4 avril 2001
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/avril
/2001
05:08
De : JMF
Date : Mercredi 4, Avril 2001 6:08
Objet : Re : Limerick à rime en bourg
--- Dans CirqueZavatars, Ze Bath Leurre a écrit
>
> bon là moi je suis légèrement sec... je reviendrai plus tard
>
> Le Bath Leurre
> > triple sec
------------
Ohé, du bateleur,
En voilà un petit pour te remettre du coeur au ventre, dans ce cas.
OUKASE
"Saint Trucy!" clamaient les gens de Saint-Pétersbourg,
"mais avec tes interdictions et tes oukases,
tsar Alexandre, qu'est-ce que tu nous les casses!
Plus la moindre goutte d'alcool? Mais tu nous cours!"
Et de fait: les pauvres au simple éther se bourrent.
--------
Et y en a d'autres, mais je les ai pas encore tapés...
A toute allure.
JMF.
3 avril 2001
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03
/04
/avril
/2001
17:25
De : JMF
Date : Mardi 3, Avril 2001 18:25
Objet : Re : Limerick à rime riche
--- Dans CirqueZavatars, Michel a écrit
> Je vois que cette liste regorge de poètes...
> En voilà un de mon cru, écrit récemment sur une autre liste :
> C'est bien connu, l'ange Oliver protège les roux !
>
> Michel Tournon
-----
Hahaha ! Eh bien, si tous tes poèmes sont aussi navrants, on risque pas d'être souvent navré... Pour l'instant, je serais plutôt au point mort bas, question d'écriture. Ca va revenir.
Et tous les autres, ils sont où ? déjà en vacances ?
A bientôt, et porte-toi bien.
Jean-Marie.
-----
Tiens, en voilà un, assez récent, surt les témoins de Jéhovah...
LES TEMOINS
La serviette est mince le savoir qu'elle porte
l'est davantage encor comme s'il s'agissait
d'avoir kèkchose en main pour ensuite laisser
le fil de sa salade aller au gré des portes
Peur de l'an deux mille fin du monde ou des temps
tout fait donc farine pour ces infatigables
pèlerins de l'absurde et très reconnaissables
du fait qu'ils vont par deux par bon ou mauvais temps
Ne se mariant qu'entre eux on conçoit pauvres sots
que leur sang s'appauvrit mais ils n'en veulent d'autre
à aucun prix leur Bible estimant que c'est faute
si un raisin impur abreuve leurs vaisseaux
et c'est peut-être ça qui les rend allergiques
au rouge du pinard ou de la dialectique
------- (mars 2001)
3 avril 2001
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/avril
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16:38
De : JMF
Date : Mardi 3, Avril 2001 17:38
Objet : Limerick à rime riche
Tiens, apparemment, ça remarche.
Un petit limerick pour ne pas changer.
CIRQUE
"Il est plus facile d'avaler des couleuvres
que ces sabres", disait un artiste un peu las,
charlatan dont le nom n'est repris dans nulle oeuvre.
Un beau soir, rencontrant un boa passant là,
il dégaina trop tard : le boa l'avala.
-----------
Je veux bien ramasser des tomates, mais pas en boîtes, ça fait trop mal, ho !!!
JMF.
1 avril 2001
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01
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/2001
17:24
De : JMF
Date : Dimanche 1, Avril 2001 18:24
Objet : Re : Des doublons...
--- Dans CirqueZavatars, Ze Bath Leurre a écrit
> J'ai bien quelques Jeanlain qui traînent... mais je vais venir spécialement
> dans ton Hainaut pour les boire avec toi, èm fi !
>
> Ce soir, c'est dans le Genièvre que je vais chercher
l'inspiration... mais
> j"hésite... Houle ou Wambrechies... le dilemme est terrible !!!
>
> Le Bath Leurre
> > ça Wambrechies dans l'alcool !!
--------------
Ceux qui me diront encore que la France n'est pas un pays de bonne bière auront affaire à moi. C'est vrai que le choix n'est pas aussi étendu qu'en Belgique, mais quand même, la Jeanlain, l'Adelscot, la Pelforth brune et saquants z'autres qui ne me viennent pas tout de suite à l'esprit n'ont rien à envier à ce qui se fait ailleurs...
Puis, nous, en Belgique, on n'a que la bière. Question de vin, ça fait deux cents ans qu'on n'en fait plus, et question d'alcools, hormis quelques pékèts (genièvres) plutôt confidentiels et quelques infâmes tord-boyaux, bof, c'est pas le Pérou non plus... Encore qu'on soit un grand producteur de vodka, mais pas pour notre compte (Une histoire de magouille avec certains pays de l'Est, qui auraient mieux fait de le rester, de l'Est)...
Aujourd'hui, euh!, je vais vous entretenir de ce que je ne ferais sûrement pas ce soir, bicoze fatigue, une boum...
Voici donc, version zappesque (mon surnom, c'est "Frank Zappa", à Charleroi),
LA BOUM :
" ABoule tes CD, EnFoiré de GotH, Intimé-Je à Kurt, L'aMaNt d'OPhélie Qui, RouSpéTant soUVent, file aux Waters relaXer ses boYaux, oh! le Zèbre ! "
Au foot, ça vaut une seconde carte jaune, une intervention pareille, non?
A plus tard.
JMF, pas vite gêné.
31 mars 2001
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17:03
De : JMF
Date : Samedi 31, Mars 2001 18:03
Objet : Re : Des doublons...
--- Dans CirqueZavatars, Ze Bath Leurre a écrit
> il est des nôÔôÔôÔôtres !!!!
> avec quelque néologisme savoureux... allez tiens j'fais péter une
roteuse !!!
>
> Le Bath Leurre
> > à la tienne ma gueuze
-----------
Nom dudju ! L'infâme bateleur qui boit tout seul, en suisse !!!
Attends, mon poteau, celle-ci, c'est pour toi jusqu'à la lie ou jusqu'hallali (c'est une vieille, celle-là, à mon avis)...
Ah ! Bois, Crapule ! D' Enormes Flacons, Gros Hanaps, Immenses Jéroboams, Kils & Litrons Mahousses, Nectariens Otards, Prunelles, Quetsches, Revigorantes Slivovitzas, Travaritzas Ubuesques, Vodkas & Whiskies, Xérès et... Youpie ! il Zigzague !!!
Et moi, j'm'écroule...
Prosit. Bon dimanche à toute la confrérie.
JMF.
31 mars 2001
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31
/03
/mars
/2001
14:45
De : JMF
Date : Samedi 31, Mars 2001 15:45
Objet : Re : ordralphabêtise
--- Dans CirqueZavatars, Michel a écrit :
> Bon, allez, je me lance >
> LA BranCarDiEre Folle GâcHaIt un JoKer LuMiNOPhore, Quasi-
ReSpecTUeusement,
> en interVieWant un XYlophoniste Zazou.
>
> Bonjour la migraine, je vais aller me reposer...
----------
Eh bien, Michel, ça a l'avantage d'être court et passablement délirant. Interviewer un xylophoniste zazou... Celui qui y arrivera se retrouvera au Guinness Book...
Allez, je gratte les derniers atomes de matière gris(onnant)e que m'a laissé mon surcroît de turbin, et je me lance itou... Attention, c'est nettement plus long et assonancé, en plus (je l'ai pas fait exprès, en plus) :
ABraCaDabrantEs Fausses Gloires,
HétaÏres Jaunissantes,
Kantiennes saLopes et MéchaNtes
pOmPeuses Qui pReSTez (= fournir un service, en "belche")
sUr les trottoirs,
Vite, dans les Wagons
deuX et trois, et Y resteZ
pour de bon.
Si vous voulez me décerner une médaille, de grâce, ne me l'assénez pas trop fort... A boire, sur ce !!!
JMF.
29 mars 2001
4
29
/03
/mars
/2001
15:13
De : JMF
Date : Jeudi 29, Mars 2001 16:13
Objet : Re : Limericks
Tiens, je retrouve ça, un poème de 94 ou 95 intitulé...
AVATARS
La nuit en amples manches de tulle
tremble semble-t-il par intermittence
sur la rétine des fenêtres aveugles
Lente l'haleine du vent d'ouest évoque
tantôt un sinueux sommeil de long hiver
tantôt encore une conversation
d’ombres comme méfiantes
On pense à quelque chose
d'indéfinissable et d'ancien
qui aurait toujours été présent
à l'insu de tous
indifférent aux avatars
de toute cette matière chaotique
que nulle cohérence n'a jamais pu habiter
Articulations tendons chairs os et peaux
vivent dans les corps automatiques et machinaux
une vie qui depuis longtemps leur est propre
indépendante de tout souffle initial
et libre encore des fers de la pensée
Il ne reste plus de perceptible que l'abstraction
pareille à un déroulement syncopé d'images
dans les aboiements de lumière
d'une lanterne magique :
bien vite ce n'est plus
l'image projetée qui importe
mais le mouvement lui-même et ses énigmes
Il devient plus facile de maîtriser
le geste instinctif de la main vers l'avant
et le regard qui descend
progressivement vers le sol
confère maintenant à l'immobilité
du corps en attente
une façon d'attrait inattendu
perçu comme une récompense
D'infimes espaces de néant
sont étrangement les seules choses encore
qui se voient lorsqu'elles se meuvent
* * *
Qui croit-on appeler
lorsque lentement l'eau monte dans les poumons
et qu'elle s'en vient clapoter contre la luette
dans un langage comme humilié?
Rien n'a plus de nom
les objets eux-mêmes ne sont plus que formes
les gestes des soubresauts des élans ultimes
de ce qui n'est déjà plus une âme
mais une trame diffuse qui se désagrège
une trace qui s'éteint sans résistance
et sans laisser de phosphènes
Au cœur de la matière
le mouvement est une psychose
mais ce qui ne se meut
n'existe-t-il donc pas?
C'est la question inlassablement posée
à tout ce qui nous hante et nous guette
au-delà des mondes de l'invisible :
de quoi servirait qu'il y eût une réponse
puisque la question elle-même est impertinente?
Franchir un à un tous les paliers
qui se superposent vers l'imaginaire
présuppose qu'il faille se mourir à soi-même
et puis seulement renaître en dépit de la douleur
non pas comme le phénix le ferait de ses cendres
mais en se dégageant du vide glacial
inhérent à toute conception projetée
et qui nous désespère tant
* * *
Elle se couchait sur lui belle et lourde
en lui offrant son dos largement dénudé
il lui demandait de chanter
de sa voix triste de soprano
"Les Attentives" de Guillaume Apollinaire
les paroles lui importaient peu
moins en tout cas que la poésie de la musique
ou que le lent glissement de ses seins opulents
dont les larges et sombres mamelons émoustillés
s'échappaient de l'ourlet du bustier de velours
Il l'écoutait aurait-on dit par ses mains
qu'il posait sur la lourde étoffe noire
tendue à se rompre sur ses hanches royales
il sentait la lenteur calculée de son souffle
lui effleurer le haut du cou et la joue
pendant que doucement ses mains à elle
lui pressaient ses avant-bras à la peau froide
La béatitude parcourait telle une balle d'acier
l'interminable et obsédant tunnel du désespoir
et la paix où ils s'abîmaient ensemble
leur faisait éprouver le même amour majestueux
pour le couple qu'ils formaient tous deux
et qui prenait sans le moindre effort
possession de tout ce qu'aucun d'eux seul
n'aurait pu lui offrir à l'autre
* * *
Les mots butent sur le Temps
tels des ricochets sur des palissades
Appuyé de l'autre côté
un enfant albinos asexué
sourit avec sur les lèvres
de l'écume et de la pitié
De crainte de tomber
il peuple et dépeuple
de tout ce qui lui vient en tête
le vide oppressant
auquel il n'ose tourner le dos
-------------------
29 mars 2001
4
29
/03
/mars
/2001
10:23
De : JMF
Date : Jeudi 29, Mars 2001 11:23
Objet : Limericks
DEUX PUBS POUR LE PRIX D'UNE
Invariablement pressé, il roulait à tombeau ouvert
au volant de sa puissante et blanche Rover,
jusqu'au jour maudit où, s'élançant sur l'autoroute d'Athlone,
il loupa un virage et heurta un pylône.
Pour le ramasser, on usa d'un vacuum cleaner Hoover.
- - -
BOHEME
C'était un temps d'orage à pleuvoir des poèmes.
Le nez contre la vitre, il comptait les éclairs
et revoyait sa vie au temps de sa bohème,
déjeunant d'un café et parfois d'un éclair
et dissipant à rien de son temps le plus clair.
JMF, 29.3.01.
27 mars 2001
2
27
/03
/mars
/2001
17:06
De : JMF
Date : Mardi 27, Mars 2001 18:06
Objet : Re : détournement de poème
--- Dans CirqueZavatars, Ze Bath Leurre a écrit
> Bignole, allons ! Vois la cirrhose
> Qui ce matin te décompose.
> Le rhum t'empourpre et t'ensommeille
> Au point que tu restes vautrée.
> Tu plies, tu t'enrobes, poudrée
> Au fond d'teint olivâtre ou vermeil.
>
> Le Bath Leurre
> >Ronsard, si tu nous vois...
--------------------
' m'f'rez quat'jour'rompez et qu'ça saute!!!
En parlant de bibine...
FECAMP
Il y a de la brume sur le vieux port
où d'immenses carcasses rouillées de cargos
achèvent de se déglinguer
au beau milieu de mon cafard
c'est comme qui dirait le matin
il doit y avoir un chat
en train de miauler dans chaque poubelle
et probablement aussi
quelques vieilles putes blafardes
en carafe dans le coeur
de chacun de ces matelots rencontrés
titubant d'enfer en purgatoire
et de bar en bordel
l'estomac plus noué qu'un paquet de bitords
et les yeux rougeâtres plissés
pour mieux maudire sans doute
les rires stridents des mouettes
et les aboiements des sirènes
il y a de la brume sur le vieux port
les derniers godets de bière éventée
n'ont pas l'air de vouloir passer
c'est bien pire encor que toute cette mer à boire
aujourd'hui il n'y a même pas besoin
d'un petit coup de calva ou de gnôle
pour affronter la froidure des quais
la chaleur humaine s'en va haletant
au gré des haleines rauques
je me sens vieux comme un trois-mâts
qu'on n'aurait plus briqué depuis deux hivers
et j'ai dans la bouche
des relents fades de baisers sans passion
où réprobateurs nagent les yeux
d'un bouillon de moules
-----------------------
27 mars 2001
2
27
/03
/mars
/2001
14:40
De : JMF
Date : Mardi 27, Mars 2001 15:40
Objet : Re : le 200ème
--- Dans CirqueZavatars, Ze Bath Leurre a écrit
> pour fêter le 200 ère message du Cirque, (toutes les occasions sont bonnes !)
> je vous livre ce petit bout-rimé "homophonique"
>
> Pauvre hère
>
> Le mineur retraité,
> Atteint par la silice,
> N'accepte de porter
> Ni haire ni cilice.
>
> Le Bath Leurre
> >par procuration
------------
Hello, du bateleur,
Tu en racontes une pareille à mes anciens voisins les mineurs de Marcinelle et je crois que les 263 fantômes du Bois du Cazier viennent te hanter pendant six mois... Cela dit, j'ai bien failli noircir la 200e moi-même, mais comme je n'avais pas grand-chose à dire à ce moment précis, j'ai préféré la laisser à quelqu'un qui avait plus d'imagination.
Un texte sur les terrils (j'en ai un beau à pas 100 mètres de chez moi, de terril, le terril de La Violette, qui donne d'ailleurs le nom au quartier où je zone).
Allez, c'est parti:
CORON
Cheminée, ô filet qui monte vertical,
ne me suggère pas de spinalienne image,
pas plus que l'horizon qu'écartèle l'orage
ni du rang des corons l'alignement bancal.
On ne vit pas céans tel l'ide en son bocal;
tout y est sale et noir même sans charbonnages
et les mineurs sont morts longtemps avant leur âge
pour relancer encor le combat syndical.
Beauté morte à trente ans des femmes étrangères.
Tous ceux venus du sud ici perdent le nord,
les hommes en pointant, les femmes parlant fort.
Ici, camarade, la loi, c'est les mégères,
et pour leur tribunal, c’est chez Maria « Blé d'Or »,
la seule épicerie où crédit n'est pas mort.
- - -
La Violette
Me reviennent les regards pisseux
des marchands de fer et de charbon
et l'insulte bien claire de l'aïeul encor jeune
leur refusant de très haut le passage
Tout homme de la classe ouvrière
devrait garder à tout moment son fusil
fin prêt à cracher à mort la chevrotine
dans les panses faisandées du capital
Pendant ce temps "gare devant" vocifère
le vent d'ouest en remontant en colère
la rampe du vieux terril de La Violette
Et comme bestialement happés par le vide
les visages aux ivoires furtifs des hiercheuses
vacillent un instant puis s'effacent
- - -
Terril
L'oreille posée sur le rail rouillé
je les entendais parler à voix rauque
les lumières de la nuit crépitaient
sous l'orage venu du septentrion
D'un geste sans cesse répété
l'un des deux hommes tirait de son ventre
des poignées et des poignées d'étoupe
qu'il laissait choir aux pieds de l'autre
La molette du charbonnage tournait
le vent secouait les vitres et les ardoises
et les rompait comme du vieux pain
Bras ballants démarche élastique
les deux hommes ont traversé le terril
comme s'il n'avait jamais existé
-----------
Allez, à plus tard, je vais encore en casser une tranche (de boulot).
JMF.