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8 septembre 2006 5 08 /09 /septembre /2006 09:36

Voici un long poème que Victor Hugo écrivit un 8 septembre :

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LES VOIX INTERIEURES
 

XVVIII - Pensar, dudar
 

Je vous l'ai déjà dit, notre incurable plaie,
Notre nuage noir qu'aucun vent ne balaie,
Notre plus lourd fardeau, notre pire douleur,
Ce qui met sur nos fronts la ride et la pâleur,
Ce qui fait flamboyer l'enfer sur nos murailles,
C'est l'âpre anxiété qui nous tient aux entrailles,
C'est la fatale angoisse et le trouble profond
Qui fait que notre coeur en abîmes se fond,
Quand un matin le sort, qui nous a dans sa serre,
Nous mettant face à face avec notre misère,
Nous jette brusquement, lui notre maître à tous,
Cette question sombre:- Ame, que croyez-vous?
C'est l'hésitation redoutable et profonde
Qui prend, devant ce sphinx qu'on appelle le monde,
Notre esprit effrayé plus encor qu'ébloui,
Qui n'ose dire non et ne peut dire oui!

C'est là l'infirmité de toute notre race.
De quoi l'homme est-il sûr? qui demeure? qui passe?
Quel est le chimérique et quel est le réel?
Quand l'explication viendra-t-elle du ciel?
D'où vient qu'en nos sentiers que le sophisme encombre
Nous trébuchons toujours? d'où vient qu'esprits faits d'ombre,

Nous tremblons tous, la nuit, à l'heure où lentement
La brume monte au coeur ainsi qu'au firmament?
Que l'aube même est sombre et cache un grand problème?
Et que plus d'un penseur, ô misère suprême!
Jusque dans les enfants trouvant de noirs écueils,
Doute auprès des berceaux comme auprès des cercueils?

Voyez: cet homme est juste, il est bon; c'est un sage.
Nul fiel intérieur ne verdit son visage;
Si par quelques endroits son coeur est déjà mort,
Parmi tous ses regrets il n'a pas un remord;
Les ennemis qu'il a, s'il faut qu'il s'en souvienne,
Lui viennent de leur haine et non pas de la sienne;
C'est un sage - du temps d'Aurèle ou d'Adrien.
Il est pauvre, et s'y plaît. Il ne tombe plus rien
De sa tête vieillie aux rumeurs apaisées,
Rien que des cheveux blancs et de douces pensées.
Tous les hommes pour lui d'un seul flanc sont sortis,
Et, frère aux malheureux, il est père aux petits.
Sa vie est simple, et fuit la ville qui bourdonne.
Les champs où tout guérit, les champs où tout pardonne,
Les villageois dansant au bruit des tambourins,
Quelque ancien livre grec où revivent sereins
Les vieux héros d'Athène et de Lacédémone,
Les enfants rencontrés à qui l'on fait l'aumône,
Le chien à qui l'on parle et dont l'oeil vous comprend,
L'étude d'un insecte en des mousses errant,
Le soir, quelque humble vieille au logis ramenée:
Voilà de quels rayons est faite sa journée.
Chaque jour, car pour lui chaque jour passe ainsi,
Quand le soleil descend, il redescend aussi;
Il regagne, abordé des passants qui l'accueillent,
Son toit sur qui, l'hiver, de grands chênes s'effeuillent.
Si sa table, où jamais rien ne peut abonder,
N'a qu'un maigre repas, il sourit, sans gronder
La servante au front gris, qui sous les ans chancelle,
A qui manque aujourd'hui la force et non le zèle;
Puis il rentre à sa chambre où le sommeil l'attend.
Et là, seul, que fait-il? lui, ce juste content?
Lui, ce coeur sans désirs, sans fautes et sans peines?
Il pense, il rêve, il doute... - O ténèbres humaines!

Sombre loi! tout est donc brumeux et vacillant!

Oh! surtout dans ces jours où tout s'en va croulant,
Où le malheur saisit notre âme qui dévie,
Et souffle affreusement sur notre folle vie,
Où le sort envieux nous tient, où l'on a plus
Que le caprice obscur du flux et du reflux,
Qu'un livre déchiré, qu'une nuit ténébreuse,
Qu'une pensée en proie au gouffre qui se creuse,
Qu'un coeur désemparé de ses illusions,
Frêle esquif démâté, sur qui les passions,
Matelots furieux, qu'en vain l'esprit écoute,
Trépignent, se battant pour le choix de la route;
Quand on ne songe plus, triste et mourant effort,
Qu'à chercher un salut, une boussole, un port,
Une ancre où l'on s'attache, un phare où l'on s'adresse,
Oh! comme avec terreur, pilotes en détresse,
Nous nous apercevons qu'il nous manque la foi,
La foi, ce pur flambeau qui rassure l'effroi,
Ce mot d'espoir écrit sur la dernière page,
Cette chaloupe où peut se sauver l'équipage!

Comment donc se fait-il, ô pauvres insensés,
Que nous soyons si fiers? - Dites, vous qui pensez,
Vous que le sort expose, âme toujours sereine,
Si modeste à la gloire et si douce à la haine,
Vous dont l'esprit, toujours égal et toujours pur,
Dans la calme raison, cet immuable azur,
Bien haut, bien loin de nous, brille, grave et candide,
Comme une étoile fixe au fond du ciel splendide,
Soleil que n'atteint pas, tant il est abrité,
Ce roulis de l'abîme et de l'immensité,
Où flottent, dispersés par les vents qui s'épanchent,
Tant d'astres fatigués et de mondes qui penchent!
Hélas! que vous devez méditer à côté
De l'arrogance unie à notre cécité!
Que vous devez sourire en voyant notre gloire!
Et, comme un feu brillant jette une vapeur noire,
Que notre fol orgueil au néant appuyé
Vous doit jeter dans l'âme une étrange pitié!

Hélas! ayez pitié, mais une pitié tendre;
Car nous écoutons tout sans pouvoir rien entendre!

Cette absence de foi, cette incrédulité,
Ignorance ou savoir, sagesse ou vanité,
Est-ce, de quelque nom que notre orgueil la nomme,
Le vice de ce siècle ou le malheur de l'homme?
Est-ce un mal passager? est-ce un mal éternel?
Dieu peut-être a fait l'homme ainsi pour que le ciel,
Plein d'ombres pour nos yeux, soit toujours notre étude?
Dieu n'a scellé dans l'homme aucune certitude.
Penser, ce n'est pas croire. A peine par moment
Entend-on une voix dire confusément:
-"Ne vous y fiez pas, votre oeuvre est périssable!
Tout ce que bâtit l'homme est bâti sur le sable;
Ce qu'il fait tôt ou tard par l'herbe est recouvert;
Ce qu'il dresse est dressé pour le vent du désert.
Tous ces asiles vains où vous mettez votre âme,
Gloire qui n'est que pourpre, amour qui n'est que flamme,
L'altière ambition aux manteaux étoilés
Qui livre à tous les vents ses pavillons gonflés,
La richesse toujours assise sur sa gerbe,
La science de loin si haute et si superbe,
Le pouvoir sous le dais, le plaisir sous les fleurs,
Tentes que tout cela! l'édifice est ailleurs.
Passez outre! cherchez plus loin les biens sans nombre.
Une tente, ô mortels, ne contient que de l'ombre."

On entend cette voix et l'on rêve longtemps.
Et l'on croit voir le ciel, moins obscur par instants,
Comme à travers la brume on distingue des rives,
Presque entr'ouvert, s'emplir de vagues perspectives!

Que croire? Oh! j'ai souvent, d'un oeil peut-être expert,
Fouillé ce noir problème où la sonde se perd!
Ces vastes questions dont l'aspect toujours change,
Comme la mer tantôt cristal et tantôt fange,
J'en ai tout remué! la surface et le fond!
J'ai plongé dans ce gouffre et l'ai trouvé profond!

Je vous atteste, ô vents du soir et de l'aurore,
Etoiles de la nuit, je vous atteste encore,
Par l'austère pensée à toute heure asservi,
Que de fois j'ai tenté, que de fois j'ai gravi,
Seul, cherchant dans l'espace un point qui me réponde,
Ces hauts lieux d'où l'on voit la figure du monde!
Le glacier sur l'abîme ou le cap sur les mers!
Que de fois j'ai songé sur les sommets déserts,
Tandis que fleuves, champs, forêts, cité, ruines
Que tous les monts fumaient comme des encensoirs,
Et qu'au loin l'océan, répandant ses flots noirs,
Sculptant des fiers écueils la haute architecture,
Mêlait son bruit sauvage à l'immense nature!

Et je disais aux flots: Flots qui grondez toujours!
Je disais aux donjons, croulant avec leurs tours:
Tours où vit le passé! donjons que les années
Mordent incessamment de leurs dents acharnées!
Je disais à la nuit: Nuit pleine de soleils!
Je disais aux torrents, aux fleurs, aux fruits vermeils,
A ces formes sans nom que la mort décompose,
Aux monts, aux champs, aux bois: Savez-vous quelque chose?

Bien des fois, à cette heure où le soir et le vent
Font que le voyageur s'achemine en rêvant,
Je me suis dit en moi:- cette grande nature,
Cette création qui sert la créature,
Sait tout! Tout serait clair pour qui la comprendrait!-
Comme un muet qui sait le mot d'un grand secret
Et dont la lèvre écume à ce mot qu'il déchire,
Il semble par moment qu'elle voudrait tout dire.
Mais Dieu le lui défend! En vain vous écoutez.
Aucun verbe en ces bruits l'un par l'autre heurtés!
Cette chanson qui sort des campagnes fertiles,
Mêlée à la rumeur qui déborde des villes,
Les tonnerres grondants, les vents plaintifs et sourds,
La vague de la mer, gueule ouverte toujours,
Qui vient, hurle, et s'en va, puis sans fin recommence,
Toutes ces voix ne sont qu'un bégaiement immense!

L'homme seul peut parler et l'homme ignore, hélas!
Inexplicable arrêt! quoi qu'il rêve ici-bas,
Tout se voile à ses yeux sous un nuage austère.
Et l'âme du mourant s'en va dans le mystère!
Aussi repousser Rome et rejeter Sion,
Rire, et conclure tout par la négation,
Comme c'est plus aisé, c'est ce que font les hommes.
Le peu que nous croyons tient au peu que nous sommes.

Puisque Dieu l'a voulu, c'est qu'ainsi tout est mieux!
Plus de clarté peut-être aveuglerait nos yeux.
Souvent la branche casse où trop de fruit abonde.
Que deviendrons-nous si, sans mesurer l'onde,
Le Dieu vivant, du haut de son éternité,
Sur l'humaine raison versait la vérité?
Le vase est trop petit pour la contenir toute.

Il suffit que chaque âme en recueille une goutte,
Même à l'erreur mêlée! Hélas! tout homme en soi
Porte un obscur repli qui refuse la foi.
Dieu! la mort! mots sans fond qui cachent un abîme!
L'épouvante saisit le coeur le plus sublime
Dès qu'il s'est hasardé sur de si grandes eaux.
On ne les franchit pas tout d'un vol. Peu d'oiseaux
Traversent l'océan sans reposer leur aile.
Il n'est pas de croyant si pur et si fidèle
Qui ne tremble et n'hésite à de certains moments.
Quelle âme est sans faiblesse et sans accablements?
Enfants! résignons-nous et suivons notre route.
Tout corps traîne son ombre, et tout esprit son doute.

 

Victor Hugo - 8 septembre 1837

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7 septembre 2006 4 07 /09 /septembre /2006 05:40

Mariée à la Sainte Reine,
fais gaffe à ta robe !

 

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6 septembre 2006 3 06 /09 /septembre /2006 22:38

A la Saint Bertrand,
ne te perds en entrant.

 

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5 septembre 2006 2 05 /09 /septembre /2006 23:28

Voici un poème que Victor Hugo a écrit un 6 septembre :

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LES VOIX INTERIEURES
 

XXXII

 

O Muse, contiens-toi! muse aux hymnes d'airain!
Muse de loi juste et du droit souverain!
Toi dont la bouche abonde en mots trempés de flamme,
Etincelles de feu qui sortent de ton âme,
Oh! ne dis rien encore et laisse-les aller!
Attends que l'heure vienne où tu puisses parler.
Endure le spectacle en vierge résignée.
Qu'à peine un mouvement de ta lèvre indignée.
Révèle ton courroux au fond du coeur grondant.
Dans ce siècle où chacun, noyant ou fécondant,
Se répand au hasard comme l'eau d'un orage,
Où l'on ne voit partout qu'impuissance et que rage,
Qu'inutiles fardeaux qu'on s'obstine à rouler,
Que Samsons écrasés sous ce qu'il font crouler,
Le plus fort est celui qui tient sa force en bride.
L'océan quelquefois montre à peine une ride.
Jusqu'au jour d'éclater, plus proche qu'on ne croit,
Ne te dépense pas. Qui se contient s'accroît.
 
Aie au milieu de tous l'attitude élevée
D'une lente déesse à punir réservée,
Qui, recueillant sa force ainsi qu'un saint trésor,
Pourrait depuis longtemps et ne veut pas encor!
 
Va cependant! - contemple et le ciel et le monde.
Et que tous ceux qui font quelque travail immonde,
Que ces trafiquants vils épris d'un sac d'argent,
Que ces menteurs publics, au langage changeant,
Pleins de méchanceté dans leur âme hypocrite
Et dorés au dehors de quelque faux mérite,
Toux ceux, grands et petits, que marque un sceau fatal,
Que l'envieux bâtard accroupi dans le mal,
Que ce tribun valet, plus lâche qu'une femme,
Qui dans les carrefours vend sa parole infâme,
Toujours prêt pour l'or à souffleter la loi,
Forgeant l'émeute au peuple ou la censure au roi,
Que l'ami faux par qui la haine s'ensemence,
Et ceux qui nuit et jour occupent leur démence
D'une orgie effrontée au tumulte hideux,
Te regardent passer tranquille au milieu d'eux,
Saluant gravement les fronts que tu révères,
Muette, et l'oeil pourtant plein de choses sévères!
Fouille ces coeurs profonds de ton regard ardent.
Et que, lorsque le peuple ira se demandant:
- Sur qui donc va tomber, dans la foule éperdue,
Cette foudre en éclairs dans ses yeux suspendue? -
Chacun d'eux, contemplant son oeuvre avec effroi,
Se dise en frissonnant: C'est peut-être sur moi!

 

En attendant, demeure impassible et sereine.
Qu'aucun pan de ta robe en leur fange ne traîne;
Et que tous ces pervers tremblent dès à présent
De voir auprès de toi, formidable, et posant
Son ongle de lion sur ta lyre étoilée,
Ta colère superbe à tes pieds muselée!
 
Victor Hugo - 6 septembre 1836
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5 septembre 2006 2 05 /09 /septembre /2006 11:38

A la Sainte Raïssa,
plonge sous les draps fissa !

 

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5 septembre 2006 2 05 /09 /septembre /2006 11:32

Voci un poème que Victor Hugo a écrit un 5 septembre :

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LES ORIENTALES
 

XXXVI - RÊVERIE
 

Oh ! laissez-moi ! c'est l'heure où l'horizon qui fume
Cache un front inégal sous un cercle de brume,
L'heure où l'astre géant rougit et disparaît.
Le grand bois jaunissant dore seul la colline.
On dirait qu'en ces jours où l'automne décline,
Le soleil et la pluie ont rouillé la forêt.

Oh ! qui fera surgir soudain, qui fera naître,
Là-bas, - tandis que seul je rêve à la fenêtre
Et que l'ombre s'amasse au fond du corridor, -
Quelque ville mauresque, éclatante, inouïe,
Qui, comme la fusée en gerbe épanouie,
Déchire ce brouillard avec ses flèches d'or !

Qu'elle vienne inspirer, ranimer, ô génies,
Mes chansons, comme un ciel d'automne rembrunies,
Et jeter dans mes yeux son magique reflet,
Et longtemps, s'éteignant en rumeurs étouffées,
Avec les mille tours de ses palais de fées,
Brumeuse, denteler l'horizon violet !

 

Victor Hugo - 5 septembre 1828

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4 septembre 2006 1 04 /09 /septembre /2006 11:47

Voici un poème que Victor Hugo a écrit un 4 septembre :

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LES CONTEMPLATIONS
 

LIVRE QUATRIEME - PAUCA MEAE
 

VI
 

Quand nous habitions tous ensemble
Sur nos collines d'autrefois,
Où l'eau court, où le buisson tremble,
Dans la maison qui touche aux bois,

Elle avait dix ans, et moi trente;
J'étais pour elle l'univers.
Oh! comme l'herbe est odorante
Sous les arbres profonds et verts!

Elle faisait mon sort prospère,
Mon travail léger, mon ciel bleu.
Lorsqu'elle me disait : Mon père,
Tout mon coeur s'écriait : Mon Dieu!

A travers mes songes sans nombre,
J'écoutais son parler joyeux,
Et mon front s'éclairait dans l'ombre
A la lumière de ses yeux.

Elle avait l'air d'une princesse
Quand je la tenais par la main;
Elle cherchait des fleurs sans cesse
Et des pauvres dans le chemin.

Elle donnait comme on dérobe,
En se cachant aux yeux de tous.
Oh! la belle petite robe
Qu'elle avait, vous rappelez-vous?

Le soir, auprès de ma bougie,
Elle jasait à petit bruit,
Tandis qu'à la vitre rougie
Heurtaient les papillons de nuit.

Les anges se miraient en elle.
Que son bonjour était charmant!
Le ciel mettait dans sa prunelle
Ce regard qui jamais ne ment.

Oh! je l'avais, si jeune encore,
Vue apparaître en mon destin!
C'était l'enfant de mon aurore,
Et mon étoile du matin!

Quand la lune claire et sereine
Brillait aux cieux, dans ces beaux mois,
Comme nous allions dans la plaine!
Comme nous courions dans les bois!

Puis, vers la lumière isolée
Étoilant le logis obscur,
Nous revenions par la vallée
En tournant le coin du vieux mur;

Nous revenions, coeurs pleins de flamme,
En parlant des splendeurs du ciel.
Je composais cette jeune âme
Comme l'abeille fait son miel.

Doux ange aux candides pensées,
Elle était gaie en arrivant... --
Toutes ces choses sont passées
Comme l'ombre et comme le vent!

 

Victor Hugo - Villequier, 4 septembre 1844

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4 septembre 2006 1 04 /09 /septembre /2006 11:37

A la Sainte Rosalie,
jacinthe et rose s'allient.

 

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3 septembre 2006 7 03 /09 /septembre /2006 06:32

Voici un poème que Victor Hugo a écrit un 3 septembre :

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LES CONTEMPLATIONS
 

LIVRE QUATRIEME : PAUCA MEAE
 

XIV
 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

 

Victor Hugo - 3 septembre 1847

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3 septembre 2006 7 03 /09 /septembre /2006 06:31

Livide à la Saint Grégoire,
ne dors plus dans la baignoire.

 

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