Trouvé sur le Net

Claude a trouvé : il s'agit bien du film Les Racines du ciel, de John Huston, avec Juliette Gréco, Errol Flyn, Trevord Howard, tiré du roman du même nom
qui valut un premier Prix Goncourt à Romain Gary en 1956.
(Le portrait représente Jean Racine)
Tous les vendredis soir sur Canal+, dans le Grand Journal, Kamel le Magicien exécute un tour de magie. J’adore les tours de magie (pas seulement pour le bouillon) surtout quand ils sont très simples et donc éventuellement reproductibles par le quidam sceptique que je suis.
Le tour proposé hier (vendredi 20 novembre) est visible sur le site de C+, ici (dans la rubrique extraits de l’émission, cliquer sur La Suite 2 , puis dans l’écran de lecture vidéo qui s’affiche, amener le curseur à 15 mn, moment auquel intervient Kamel dans l’émission).
Pour les feignasses, je résume : Kamel propose à Dupontel (présent sur le plateau pour la promo de son dernier film) de choisir un livre parmi quatre posés sur la table. Il lui demande ensuite de l’ouvrir au hasard et d’y choisir un mot d’une longueur minimum de trois syllabes. Il poursuit en lui demandant quelle en est la première lettre. Il s’agissait d’un "p". Kamel écrit sur un calepin 2034/2/6 et le montre à Dupontel en lui demandant si ces chiffres ont un rapport avec le mot choisi. Non fut la réponse. Kamel demande alors quel est ce mot ; professionnel, répond Dupontel. Le magicien lui demande alors d’ouvrir le Petit Robert (déjà présent sur la table) à la page 2034, 2e colonne et 6e mot et paf ! Il s’agit du mot professionnel !
Magnifique tour de magie : Kamel s’en va après avoir récupéré ses livres, sous un tonnerre d’applaudissements mérités… Il bosse, ce Kamel !
Y’a un truc, mais lequel ? Dupontel n’est pas compère, c’est annoncé d’emblée et ce serait une explication indigne du talent de ces deux artistes.
Par habitude, dans ce genre de situation, on sait que ce qui semble relever du hasard n’est en fait qu’un choix imposé par un artifice quelconque. Autrement dit, Kamel savait que, dans le livre choisi, le mot retenu commençant par la lettre "p" était fatalement professionnel. Ça, c’est l’hypothèse de départ. Encore faut-il trouver comment le magicien procède pour la valider…
Mon explication est la suivante. Le choix se porte sur quatre livres dont on ne peut lire ni le titre, ni le nom de l’auteur. Ce sont des livres factices, dans le sens où, tout au long des pages, la contrainte de « l’écrivain » fut d’écrire un texte avec des mots de une ou deux syllabes agrémentés de 26 mots de trois lettres au moins, dans lesquels on trouve un mot commençant par A, un autre par B, un autre par C, et ainsi de suite jusqu’à Z. Mais peut-être que toutes les lettres de l’alphabet n’ont pas été utilisées… La consigne pour Dupontel était de trouver un mot plus long que les autres : en le cherchant, il ne s’est pas occupé du sens du texte ni de faire des stats concernant la longueur des mots imprimés. Lorsqu’il annonce que "p" est la première lettre, Kamel a peut-être déjà mémorisé la correspondance des 26 mots avec leur position dans le dico. Je pense que plus simplement, tout était déjà écrit sur le calepin qu’il tenait en main pendant tout le tour, ce qui lui a permis de donner les chiffres exacts. D'habitude dans ses tours, il écrit sur un tableau visible par tous, non sur un calepin qu'il ne quitte pas...
C’est mon interprétation. Elle semble tenir la route. Si quelqu’un propose une autre solution, je suis preneur !
Michel Tournon

Nous l'avons vu dans de précédents articles, une bonne partie des "raisonnements" sur lesquels se fondent les médecines magiques sont biaisés par la confusion entre le temps et la cause (l'événement A s'est produit avant l'événement B, donc A est la cause de B).
Ces mêmes médecines utilisent aussi un autre biais consistant à manipuler les probabilités pour faire passer un événement soumis au simple hasard pour prévisible et ne relevant pas de la simple coïncidence.
Parfois, la manipulation relève à la fois de ces deux biais : à la suite de la vaccination de masse à laquelle nous assistons actuellement, certains malaises, maladies voire morts vont survenir et seront imputés au vaccin, alors qu'ils auraient fatalement eu lieu sans elle. Le corps médical précise qu'un risque existe et que la probabilité de sa réalisation est compris entre 1/100000 et 1/1000000.
Mais revenons à la coïncidence de base, qui peut passer pour surnaturelle : c'est pour cette raison qu'elle est parfois utilisée par les illusionnistes. Il y quelques décennies, à la télévision, un magicien demandait aux téléspectateurs d'allumer toutes les ampoules de leur habitation. Ensuite, il annonça que par télépathie, il arriverait à éteindre un bon nombre de ces ampoules : de fait, des centaines d'appels en direct confirmèrent son pouvoir. Dans "Devenez Sorciers, devenez savants" Charpak et Broch analysent cet événement d'un point de vue quantitatif : en supposant qu'un million de spectateurs ait regardé l'émission et allumé 6 ampoules dont la durée de vie est d'environ 1000 heures, un calcul simple démontrera qu'environ 2000 ampoules auront grillé pendant la durée de l'émission.
Dans un autre ouvrage, Broch raconte l'anecdote suivante : avec des amis, il tirait les rois. Ils étaient 12 pour consommer successivement 2 galettes, contenant chacune 2 fèves. La distribution se faisant de manière aléatoire, comme il se doit, les fèves de la première galette furent attribuées à A et à B. Contre toute attente, dans les mêmes conditions, les fèves de la seconde galette furent attribuées aussi à A et à B. Ce n'est plus une coïncidence mais de la magie, diront les moins sceptiques : et pourtant, un simple calcul prouvera que la probabilité qu'un tel événement se produise est égale à 1/60 !
Autre exemple déjà cité dans cette rubrique : dans une assistance de 23 personnes, quelle est la probabilité que deux personnes aient la même date de naissance ? Réponse : une chance sur deux. (voir ici)
Ce type de calcul n'est pas anodin ou réservé aux réunions amicales quand on n'a pas retrouvé la boîte de Scrabble pour terminer la soirée. Les statistiques et leur interprétation en dépendent directement. Dans un article du Monde du 19 octobre 2009, on peut lire les déclarations de René Padieu, statisticien de profession :
"En 2007, on avait pour la population d'âge d'actif (20 et 60 ans) un taux de suicide de 19,6 suicides pour 100 000", explique-t-il. "24 suicides en 19 mois, cela fait 15 sur une année. L'entreprise compte à peu près 100 000 employés. Conclusion : on se suicide plutôt moins à France Télécom qu'ailleurs", affirme-t-il.
Selon lui, "ce qui fait sens ici n'est pas le chiffre lui-même, mais le fait de l'invoquer. Relevons que la révélation des suicides en cause suit la création, par un syndicat, d'un "observatoire du stress": quand on se met à observer quelque chose, on le voit apparaître". "On regrettera que les drames humains que sont ces suicides – peu nombreux, certes, mais bien réels – soient instrumentalisés dans l'affrontement entre une direction et ses salariés : c'est indigne", ajoute R. Padieu.
"Croire en l'existence de quelque chose qui n'est pas constitue ce qu'en psychiatrie on appelle un délire. Ici ce n'est personne en particulier, mais le corps social qui délire : salariés, direction, ministre, syndicat, journalistes, commentateurs, vous et moi tous ensemble", ajoute-t-il."Ce qui est dit dans ce délire n'est pas réel : c'est quand même un symptôme. Il signe quelque chose, un mal-être social", reconnaît-il.
J'espère pour lui que M. Padieu bénéficie d'une protection rapprochée efficace et d'une kalachnikov opérationnelle.
Michel Tournon
La différence fondamentale entre entre la médecine rationnelle et les autres repose sur l'interprétation de faits permettant d'établir une causalité : à des études correspondant à des protocoles précis (en double aveugle, par exemple) on répond par l'anecdote personnelle, fondée parfois sur un raisonnement biaisé.
Démontrer ce biais pour démonter ce raisonnement n'est pas aisé.
Prenons l'exemple bien connu de la voyageuse qui jette des confettis blancs par la fenêtre du train. Comme son voisin s'étonne, elle lui dit : "C'est pour éloigner les éléphants blancs". Le voisin rétorque : "Mais il n'y a pas d'éléphants blancs dans cette région". "Il n'y en a pas grâce aux confettis" explique la dame.
Beaucoup d'adeptes de l'homéopathie raisonnent de la même manière : ils pratiquent une automédication destinée à les maintenir en bonne santé, jusqu'au jour où, vraiment malades, les plus raisonnables vont consulter un médecin délivrant une ordonnance avec des vrais morceaux de médicaments dedans. Ils restent toutefois convaincus que sans la prise régulière de granules, ils passeraient leur vie chez le médecin.
Pour cette raison, l'homéopathie est parfois qualifiée fort justement de médecine des gens bien portant.
Toutefois, on ne peut le démontrer qu'en utilisant des études comparatives, rigoureusement menées, que les tenants de l'homéopathie refusent, tellement la médecine expérimentale leur fait horreur, d'où l'usage du mot "parallèles" pour qualifier ces "thérapies" : le refus d'une démarche rationnelle exclut un quelconque point de concours.
Bien évidemment, cette situation est aussi valable pour toutes les autres patamédecines.
Michel Tournon
