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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 10:14

Voici un poème que Victor Hugo a écrit le 29 septembre 1817 (il avait alors 15 ans !) :

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OCEAN

VERS DE JEUNESSE

A MAMAN,

pour le jour de sa fête : Sainte-Sophie

Tous les ans mon luth empressé
Chante cette heureuse journée,
Te redirai-je cette année
Ce que je t'ai dit l'an passé ?
Peindrai-je toujours ma tendresse.
Mon respect et mon allégresse,
Et longs vers tirés au compas ?
Pardonne : en t'offrant ce gage,
je voudrais changer de langage,
c'est mon coeur qui ne le veut pas.

29 septembre 1817

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 10:09

Voici un poème que Victor Hugo a écrit le 28 septembre 1837 :
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LES RAYONS ET LES OMBRES

XLIII - NUITS DE JUIN

 

L'été, lorsque le jour a fui, de fleurs couverte

La plaine verse au loin un parfum enivrant ;

Les yeux fermés, l'oreille aux rumeurs entrouverte,

On ne dort qu'à demi d'un sommeil transparent.

 

Les astres sont plus purs, l'ombre paraît meilleure ;

Un vague demi-jour teint le dôme éternel ;

Et l'aube douce et pâle, en attendant son heure,

Semble toute la nuit errer au bas du ciel.

28 septembre 1837

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27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 10:03

Voici un poème que Victor Hugo a écrit un 27 septembre, sans mention de la l'année :
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LES CHANSONS DES RUES ET DES BOIS

LIVRE PREMIER - JEUNESSE

IV - POUR D'AUTRES

VII - CHOSES ECRITES A CRETEIL
 

Sachez qu'hier, de ma lucarne,

J'ai vu, j'ai couvert de clins d'yeux

Une fille qui dans la Marne

Lavait des torchons radieux.

 

Près d'un vieux pont, dans les saulées,

Elle lavait, allait, venait ;

L'aube et la brise étaient mêlées

À la grâce de son bonnet.

 

Je la voyais de loin. Sa mante

L'entourait de plis palpitants.

Aux folles broussailles qu'augmente

L'intempérance du printemps,

 

Aux buissons que le vent soulève,

Que juin et mai, frais barbouilleurs,

Foulant la cuve de la sève,

Couvrent d'une écume de fleurs,

 

Aux sureaux pleins de mouches sombres,

Aux genêts du bord, tous divers

Aux joncs échevelant leurs ombres

Dans la lumière des flots verts,

 

Elle accrochait des loques blanches,

Je ne sais quels haillons charmants

Qui me jetaient, parmi les branches,

De profonds éblouissements.

 

Ces nippes, dans l'aube dorée,

Semblaient, sous l'aulne et le bouleau,

Les blancs cygnes de Cythérée

Battant de l'aile au bord de l'eau.

 

Des cupidons, fraîche couvée,

Me montraient son pied fait au tour ;

Sa jupe semblait relevée

Par le petit doigt de l'amour.

 

On voyait, je vous le déclare,

Un peu plus haut que le genou.

Sous un pampre un vieux faune hilare

Murmurait tout bas : Casse-cou !

 

Je quittai ma chambre d'auberge,

En souriant comme un bandit ;

Et je descendis sur la berge

Qu'une herbe, glissante, verdit.

 

Je pris un air incendiaire

Je m'adossai contre un pilier,

Et je lui dis : « Ô lavandière !

(Blanchisseuse étant familier)

 

« L'oiseau gazouille, l'agneau bêle,

« Gloire à ce rivage écarté !

« Lavandière, vous êtes belle.

« Votre rire est de la clarté.

 

« Je suis capable de faiblesses.

« Ô lavandière, quel beau jour !

« Les fauvettes sont des drôlesses

« Qui chantent des chansons d'amour.

 

« Voilà six mille ans que les roses

« Conseillent, en se prodiguant,

« L'amour aux coeurs les plus moroses.

« Avril est un vieil intrigant.

 

« Les rois sont ceux qu'adorent celles

« Qui sont charmantes comme vous ;

« La Marne est pleine d'étincelles ;

« Femme, le ciel immense est doux.

 

« Ô laveuse à la taille mince

« Qui vous aime est dans un palais.

« Si vous vouliez, je serais prince ;

« Je serais dieu, si tu voulais. — »

 

La blanchisseuse, gaie et tendre,

Sourit, et, dans le hameau noir,

Sa mère au loin cessa d'entendre

Le bruit vertueux du battoir.

 

Les vieillards grondent et reprochent,

Mais, ô jeunesse ! il faut oser.

Deux sourires qui se rapprochent

Finissent par faire un baiser.

 

Je m'arrête. L'idylle est douce,

Mais ne veut pas, je vous le dis,

Qu'au delà du baiser on pousse

La peinture du paradis.

27 septembre

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26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 09:57

Voici un poème que Victor Hugo a daté du 26 septembre 1875 :

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TOUTE LA LYRE

LES SEPT CORDES - IV

XLV - CHANSON DE CELLE QUI N'A PAS PARLE

 

L'énigme ne dit pas son mot.

Les flèches d'or ont des piqûres

Dont on ne parle pas tout haut.

Souvent, sous les branches obscures,

 

Plus d'un tendre oiseau se perdit.

Vous m'avez souvent dit : je t'aime !

Et je ne vous l'ai jamais dit.

Vous prodiguiez le cri suprême,

 

Je refusai l’aveu profond.
Le lac bleu sous la lune rêve
Et, muet, dans la nuit se fond ;
L’eau se tait quand l’astre se lève.

L’avez-vous donc trouvé mauvais ?
En se taisant le cœur se creuse.
Et, quand vous étiez là, j’avais
Le doux tremblement d’être heureuse.

Vous parliez trop, moi pas assez.
L’amour commence par de l’ombre ;
Les nids du grand jour sont blessés,
Les choses ont leur pudeur sombre.

Aujourd’hui – comme, au vent du soir,
L’arbre tristement se balance ! -
Vous me quittez, n’ayant pu voir
Mon âme à travers mon silence.

Soit. Nous allons nous séparer.
- Oh ! comme la forêt soupire ! -
Demain qui me verra pleurer
Peut-être vous verra sourire.

Ce doux mot, qu’il faut effacer,
- Je t’aime – aujourd’hui me déchire ;
Vous le disiez sans le penser,
Moi, je le pensais sans le dire.

26 septembre 1875

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25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 18:39

N'ayant pas trouvé de poème de Victor Hugo daté du 25 septembre, je vous propose ce poème écrit en septembre 1855, sans mention du jour :

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LES CONTEMPLATIONS
 

LIVRE CINQUIEME - EN MARCHE

XVIII - APPARITION

 

Je vis un ange blanc qui passait sur ma tête ;

Son vol éblouissant apaisait la tempête,

Et faisait taire au loin la mer pleine de bruit.

- Qu'est-ce que tu viens faire, ange, dans cette nuit ?

Lui dis-je. - Il répondit : - je viens prendre ton âme. -

Et j'eus peur, car je vis que c'était une femme ;

Et je lui dis, tremblant et lui tendant les bras :

- Que me restera-t-il ? car tu t'envoleras. -

Il ne répondit pas ; le ciel que l'ombre assiège

S'éteignait... - Si tu prends mon âme, m'écriai-je,

Où l'emporteras-tu ? montre-moi dans quel lieu.

Il se taisait toujours. - Ô passant du ciel bleu,

Es-tu la mort ? lui dis-je, ou bien es-tu la vie ? -

Et la nuit augmentait sur mon âme ravie,

Et l'ange devint noir, et dit : - Je suis l'amour.

Mais son front sombre était plus charmant que le jour,

Et je voyais, dans l'ombre où brillaient ses prunelles,

Les astres à travers les plumes de ses ailes.

 

Jersey, septembre 1855

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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 16:06

Voici un poème que Victor Hugo a écrit un 23 septembre, sans mention de l'année :

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LES CHANSONS DES RUES ET DES BOIS

LIVRE DEUXIEME - SAGESSE

I - AMA, CREDE

III - SAISON DES SEMAILLES. LE SOIR
 

C'est le moment crépusculaire.

J'admire, assis sous un portail,

Ce reste de jour dont s'éclaire

La dernière heure du travail.

 

Dans les terres, de nuit baignées,

Je contemple, ému, les haillons

D'un vieillard qui jette à poignées

La moisson future aux sillons.

 

Sa haute silhouette noire

Domine les profonds labours.

On sent à quel point il doit croire

A la fuite utile des jours.

 

Il marche dans la plaine immense,

Va, vient, lance la graine au loin,

Rouvre sa main, et recommence,

Et je médite, obscur témoin,

 

Pendant que, déployant ses voiles,

L'ombre, où se mêle une rumeur,

Semble élargir jusqu'aux étoiles

Le geste auguste du semeur.
 

Entre La Roche et Rochefort, 23 septembre.

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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 16:00

Voici un poème que Victor Hugo a écrit le 22 septembre 1846 :

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TOUTE LA LYRE

LES SEPT CORDES - I

XIII

 

Le calife a puni les gens de la montagne,

Ses soldats sont venus ! Allah les accompagne,

Car ils n'ont rien laissé de vivant derrière eux.

Maintenant, oh ! quel deuil dans ce champ désastreux !

Les os de tout un peuple y gisent dans les pierres.

Le vautour décharné, l'aigle aux rouges paupières

Sont là seuls, triomphants, joyeux, le bec ouvert.

Tout est mort. Le chemin qui va dans le désert

Semble dallé, depuis Agra jusqu'à Nicée,

De tous ces crânes blancs qui couvrent la chaussée ;

Et quand des chameliers passent dans cet endroit,

Le plus vieux, l'oeil fixé sur un poteau qu'on voit,

Lit cette inscription au groupe qui l'écoute :

« Les paveurs du calife ont pavé cette route. »


22 septembre 1846

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 17:11
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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 15:52

Voici un poème que Victor Hugo a écrit le 20 septembre 1865 :

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LES CHANSONS DES RUES ET DES BOIS

LIVRE DEUXIEME - SAGESSE

III - LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE

VIII - LA MERIDIENNE DU LION
 

Le lion dort, seul sous sa voûte.

Il dort de ce puissant sommeil

De la sieste, auquel s'ajoute,

Comme un poids sombre, le soleil.

 

Les déserts, qui de loin écoutent,

Respirent ; le maître est rentré.

Car les solitudes redoutent

Ce promeneur démesuré.

 

Son souffle soulève son ventre ;

Son oeil de brume est submergé,

Il dort sur le pavé de l'antre,

Formidablement allongé.

 

La paix est sur son grand visage,

Et l'oubli même, car il dort.

Il a l'altier sourcil du sage

Et l'ongle tranquille du fort.

 

Midi sèche l'eau des citernes ;

Rien du sommeil ne le distrait ;

Sa gueule ressemble aux cavernes,

Et sa crinière à la forêt.

 

Il entrevoit des monts difformes,

Des Ossas et des Pélions,

A travers les songes énormes

Que peuvent faire les lions.

 

Tout se tait sur la roche plate

Où ses pas tout à l'heure erraient.

S'il remuait sa grosse patte,

Que de mouches s'envoleraient !

20 septembre 1865, route de Vlanden à Clervaux.

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 15:43

Voici un poème que Victor Hugo a écrit le 19 septembre 1834 :
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LES CHANTS DU CREPUSCULE

XXIV
 

Oh ! pour remplir de moi ta rêveuse pensée,

Tandis que tu m'attends, par la marche lassée,

Sous l'arbre au bord du lac, loin des yeux importuns,

Tandis que sous tes pieds l'odorante vallée,

Toute pleine de brume au soleil envolée,

Fume comme un beau vase où brûlent des parfums ;

 

Que tout ce que tu vois, les coteaux et les plaines,

Les doux buissons de fleurs aux charmantes haleines,

               La vitre au vif éclair,

Le pré vert, le sentier qui se noue aux villages,

Et le ravin profond débordant de feuillages

               Comme d'ondes la mer,

 

Que le bois, le jardin, la maison, la nuée,

Dont midi ronge au loin l'ombre diminuée,

Que tous les points confus qu'on voit là-bas trembler,

Que la branche aux fruits mûrs ; que la feuille séchée,

Que l'automne, déjà par septembre ébauchée,

Que tout ce qu'on entend ramper, marcher, voler,

 

Que ce réseau d'objets qui t'entoure et te presse,

Et dont l'arbre amoureux qui sur ton front se dresse

                Est le premier chaînon ;

Herbe et feuille, onde et terre, ombre, lumière et flamme,

Que tout prenne une voix, que tout devienne une âme,

               Et te dise mon nom !

Enghien, 19 septembre 1834

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