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13 septembre 2006 3 13 /09 /septembre /2006 04:32

Voici un long poème que Victor Hugo a écrit un 13 septembre :

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LES QUATRE VENTS DE L'ESPRIT
 

III - LE LIVRE LYRIQUE
 

XXXIII
 

I
Ma vie entre déjà dans l'ombre de la mort,
et je commence à voir le grand côté des choses.
L'homme juste est plus beau, terrassé par le sort ; 
Et les soleils couchants sont des apothéoses. 
Brutus vaincu n'a rien dont s'étonne Caton ; 
Morus voit Thraséas et se laisse proscrire ; 
Socrate, qu'Anitus fait boire au Phlégéthon, 
Mourant, n'empêche pas Jésus-Christ de sourire. 
Le monde passe, ingrat, vain, stupide et moqueur. 
Le blâme intérieur, Dieu juste, est le seul blâme. 
Les caresses que fait la conscience au coeur 
Font saigner notre chair et rayonner notre âme. 
Apaisé, je médite au bord du gouffre amer ; 
J'aime ce bruit sauvage où l' infini commence ; 
La nuit, j' entends les flots, les vents, les cieux, la mer ; 
Je songe, évanoui dans cette plainte immense. 
II
Il faut toujours quelqu'un qui dise : je suis prêt. 
Je m'immole. Sans quoi, ma France bien-aimée, 
La conscience au coeur de l'homme se romprait ; 
Peuple ! Il ne resterait pas une âme allumée. 
Il est bon en tout temps, aujourd' hui comme hier, 
Que des hommes sereins, en qui rien ne recule, 
Se sentent un amour mystérieux et fier 
Pour l'exil, nuit sinistre, et la mort, crépuscule. 
Je suis de ceux sur qui le char roule effrayant ; 
L'épreuve me flagelle et le devoir me broie ; 
Je ne vois pas pourquoi je serais triste, 
Ayant ce lugubre bonheur et cette sombre joie. 
D'autres, meilleurs que moi, dans le deuil et l'affront 
Expirèrent ; ils sont dans la lumière pure. 
Gloire à ces combattants du Golgotha ! Leur front 
Est d'autant plus serein que l' épine est plus dure. 
Ils furent grands. Ils ont souffert, ils ont aimé. 
Leur linceul laisse voir leur clarté sous ses voiles ; 
Et le rude chemin du martyre est semé 
De leurs gouttes de sang qu'on prend pour des étoiles. 
III
Socrate est un voyant ; je ne suis qu'un témoin. 
Je vais. J'ai laissé tout aux mains du sort rapace, 
Et j'entends mes amis d'autrefois rire au loin 
Pendant qu'à l'horizon, seul et pensif, je passe. 
Ils disent, me voyant paraître tout à coup : 
- Qu' est-ce donc que cette ombre au loin sur cette grève ? 
Regardez donc là-bas. Cela reste debout. 
Est-ce un homme qui marche ? Est-ce un spectre qui rêve ? 
C'est l'homme et c'est le spectre ! ô mes anciens amis, 
C'est un songeur tourné vers les profondeurs calmes, 
Qui, devant le tombeau priant pour être admis, 
Rêve sous la nuée où frissonnent les palmes. 
Sachez, amis de l'âge où l'on se comprenait, 
Que, si je vous parlais, ce serait de vous-même. 
Je suis l'être pensif que la douleur connaît ; 
Mon soir mystérieux touche à l' aube suprême. 
Vous qui tournez la tête et qui dites : c'est bien ! 
Et qui vous remettez à rire à votre porte, 
Ce que j'endure est peu, ce que je suis n'est rien, 
Et ce n' est pas à moi que ma souffrance importe ; 
Mais, quoi que vous fassiez et qui que vous soyez, 
Quoi donc ! N' avez-vous rien au coeur qui vous déchire ? 
N'avez-vous rien perdu de ceux que vous aimiez ? 
Qui sait où sont les morts ? Comment pouvez-vous rire ? 
IV
Heureux les éprouvés ! Voilà ce que je vois ; 
Et je m'en vais, fantôme, habiter les décombres. 
Les pêcheurs, dont j'entends sur les grèves la voix, 
Regardent les flots croître ; et moi, grandir les ombres. 
Je souris au désert ; je contemple et j'attends ; 
J'emplis de paix mon coeur qui n'eut jamais d' envie ; 
Je tâche, craignant Dieu, de m'éveiller à temps 
Du rêve monstrueux qu'on appelle la vie. 
La mort va m' emmener dans la sérénité ; 
J'entends ses noirs chevaux qui viennent dans l'espace. 
Je suis comme celui qui, s'étant trop hâté, 
attend sur le chemin que la voiture passe. 
Ne plaignez pas l'élu qu'on nomme le proscrit. 
Mon esprit, que le deuil et que l'aurore attire, 
Voit le jour par les trous des mains de Jésus-Christ. 
Toute lumière sort ici-bas du martyre. 
V
Je songe, ô vérité, de toi seule ébloui ! 
Ai-je des ennemis ? J'en ignore le nombre. 
Tous les chers souvenirs, tout s'est évanoui. 
Je sens monter en moi le vaste oubli de l'ombre. 
Je ne sais même plus le nom de ceux qui m' ont 
Fait mordre, moi rêveur, par le mensonge infâme. 
J'aperçois les blancheurs de la cime du mont, 
Et le bout de ton aile est déjà bleu, mon âme ! 
En dehors du combat pour la cause de tous, 
Si j'ai frappé quelqu'un pour me venger moi-même, 
Si j'ai laissé pleurant quelque être fier et doux, 
Si j'ai dit : haïssez, à ceux qui disaient : j'aime ; 
Dieu ! Si j'ai fait saigner des coeurs dans le passé, 
Que votre grande voix me courbe et m' avertisse ! 
Je demande pardon à ceux que j' offensai, 
Voulant traîner ma peine et non mon injustice. 
Je marche, à travers l' ombre et les torts expiés, 
Dans la vie, aujourd'hui sans fleurs et jadis verte, 
Morne plaine où déjà s' allongent à mes pieds 
Les immenses rayons de la tombe entr'ouverte.
Victor Hugo - 13 septembre 1854.

- - -
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12 septembre 2006 2 12 /09 /septembre /2006 09:42

Voici un poème que Victor Hugo a écrit un 12 septembre :

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LES CHANSONS DES RUES ET DES BOIS
 

LIVRE PREMIER - JEUNESSE
 

VI - L'ETERNEL PETIT ROMAN
 

I - LE DOIGT DE LA FEMME
 

Dieu prit sa plus molle argile
Et son plus pur kaolin,
Et fit un bijou fragile,
Mystérieux et câlin.

Il fit le doigt de la femme,
Chef-d'oeuvre auguste et charmant,
Ce doigt fait pour toucher l'âme
Et montrer le firmament.

Il mit dans ce doigt le reste
De la lueur qu'il venait
D'employer au front céleste
De l'heure où l'aurore naît.

Il y mit l'ombre du voile,
Le tremblement du berceau,
Quelque chose de l'étoile,
Quelque chose de l'oiseau.

Le Père qui nous engendre
Fit ce doigt mêlé d'azur,
Très fort pour qu'il restât tendre,
Très blanc pour qu'il restât pur,

Et très doux, afin qu'en somme
Jamais le mal n'en sortît,
Et qu'il pût sembler à l'homme
Le doigt de Dieu, plus petit.

Il en orna la main d'Eve,
Cette frêle et chaste main
Qui se pose comme un rêve
Sur le front du genre humain.

Cette humble main ignorante,
Guide de l'homme incertain,
Qu'on voit trembler, transparente,
Sur la lampe du destin.

Oh ! dans ton apothéose,
Femme, ange aux regards baissés,
La beauté, c'est peu de chose,
La grâce n'est pas assez ;

Il faut aimer. Tout soupire,
L'onde, la fleur, l'alcyon ;
La grâce n'est qu'un sourire,
La beauté n'est qu'un rayon ;

Dieu, qui veut qu'Eve se dresse
Sur notre rude chemin,
Fit pour l'amour la caresse,
Pour la caresse ta main.

Dieu, lorsque ce doigt qu'on aime
Sur l'argile fut conquis,
S'applaudit, car le suprême
Est fier de créer l'exquis.

Ayant fait ce doigt sublime,
Dieu dit aux anges : Voilà !
Puis s'endormit dans l'abîme ;
Le diable alors s'éveilla.

Dans l'ombre où Dieu se repose,
Il vint, noir sur l'orient,
Et tout au bout du doigt rose
Mit un ongle en souriant.

 

Victor Hugo - 12 septembre 1859

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12 septembre 2006 2 12 /09 /septembre /2006 06:56

Date : Mardi 12. Septembre 2006  7:56

   De : Ze Bath Leurre

Objet : haïku - dans les limbes

 

"Je t'aime !" dit-elle,

me tend ses lèvres... bip bip !

Réveille-matin.

 

Ze Bath Leurre

> au quatrièmpe top... !

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12 septembre 2006 2 12 /09 /septembre /2006 06:23

A la Saint Apollinaire,
laisse couler la Seine.

 

-.-.-

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11 septembre 2006 1 11 /09 /septembre /2006 06:45

A la Saint Adelphe,
que dit l'oracle ?

 

-.-.-

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10 septembre 2006 7 10 /09 /septembre /2006 11:27
Tutti Froutil 
    Il faut cultiver notre jardin, disait Voltaire. D’accord, mais vu qu’il a donné son nom à un fauteuil, il m’étonnerait fort qu’il ait su ramasser les feuilles mortes, même en utilisant une brouette japonaise (qui évite parfois de prendre un râteau). L’intello n’est pas un manuel ; il fait travailler les manuels, c’est même à ça qu’on le reconnaît. Et les seuls manuels qu’il connaisse, ce sont les modes d’emploi de ses appareils électroménagers, qu’il fait lire à sa femme de ménage, l’épouse de Manuel.

    Et pourtant, les outils sont les meilleurs amis de l’homme : quoi de plus fidèle que la scie ? Est-il un son plus émouvant que celui de lime à la joie ? Et quand la bêche met le bas, n’a-t-on pas envie de lui rouler une pelle ?

   L’intello se vante fréquemment d’être maladroit, espérant qu’on lui attribuera un Q.I. proportionnel à sa maladresse. Faut vraiment être naze pour penser que la main et le cerveau sont des vases communicants. Cela étant, vu les bruits d’évier de certains quand ils branlent du chef, il doit y avoir un fond de vérité.
    La plupart des outils (sauf le claf outil) sont munis d’un manche qu’il faut se garder de jeter après une femme cinglée, car jeter le manche après la cognée est plutôt mauvais signe.

                L’âme de l’outil n’est que nudité
                Et nous nous devons de la décorer
                Pour satisfaire notre envie
                Il nous faut orner l’âme outil

    Mais qu’importe : le ciseau à bois, la caravane passe…

 Michel Tournon

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10 septembre 2006 7 10 /09 /septembre /2006 09:50

Voici un poème que Victor Hugo écrivit un 10 septembre :

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TOUTE LA LYRE
 

LES SEPT CORDES - VI
 

XVIII - TOUTE LA VIE D'UN COEUR
 

1817 - ADOLESCENCE
 

J'allais au Luxembourg rêver, ô temps lointain,
Dès l'aurore, et j'étais moi-même le matin.
Les nids dialoguaient tout bas, et les allées
Désertes étaient d'ombre et de soleil mêlées ;
J'étais pensif, j'étais profond, j'étais niais.
Comme je regardais et comme j'épiais !
Qui ? La Vénus, l'Hébé, la nymphe chasseresse.
Je sentais du printemps l'invisible caresse.
Je guettais l'inconnu. J'errais. Quel curieux
Que Chérubin en qui s'éveille Des Grieux !
Ô femme ! mystère ! être ignoré qu'on encense !
Parfois j'étais obscène à force d'innocence.
Mon regard violait la vague nudité
Des déesses, debout sous les feuilles l'été ;
Je contemplais de loin ces rondeurs peu vêtues,
Et j'étais amoureux de toutes les statues ;
Et j'en ai mis plus d'une en colère, je crois.
Les audaces dans l'ombre égalent les effrois,
Et, hardi comme un page et tremblant comme un lièvre,
Oubliant latin, grec, algèbre, ayant la fièvre
Qui résiste aux Bezouts et brave les Restauds,
Je restais là stupide au bas des piédestaux,
Comme si j'attendais que le vent sous quelque arbre
Soulevât les jupons d'une Diane en marbre.

 

Victor Hugo - 10 septembre 1873, sur l'impériale d'un omnibus.

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10 septembre 2006 7 10 /09 /septembre /2006 06:43

A la Sainte Inès,
i' sont dans les choux.

 

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9 septembre 2006 6 09 /09 /septembre /2006 18:22

A la Saint Alain,
moi j'ai l'autre.

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8 septembre 2006 5 08 /09 /septembre /2006 11:32

A la Saint Adrien,
ne fais pas un tas de rien.

 

-.-.-

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