqu'aux premiers rayons du printemps (sauf si un grand-frère stupide ne le détruit pas avant - ce qui est souvent le cas)

 

Quand Pierrot eut fini de mettre la dernière touche à son bonhomme - avec des jetons de poker, une casquette à damier, deux longueurs de tuyau d'aspirateur et un faux-nez de clown - ses mitaines et ses vêtements étaient trempés. Et c'était le crépuscule, l'heure à laquelle tous les enfants comme Pierrot laissent leurs bottes et leurs costumes de neige empilés près de la porte , et entrent dans des cuisines chaudes...

Pierrot, comme tous les autres, prit son dîner, puis joua avec sa Nintendo ; il se plongea ensuite dans une bande dessinée; à 10 heures, il sourit à son bonhomme de neige par la fenêtre, et s'enfouit sous sa couette et dans ses rêves pour la nuit...

 

...Peu après 3 heures du matin, alors qu'il dormait du sommeil tranquille d'un enfant de 7 ans, un voyant rouge clignota subitement sur la console du centre de contrôle du réacteur nucléaire, situé à quelques kilomètres du village.

 

Une fuite !

 

Mais le réacteur se coupa si vite, et le problème se régla de lui-même si rapidement, sans intervention humaine, que les alarmes ne résonnèrent pas ; la fuite ne se propagea pas au-delà de la zone jaune du troisième mur protecteur en plomb.

 

C'était un accident mineur, de priorité minimale, et le nettoyage se fit de manière automatisée. Les compteurs ne détectèrent pas plus qu'une augmentation de quelques

rads ; le surveillant-chef de service ne fut donc pas obligé d'en référer à ses supérieurs ; il enregistra le fait dans le Journal de Service, puis allongea ses pieds sur le bureau et se remit à ronfler...

 

... Mais quelques ions obstinés parvinrent à s'échapper dans l'atmosphère ; s'ils s'étaient contentés de s'élever vers les couches supérieures de l'atmosphère, au lieu d'être emportés par la brise vers le bonhomme de neige de Pierrot, il n'y aurait eu rien de plus à en dire, et tout aurait continué comme avant dans la petite vallée...

 

"Plus une technologie est avancée, moins elle se distingue de la magie", comme dit l'expression... Et c'est bien ce qui se produisit. Quelque part dans une dimension à cheval entre la physique et la sorcellerie, ces quelques ions radioactifs (normalement inoffensifs ) touchèrent le bonhomme de neige  de Pierrot, et , comme la baguette d'une fée, lui donnèrent la vie...

 

Mais une malheureuse coïncidence transforma cette curiosité miraculeuse en un sort funeste, car un chien enragé faisait ses besoins contre le bonhomme de neige au moment où celui-ci s'anima. Lorsque le bonhomme prit sa première inspiration, le chien sursauta sous le choc, et arracha un morceau de neige, en le mordant furieusement, puis s'enfuit en hurlant...

 

...Quand le bonhomme de neige de Pierrot eut fini d'apprendre à glisser (il ne pouvait guère marcher...), on était le 24 décembre, il était en plein délire psychotique, et de la bave coulait de sa bouche (on ne le remarqua pas, car la salive se camoufla dans la neige)

 

L'habitation la plus proche, bien sûr, était la maison de Pierrot. Le bonhomme enragé parvint  à y pénétrer , et à trouver la chambre des parents. Sans une hésitation, il les assomma et les tua avec une table de nuit récemment achetée dans une vente aux enchères (Ce ne fut pas facile ,car le bonhomme n'avait pas vraiment de mains, mais des bras faits de tuyaux d'aspirateur. Mais il était très fort, très intelligent, et très enragé). C'était un salaud froid. La sœur de Pierrot fut la victime suivante. La police en

découvrit certains morceaux enfoncés dans le compacteur, et d'autres collés au mur de sa chambre...pourtant ses restes complets ne furent jamais retrouvés...

 

Pierrot fut réveillé par les cris de sa sœur; il n'eut que le temps de laisser un message

sur son oreiller, avec son feutre rouge : "C'est le bonhomme de neige...", avant que l'enragé n'enfonce la porte et ne le traîne hors de la maison  (l'enquête révéla aussi que l'arbre de Noël avait été mis en pièces , et tous les jouets détruits)

 

Le corps de Pierrot ne fut retrouvé qu'en avril, quand la neige fondit; un agriculteur, en retournant son champ, le découvrit. Bien sûr, le message laissé par Pierrot parut insensé  à la police - jusqu'à ce que des rapports commencent à arriver , au sujet d'un homme déguisé en bonhomme de neige, rôdant dans les rues le soir, et pénétrant dans les maisons... Quelques témoins (avec des jumelles) affirmèrent avoir vu de la salive couler de la bouche du suspect,  lorsqu'il se retournait et les regardait. (Inutile de préciser que nombreux furent ceux qui parlèrent du Yéti ou d'enlèvement par des extra-terrestres , et qui s'en donnèrent à cœur joie dans les média, ainsi que dans des sectes marginales et un peu écervelées)

 

Après que quelques familles aient ainsi été massacrées, dans les villes voisines, la police réalisa qu'elle avait affaire à un tueur en série - surnommé le "Neighomme Enragé".

 

Il ne fut jamais pris, et les meurtres continuèrent ; en mars, vingt-cinq familles et arbres de Noël (avec leurs jouets afférents) avaient été liquidés.

 

Puis, soudain, le Printemps éclata ; la neige fondit, et les meurtres cessèrent...pour toujours.

 

L'Affaire du Neighomme Enragé demeure une énigme non résolue, les preuves étant si minces...

 

Dans un terrain vague d'un des villages terrorisés, une fillette qui jouait à la marelle trouva les pièces suivantes : des jetons rouges, une casquette à damier, deux morceaux de tuyau d'aspirateur, un faux nez de clown, et une mitaine imprégnée de feutre rouge .

Tous ces articles, sauf le dernier, correspondaient à la description du bonhomme de neige de Pierrot. Et, graçe à la trace de feutre en forme de "i", ou de point d'exclamation comme le pensent certains enquêteurs, la mitaine fut formellement identifiée comme ayant appartenu à Pierrot...

 

...Les meurtres ont cessé pour toujours... 

...Vraiment ?...

 

Hervé

 

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hbaudouy

http://www.multimania.com/herweb/humour.htm

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