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25 mars 2001 7 25 /03 /mars /2001 18:58

De : JMF
Date :  Dimanche 25, Mars 2001  19:58
Objet :  CHEMIN CREUX


CHEMIN CREUX

J'ai largué dans la nuit mes souvenirs cuisants.
Aujourd'hui je m'en tiens à la face visible
des choses, à la seule matière, au tangible,
non plus à l'anecdote, au défilé pesant

des faces s'estompant, au silence gommé
désormais malgré que les lèvres continuent
à bouger et les mains, en poses soutenues,
à donner forme aux mots perdus à tout jamais.

Et au long des journées je refais en moi-même
ce même long chemin qui ne va nulle part
et qui reste désert car personne ici n'aime

guère s'y attarder : les esprits de la fosse
y rôdent en geignant et céans au Rempart
nul n'ira affirmer que cette histoire est fausse

------------

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25 mars 2001 7 25 /03 /mars /2001 12:47

De :  JMF
Date :  Dimanche 25, Mars 2001  13:47
Objet :  Re : Anagrams

Pour commencer, moi, les colloques,
ça me foutrait plutôt la colique.
J'en deviendrais même alcoolique!
D'ailleurs, au retour de mes expéditions bucoliques,
mon voisin, quand il voit que je rapplique,
s'exclame in petto: "Té, vlà co l'loque!"


JMF.

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24 mars 2001 6 24 /03 /mars /2001 10:19

De : JMF
Date :  Samedi 24, Mars 2001  10:19
Objet : 
Sois franc ! Hue ! Hépha !

--- Dans CirqueZavatars, Heinrich a écrit
> Ah Ben, C'est Donc En Furieux Dégueulis qu'Hepha Imagine Jeter ses Kilos de
> fiel sur le Leurre ; Mais Non, bOiteux, Pas de ça sur cirQue ; si on Raille
> SouvenT, c'est Un Vrai désir, français, allemend, canadien et Wallon d'eXclure
> d'icY (un peu vieillot) toute Zizanie.
>
> Je vais maintenant éponger la sueur que m'a causé ce courrier, avec une
> bonne mousse.
>
> Heinrich.


----------

(M)Hein (bateleur is) Rich ?

Salut, l'artiste.
Tant pis si l'exercice suivant n'est pas encore très marrant, je suis la proie d'une crise aiguë de mélancolie, j'ai déjà mouillé 57 mouchoirs ce matin et la mercerie du coin est fermée le samedi...

Une boule de neige pour rafraîchir l'atmosphère ?

L'un des cinq chefs dégota bientôt soixante uniformes hollandais impeccables : sergent-major, sous-officiers, adjudants-chefs, sous-lieutenants, aides-cantinières, maréchaux-des-logis, brigadiers-généraux, lieutenants-colonels, maréchal-des-logis-chef, capitaines-commandants... ho!-m'frez-quat'jours-rompez !!!

(ça triche un peu, mais je prie l'honorable assemblée de m'excuser si je ne suis pas le victorugo de la boule de neige. Les grades au singulier, c'est qu'il n'y avait qu'un seul exemplaire d'uniforme, da!)

JMF, dopé à la trappiste de Rochefort... et c'est pas fini... un vernissage d'expo cette aprème (j'aime pas le mousseux, mais j'espère qu'il y aura des schnicks un peu plus râpeux en la cambuse)... et ce soir, une fête italienne à un jet de pierre de ma cagna et comme j'y vais à pinces, j'espère que je me perdrais pas sur le chemin du retour...

Bon WE à tous.

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22 mars 2001 4 22 /03 /mars /2001 14:47

De : JMF
Date :  Jeudi 22, Mars 2001  14:47
Objet :  Re : limerick... va où le vent te pousse


--- Dans CirqueZavatars, Ze Bath Leurre a écrit
> Dans un courrier daté du 22/03/01 10:38:49 Paris, Madrid,
> jm.flemal@b... a écrit :
>
> VA OU LE VENT TE POUSSE
>
> Dans un bar de Plymouth,
> Je t'ai vu petit mousse.
> Tu leu chantais à tous :
> " Moi, je suis Barberousse,
>
> Je ne connais la frousse !
> Et Neptune qui tousse
> Jamais ne m'éclabousse !"
> Tu oubliais Plymouth
>
> Et le bambin qui pousse
> Dans le sein de ta rousse...
> Je te vois petit mousse,
> Muet, dans ton drap-housse :
> Un vieux marin te pousse
> A l'eau, loin de Plymouth.
>
> Le Bath Leurre
> >vous reprendrez bien une mousse ?

----------

haha! Je me dis, ce salopard pond un sonnet de 14 rimes en "-ousse" et il ne met pas une seule fois le mot "mousse" (bière) et juste avant de lever l'ancre, "euh? vous reprendrez bien une mousse?"?

Il est super, ce texte, il me fait penser à Corbière (pas le vin, mais le Tristan, notre idole à tous, mon pote Alain Jégou, patron pêcheur et poète à Lorient, mon autre pote Bernard Josse, et quelques Bretons bien fendus de la gueule, du verbe, du contenu comme du contenant).

Pour l'instant, entre la France et la Belgique, il y a pas mal de problèmes d'internet, les liaisons sont mauvaises, voire nazebroques la moitié du temps, ça commence à faire chier, parce que cet engin, c'est mon gagne-pain, je travaille toujours dans l'urgence et quand internet se barre en couille, je dois utiliser un modem téléphonique à quelque 6 ou 7 FF la minute (mon e-mail me coûte 1990 FB par mois 24 h sur 24, c-à-d en gros 10 FF par jour, que je l'utilise 10 minutes ou 15 heures sur la journée). Quand je travaille sur modem, une heure de travail me revient à un mois d'e-mail. C'est pas moi qui paie, vu que je compte le prix dans mes factures, mais enfin, tous mes clients ne sont pas Crésus, et comme je fais pas mal de traduc pro deo, ces pannes d'e-mail, souvent, ça fait ch...

Tiens, un texticule en prime (je n'ai pas trouvé celui que je cherchais - 35 ans d'archives, 3000 poèmes, dont 2800 sont de la merde pure)...

Ca, c'est encore un poèm "sur mesure" pour un journal qui de temps en temps me demande des textes sur des personnalités politiques ou autres.

LOCATAIRE

C'est lisse partout
sans la moindre aspérité
c'est mou aussi
mais le chat n'en voudrait pas
c'est flasque comme un flan
retourné sur une assiette
et c'est même franchement
gluant par endroits

ça n'a pas d'yeux pour voir
et ça a pourtant l'air de m'observer
ça ne parle pas mais c'est tout comme
ça se soulève et puis ça retombe
régulièrement comme si ça respirait
un peu comme un champion de sumo
après la finale d'un dix mille mètres

ça a tout à fait l'air de vivre

bien que ça ait l'air trop récent
pour exister vraiment

depuis un instant ça occupe
quand même mes pensées
au point de me donner
simultanément l'envie de rire
ou celle de m'en aller

ça ne fume pas
quand je lui présente une cigarette
ça n'a pas de briquet sur soi
moi non plus mais je sais
où trouver des allumettes

ça ne tousse pas
ça ne dit rien
mais ça comprend vite
ça ne ressemble pas à ma tante
qui elle parle beaucoup
sans toutefois jamais rien comprendre

ça aurait intérêt
à prendre un bain
dans une baignoire
plus grande que la mienne :


là où ça s'assied
ça laisse des traces peu ragoûtantes
ça correspond à l'idée ancienne
que je me faisais d'un éléphant de mer
avant d'en avoir vu un de près
mais ça n'est pas ça du tout

ça ne mange pas de pain non plus
ça doit pourtant bien être gros
de quelque chose

ça brandit brusquement
quelque chose vers moi
qui ne ressemble pas à un revolver :
un revolver c'est bien connu
ça crie "pan!"

et quand ça t'attrape
ça te remplit d'une horreur indicible
avant de te transformer ô surprise 
en tout ce que tu veux


--------------

Ouais, ben on f'ra mieux le prochain coup, comme on dit à Charleroi.

A toute allure...

JMF.

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22 mars 2001 4 22 /03 /mars /2001 09:36

De : JMF
Date :  Jeudi 22, Mars 2001  9:36
Objet :  Re : Deux de rab...


Salut, vous êtes déjà en vacances, les gars? Cela dit, merci pour l'adresse "foorum", je croyais que je l'avais perdue mais, en fait, il était tout simplement inaccessible temporairement.

Autre chose, à propos.

Un genre littéraire pas trop compliqué, c'est le limerick, on ne le pratique pas en France (enfin, rares sont encore ceux qui écrivent des poèmes à forme fixe, alors que je persiste à dire que c'est bien plus facile que des vers libres - qui se tiennent, du moins), et si on l'a pratiqué jadis, rares en sont les exemples passés à la postérité. Enfin, je n'ai pas une culture poétique des plus vastes non plus, je barbote dans les classiques, les catalogues nrf ou le dé bleu.

Le limerick (du nom du bled irlandais du même nom) est un poème de 5 vers (à forme fixe de préférence), comportant avec 3 ou 2 fois la même rime masculine et 2 ou 3 fois la même rime féminine, dans un ordre qui, en principe importe peu, sauf aaabb ou aabbb ou abbba, qui ne sonnent pas très bien à l'oreille (quoique...). Le sujet doit être humoristique (gentil, ironique, grossier, trivial, rosse, hargneux, cinglant ou très spirituel, au contraire) et le discours absurde (mais tout en gardant une certaine logique) est particulièrement bienvenu aussi.

&&&&&&&&&&&&

Exemples :

SOIF DE MEURTRE (j'ai pas compté les syllabes)

Etant un tantinet soupe au lait
Il enfonça sans trembler son stylet
Dans le ventre d'albâtre de la rombière
Puis s'envoya coup sur coup dans le gilet
Quelques roboratives chopines de bière

 

--------------

LA FEMME A BARBE DU CIQUE ZAVATARS

Ah! sublime femme à barbe de Vintimille!
Elle avait en prime une étrange anatomie.
On l'embaucha fissa au cirque Zavatars
Où les curieux bientôt firent la file tard
Pour reluquer ses deux mamelles et demie.

 

-------------

 

FLAMBEUR

A force de sucer des tas de berlingots,
Il finit par claquer le gros de sa fortune.
Bientôt sans un, voilà-t-il pas qu'il m'importune,
Tâte mon humeur et entreprend tout de go
De me taper, l'infâme bourreau de mes thunes!

 

--------------

 

BRIMADES

La tronche tavelée de taches de rousseur,
On ne l'épargne guère et les vannes déferlent
A son adresse. Il rétorque par quelque perle
ou cinglant quolibet dénué de douceur
et où il est question de mères et de soeurs.


--------------

 

EXIL

Il avait en horreur viragos et mégères
Fuyait comme peste gendarmes en jupons
Matrones balèzes et fatigants crampons.
En fin de compte étant de moeurs assez légères
Il prit pour maîtresse la légion étrangère.

-------

Les deux derniers valent pas un clou, les trois premiers sont passables, non?

A plus tard, le boulot m'attend, rugntudju de rugntudju !!!

JMF.

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20 mars 2001 2 20 /03 /mars /2001 19:06

De : JMF
Date :  Mardi 20, Mars 2001  19:06
Objet :  Deux de rab...


Tant qu'on y est, voilà deux machins que j'ai pondus cette nuit, en pleine insomnie (d'ailleurs, je n'écris pratiquement qu'aux plumes, comme Proust, quoi! mais sans "chercher à perdre mon temps".

AU CAFE

L'Omer de l'Angélique est fin soûl dans son coin;
c'est l'heure où il libère un à un ses fantômes:
l'Aglaé, èl sot Tchâle, èl Tindeux, le Guillaume (*)
et de nouveaux encor qu'on ne connaissait point.

On l'écoute de loin sans trop le regarder:
il devient querelleur quand il sent qu'on l'observe;
un sourire distrait et déjà il s'énerve,
invective son monde en serrant son godet.

Parfois il se lève puis s'en va brusquement
laissant son verre en plan et pour demain l'ardoise
mais il n'est pas sans rien et la patronne écrase.

Parfois il s'effondre tout aussi brusquement
et c'est Jef son voisin de la rue L'Alouette
qui le relève puis le ramène en brouette.

(Dampremy, 19 mars 2001)

(*) Wallon : ... Charles le fou, le Tendeur (celui qui tend des filets pour attraper des oiseaux)...


LE COCU

Si le voisin a bu, il n'ose plus rentrer
chez lui car sa jument le cogne comme plâtre
et ensuite on le voit couvert partout d'emplâtres
ramasser les brocards que lui vaut son portrait.

Pendant son absence on retrouve vautré
chez lui l'autre voisin qu'attire la marâtre
car, lorsque déloquée, elle est moins acariâtre
et couine tout son soûl à se fair' pénétrer.

Le coron a tôt fait de muer en légende
ce qui n'est bêtement qu'une affaire de cul
quoique nul ne sache par quel côté la prendre:

si la gnière trompe son homme sans vergogne,
qui oserait dire qu'il boit d'être cocu
ou qu'il porte cornes du fait d'être ivrogne?

(Dampremy, 20 mars 2001)
-----------

Je commence à en avoir plein le dos, cela dit, d'écrire en alexandrins et je crois que je vais bientôt passer au vers de 16 syllabes. Bon, là-dessus, je retourne à mon turbin, parce que je n'avance pas, aujourd'hui...

A bientôt.

JMF.

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20 mars 2001 2 20 /03 /mars /2001 09:33

De :  JMF
Date :  Mardi 20, Mars 2001  9:33
Objet :  Re : salut Hépha !


--- Dans CirqueZavatars, herakles_grrr a
écrit
> Salut Hépha,
> Héraklès
>
> PS: t'aurais pas du feu que j'm'en grille une petite ?
-----------------

Salut, les incorrigibles,

Ca sent encore le soufre, dans le coinstot. Y a encore quelqu'un qu'a laissé traînailler ses allumettes (en néerlandais, allumette se dit... "lucifer"). Bon, si on veut vraiment que le site se transforme en champ de bataille, la Belgique a été celui de l'Europe pendant plus de 2000 ans, elle a l'habitude.

----------

Pour vous changer les idées, voici la dernière connerie que j'ai commise, juste avant de sauter du lit:

UN PEU COURT

Il y a quelques jours,
de passage à la cour,
notre ami de Billancourt
tire la chasse, accourt

nous rejoindre, le souffle court,
au beau mitan du parcours
de la chasse à courre.
Nous prenant un peu de court,

bref, sans trompette ni tambour,
il y va de son discours :
"J'amènerai Terwagne de Méricourt,

"ma belle jument de concours,
"et quelques chevaux de secours
"que monteront mes fidèles Ouïgours."

(20.3.2001, 9h15 du mat)

-----------

Faudrait p't-être que j'arrête les frais dans ce genre d'exercice, parce que je deviens de plus en plus obscur...

A plus tard.

JMF.

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19 mars 2001 1 19 /03 /mars /2001 15:04

De : JMF
Date :  Lundi 19, Mars 2001  15:04
Objet :  Sonnet du boucher


--- Dans CirqueZavatars Ze Bath Leurre a écrit
> ça me fait penser à cette "rimakoi" qui m'est venu en fréquentant l'apliquo
> ... c'est dire si c'est tout chaud !
>

------------------

Hello, bateleur,

en voici un tout frais signé GG (mon pseudonyme sur d'autres sites où
je suis GG, boucher à Cul-des-Sarts (frontière franco-belge, en face
de Rocroi 08), grand tâteur de crus et spécialiste ès andouille(tte)s.

LE BOUCHER

Si avec allégresse en mes biftecks je taille
par contre mon vin je ne le coupe jamais
j'en garde toujours d'avance quelques fûtailles
au cas où les frontières viendraient à fermer

Ah! dame! avec cette Europe on ne sait jamais
depuis qu'y gouvernent capital et canaille
vaut mieux avoir de quoi un peu se remplumer
et faire descendre ses plats de cochonnailles

Vous me direz qu'il y a aussi la bière
Sans aucun doute oui mais jamais en mangeant
sinon ça m'alourdit un peu trop les paupières

ainsi que le bide que j'ai proéminent…
Quoi? c'est qui l'enflure qui parle d'alcoolisme?
Boire du vin mon gars c'est acte de civisme!

GéGé le Gros Rouge, 17/18 mars 2001.

-----------------

Ecrit en plein apéro, sur des cartons de comptoir, dans la nuit de
samedi à dimanche. Mais ces sonnets "monorimes", faudra y revenir. Le
tien (Métempsycose) est vraiment pas mal et il se tient.

Sur ce, je retourne à mon turbin (pas grand-chose à remuer, pour une
fois, mais toujours dans l'urgence).

JMF.

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19 mars 2001 1 19 /03 /mars /2001 12:20

De :  JMF
Date :  Lundi 19, Mars 2001  12:20
Objet :  Re : Henri encore..


--- Dans CirqueZavatars, Wilhelmine_Schuettelbier a écrit
> Loreley  de Heinrich Heine


--------------

Si ça peut t faire plaisir, voici "La Loreley" d'Apollinaire...

LA LORELEY

(à Jean Sève)

A Bacharach il y avait une sorcière blonde
Qui laissait mourir d'amour tous les hommes à la ronde

Devant son tribunal l'évêque la fit citer
D'avance il l'absolvit à cause de sa beauté

Ô belle Loreley aux yeux pleins de pierreries
De quel magicien tiens-tu ta sorcellerie

Je suis lasse de vivre et mes yeux sont maudits
Ceux qui m'ont regardée évêque en ont péri

Mes yeux ce sont des fammes et non des pierreries
Jetez jetez aux flammes cette sorcellerie

Je flambe dans ces flammes ô belle Loreley
Qu'un autre te condamne tu m'as ensorcelé

Evêque vous riez Priez plutôt pour moi la Vierge
Faites-moi donc mourir et que Dieu vous protège

Mon amant est parti pour un pays lointain
Faites-moi donc mourir puisque je n'aime rien

Mon coeur me fait si mal il faut bien que je meure
Si je me regardais il faudrait que j'en meure

Mon coeur me fait si mal depuis qu'il n'est plus là
Mon coeur me fit si mal du jour où il s'en alla

L'évêque fit venir trois chevaliers avec leurs lances
Menez jusqu'au couvent cette femme en démence

Va-t'en Lore en folie va Lore aux yeux tremblants
Tu seras une nonne vêtue de noir et blanc

Puis ils s'en allèrent sur la route tous les quatre
La Loreley les implorait et ses yeux brillaient comme des astres

Chevaliers laissez-moi monter sur ce rocher si haut
Pour voir une fois encore mon beau château

Pour me mirer une fois encore dans le fleuve
Puis j'irai au couvent des vierges et des veuves

Là-haut le vent tordait ses cheveux déroulés
Les chevaliers criaient Loreley Loreley

Tout là-bas sur le Rhin s'en vient une nacelle
Et mon amant s'y tient il m'a vue il m'appelle

Mon coeur devient si doux c'est mon amant qui vient
Elle se penche alors et tombe dans le Rhin

Pour avoir vu dans l'eau la belle Loreley
Ses yeux couleur du Rhin ses cheveux de soleil

------------

A mon avis, ce n'est pas ce qu'Apollinaire a fait de mieux, mais enfin...

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13 mars 2001 2 13 /03 /mars /2001 15:36

De :  JMF
Date :  Mardi 13, Mars 2001  15:36
Objet :  Re : vérité du leurre


Tiens, de la "poésie" sur les courses cyclistes, ça vous dit?
 Le texte suivant, écrit lors du "Paris-Nice" de l'an dernier (mais
sans rapport avec le déroulement même de la course):



LA COURSE EN HUIT ETAPES
ALGARADES ET CREVAISONS
RETARDS DUS AUX BOUCHONS

(à ........................, pour ses "libellules virevoltant dans le
grand vide magdebourgeois qui amplifiait soudainement la voûte en
ogive de son crâne")


DIMANCHE

Algarade première

à quelques secondes du départ
il sort son ustensile et sitôt d'un jet dru
dégorge tout ce qu'il a dans le ventre

puis range ses couilles d'une main
reboutonne son froc de l'autre
et invoque saint Louison

puis sa bécane fend l'espace
les autres n'y voyant que du feu
mais les supporters sont quand même
contents d'être venus


LUNDI

Secondes de bonification

a l’air en forme

dans la grisaille atroce
de la grotte on entend
les souffles hachés

hé! silence! et mouline!

d'une main de fer il tire
sur le guidon de sa bécane

"Ho! picole
pas dans le col!"


MARDI

Montagne
trois nœuds
quelques lacets

"Nos anatomies nerveuses
tant les soignent toubibs et masseurs
qu'ils malaxent même nos doigts
en nous massant les corps"

troisième à l'étape
à quand l'action?

la nuit pas question de tutu
pas de nymphes mais dodo
pour vous les nomades coureurs
aux traits émaciés


MERCREDI

Et de quatre

la dimension
du doute chez l'adversaire

à l'aise ils passent
encore quelques cols
sans crevaisons majeures

dans les gorges
qu'ils dévalent comme forcenés
on tremble

démarrage
et fin


JEUDI

Il remet ça

il porte aux lèvres son bidon
sans trop savoir
ce qu'il y a d'dans

à mi-distance

quelle décantation
dans le peloton

finit quatrième

adversaires rendent gorge


VENDREDI

Au pied du mur
il s'est jeté dans la mêlée

a pris à la gorge
ses adversaires marris
odeurs de raclée

supporters à genoux
comme récitant l'angelus
pendant que l'ange passe premier
cramponné à son guidon comme s'il
avait la mort aux trousses

il n'ignore rien des tours
que ses adversaires ont dans leur sac

il a franchi le dernier col
de la journée et les autres
ont passé à travers la fenêtre

mais
les urines
pas tout à fait blanches


SAMEDI

Les méchants l'allument
les vieux de la veille
ont les regards humides
encore

les yeux piquent
la gorge est rêche

le champion calabrais
s'ensauve il est tranquille

jusqu’à demain


HORS COURSE
IL EST RESTE
POLI MAIS TIEDI
VOIRE REFROIDI (ET UNE PRIME*)

Hors course
en travers de la gorge
l'ultime disqualification

tant de dieux déboulonnés
saqués comme des clowns

chez les coureurs
à la petite semaine
ça taloche ferme
sous l'occiput

*  *  *



était le cercle interdit
et autour du cercle
en dehors les connaisseurs
faisaient silence

tout en travaillant

coûte que goutte ou pélons(**) mes aïeux à travers le tissu portant
des signes en latin avec le forgeron (**bis) qui se mouchait tout
enfiévré regardant son enclume rouiller pendant ce temps et qu'il
s'était allongé un coup de marteau sur ses bijoux de famille et son
voisin le marchand de bonbons n'en pouvait plus tellement il rigolait

et tous
tellement gris
qu'ils en étaient noirs
et qu'ils perdaient mémoire

et l'autre
reprit son auto (une Daf)
pour l'aller dire à tous les autres

car il ne savait pas écrire

*  *  *

autour des selles des tas de faux derges des fourmis visibles aux
infrarouges étaient ultra-violées par l'enculeur-violeur de mouches
et fumeur de ces pavots que tellement stoned il confondait avec des
bleuets puis courait à poil se zoner dans sa banlieue rouge où les
compteurs geiger et les gégènes vrombissaient et pas de quelques
angstrœms je t'assure ce qui lui filait des angoisses chaque fois
qu'il grimpait à l'échelle car il habitait sur son toit et quand il
mangeait virgule sa femme devait lui monter le sel avec ses talons
aiguilles et ça frisait le carnage quand elle perdait l'équilibre  ou
la boussole ou les deux à la fois comme quand elle faisait du
commerce en afrique tenant un comptoir sur le bord du nil échangeant
contre des fers de lances et des casques à pointe (venus du burundi
de l'ouganda ou du ruanda ou encore du cameroun) les sémaphores et
les aiguillages que son concubin volait au notaire les nuits où le
ciel était plombé bien que le tabellion rugissant comme un lion eût
quand même en sa faveur rédigé son testament ce qui atteste du vide
cérébral qui l'occupait et puis enfin il s'attendait à tout puis pour
se distraire faisait quelques brasses au fond de la piscine tout en
surveillant du coin de l'œil l'alligator importé des zéveurglèdes et
qui sans se plaindre faisait double emploi avec les crocodiles ainsi
que  des  remous  dans  l'eau  bleue mais ne demandait rien hormis
quelques barbes à papa tiges de lichen et autres viandes purulentes
plongées quelques jours dans la saumure bien que le vétérinaire lui
eût recommandé chaudement de manger sans sel avant que le saurien lui
happât la paluche laissant l'animalier toubib en nage et en rage et
en proie à un vif déplaisir aveugle dérangé dément même et sourd aux
injonctions puis finalement s'en retourna en ville lançant un regard
torve en direction du zoo qu'il voua au trépas et à la douleur en se
demandant si le zoo paierait like a pint in my belly kein schnaps
aber ein bier et puis vamos a playa andiamo cint djeux qu'ça fé mau'
(***)

Notes

*  " – et ils lâchèrent Anquetil, rebutés par l'ineptie de ses
réflexions" (Gustave Flaubert, Bouvard et Pécuchet, chapitre IV).
** Vannes, piques ou quolibets (wallon).
**bis Aucun rapport avec notre camarade Hephaistos.
*** Cent dieux que ça fait mal  (wallon).

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