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4 juin 2006 7 04 /06 /juin /2006 06:54
Voici un poème que Victor Hugo a écrit un 4 juin :

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ODES ET BALLADES

LIVRE CINQUIEME - 1819 - 1828

ODE VINGT-CINQUIEME

RÊVES

En la amena soledad
de aquesta apacible estancia,
bellisimo laberinto
de arboles, flores, y plantas,
Podeis dexarme, dexando
conmigo, que ellos me bastan
por compania, los libros
que os mande sacar de casa ;
que yo, en tanto que Antioquia
celebra con fiestas tantas
la fabrica de esse templo,
que oy a Jupiter consagra,
.......................................
huyendo del gran bullicio,
que hay en sus calles, y plazas,
passar estudiando quiero
la edad que al dia la falta.

CALDERON,
EL MAGICO PRODIGIOSO.

I

Amis, loin de la ville,
Loin des palais de roi,
Loin de la cour servile,
Loin de la foule vile,
Trouvez-moi, trouvez-moi,

Aux champs où l'âme oisive
Se recueille en rêvant,
Sur une obscure rive
Où du monde n'arrive
Ni le flot, ni le vent,

Quelque asile sauvage,
Quelque abri d'autrefois,
Un port sur le rivage,
Un nid sous le feuillage,
Un manoir dans les bois !

Trouvez-le-moi bien sombre,
Bien calme, bien dormant,
Couvert d'arbres sans nombre,
Dans le silence et l'ombre,
Caché profondément !

Que là, sur toute chose,
Fidèle à ceux qui m'ont,
Mon vers plane, et se pose
Tantôt sur une rose,
Tantôt sur un grand mont.

Qu'il puisse avec audace,
De tout noeud détaché,
D'un vol que rien ne lasse,
S'égarer dans l'espace
Comme un oiseau lâché.

II

Qu'un songe au ciel m'enlève,
Que, plein d'ombre et d'amour,
Jamais il ne s'achève,
Et que la nuit je rêve
A mon rêve du jour !

Aussi blanc que la voile
Qu'à l'horizon je voi,
Qu'il recèle une étoile,
Et qu'il soit comme un voile
Entre la vie et moi !

Que la muse qui plonge
En ma nuit pour briller
Le dore et le prolonge,
Et de l'éternel songe
Craigne de m'éveiller !

Que toutes mes pensées
Viennent s'y déployer,
Et s'asseoir, empressées,
Se tenant embrassées,
En cercle à mon foyer !

Qu'à mon rêve enchaînées,
Toutes, l'oeil triomphant,
Le bercent inclinées,
Comme des soeurs aînées
Bercent leur frère enfant !

III

On croit sur la falaise,
On croit dans les forêts,
Tant on respire à l'aise,
Et tant rien ne nous pèse,
Voir le ciel de plus près.

Là, tout est comme un rêve ;
Chaque voix a des mots,
Tout parle, un chant s'élève
De l'onde sur la grève,
De l'air dans les rameaux.

C'est une voix profonde,
Un choeur universel,
C'est le globe qui gronde,
C'est le roulis du monde
Sur l'océan du ciel.

C'est l'écho magnifique
Des voix de Jéhova,
C'est l'hymne séraphique
Du monde pacifique
Où va ce qui s'en va ;

Où, sourde aux cris de femmes,
Aux plaintes, aux sanglots,
L'âme se mêle aux âmes,
Comme la flamme aux flammes,
Comme le flot aux flots !

IV

Ce bruit vaste, à toute heure,
On l'entend au désert.
Paris, folle demeure,
Pour cette voix qui pleure
Nous donne un vain concert.

Oh ! la Bretagne antique !
Quelque roc écumant !
Dans la forêt celtique
Quelque donjon gothique !
Pourvu que seulement

La tour hospitalière
Où je pendrai mon nid,
Ait, vieille chevalière,
Un panache de lierre
Sur son front de granit.

Pourvu que, blasonnée
D'un écusson altier,
La haute cheminée,
Béante, illuminée,
Dévore un chêne entier ;

Que, l'été, la charmille
Me dérobe un ciel bleu ;
Que l'hiver ma famille,
Dans l'âtre assise, brille
Toute rouge au grand feu ;

Dans les bois, mes royaumes,
Si le soir l'air bruit,
Qu'il semble, à voir leurs dômes,
Des têtes de fantômes
Se heurtant dans la nuit ;

Que des vierges, abeilles
Dont les cieux sont remplis,
Viennent sur moi, vermeilles,
Secouer dans mes veilles
Leur robe à mille plis !

Qu'avec des voix plaintives
Les ombres des héros
Repassent fugitives,
Blanches sous mes ogives,
Sombres sur mes vitraux !

V

Si ma muse envolée
Porte son nid si cher
Et sa famille ailée
Dans la salle écroulée
D'un vieux baron de fer ;

C'est que j'aime ces âges
Plus beaux, sinon meilleurs,
Que nos siècles plus sages ;
A leurs débris sauvages
Je m'attache, et d'ailleurs

L'hirondelle enlevée
Par son vol sur la tour,
Parfois, des vents sauvée,
Choisit pour sa couvée
Un vieux nid de vautour.

Sa famille humble et douce,
Souvent, en se jouant,
Du bec remue et pousse,
Tout brisé sur la mousse,
L'oeuf de l'oiseau géant.

Dans les armes antiques
Mes vers ainsi joueront,
Et, remuant des piques,
Riront, nains fantastiques,
De grands casques au front.

VI

Ainsi noués en gerbe,
Reverdiront mes jours
Dans le donjon superbe,
Comme une touffe d'herbe
Dans les brèches des tours.

Mais, donjon ou chaumière,
Du monde délié,
Je vivrai de lumière,
D'extase et de prière,
Oubliant, oublié !

Victor Hugo - 4 juin 1828.

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3 juin 2006 6 03 /06 /juin /2006 07:51
Voici un poème que Victor Hugo a écrit un 3 juin :

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LES VOIX INTERIEURES

- XXXI -


La tombe dit à la rose :
-- Des pleurs dont l'aube t'arrose
Que fais-tu, fleur des amours ?
La rose dit à la tombe :
-- Que fais-tu de ce qui tombe
Dans ton gouffre ouvert toujours ?

La rose dit : -- Tombeau sombre,
De ces pleurs je fais dans l'ombre
Un parfum d'ambre et de miel.
La tombe dit : -- Fleur plaintive,
De chaque âme qui m'arrive
Je fais un ange du ciel.


Victor Hugo - 3 juin 1837

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3 juin 2006 6 03 /06 /juin /2006 07:46

A la Saint Kévin,
OK pour ceux qui devinent !

-.-.-

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2 juin 2006 5 02 /06 /juin /2006 06:29
N'ayant pas trouvé de poème de Victor Hugo daté d'un 2 juin, je vous propose
celui-ci écrit en juin 1842 (sans mention du jour) :

+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.++.+.

LES CONTEMPLATIONS

LIVRE PREMIER - AURORE

III - MES DEUX FILLES


Dans le frais clair-obscur du soir charmant qui tombe,
L'une pareille au cygne et l'autre à la colombe,
Belles, et toutes deux joyeuses, ô douceur !
Voyez, la grande soeur et la petite soeur
Sont assises au seuil du jardin, et sur elles
Un bouquet d'oeillets blanc aux longues tiges frêles,
Dans une urne de marbre agité par le vent,
Se penche, et les regarde, immobile et vivant,
Et frissonne dans l'ombre, et semble au bord du vase,
Un vol de papillons arrêté dans l'extase.

Victor Hugo - La Terrasse, près d'Enghien, juin 1842

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2 juin 2006 5 02 /06 /juin /2006 06:26

A la Sainte Blandine,
tous les lions dînent.

 

-.-.-

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1 juin 2006 4 01 /06 /juin /2006 21:11

De : Etienne Roba

Date : 1 Jun 2006 22:11

Objet : Réf. : Re: [CirqueZavatars] on continue ??

 

Pour le retour d'Epi, 
on a sorti les verres. 
Approchez, les Z'ami's ! 
Audrey, qu'est-c' que j'te sers ? ( Ze Bath ) 

Zebath , c'est très gentil 
j'vais prendre une ptite bière 
quelques toasts au surimi 
promis j' couterai pas cher (Audrey ) 

Pour moi ce s'ra un Martini, 
et zest' de citron amer ; 
après, quand il sera fini, 
j'attaquerai au Picon-bière ( Ze Bath ) 

Et si y en n'a pas, tant pis ! 
J'boirai bien au sein d'ma mère 
si elle a haut taux d'alcoolémie. 
Mais, faut pas t'mettre en COLÈÈÈRRRRE ! ( Etienne ) 

On f'ra la fête toute la nuit 
et on s'roulera par terre 
Toutes les filles en bikini 
et les mecs en blaser ( Audrey ) 

Et on jouera touch'touch'-pipi 
comme faisait mon grand frère. 
Un bon plein de guili-guili 
avant d' boire l'avant-der des ders. (Etienne) 

Faut pas qu'tu t'gênes, Epi : 
Remplis bien ton verre, 
Avec du Génépi, 
Tu vas rouler parterre ! ( Michel ) 

Ne t'inquiéte pas Mimi 
j'sens que l'alcool opère 
Etienne, des guilis- guilis? 
Eteignez la lumière!! ( Audrey ) 

Ah ! boire un daïquiri 
dans l'noir c'est la galère ! 
Eh ! mais c'est qui qui m' tri- 
pote le derrière ? ( Ze Bath ) 

Tu paries pour qui ? 
boule de gomme et mystère 
Je pense que si tu réflechis 
tu trouv'ras, pèpère!! ( Audrey) 

J'crois reconnaître ta paume Epi, 
et ta poigne d'enfer : 
tu casses des noix sans outils, 
on dirait mon beau frère ! ( Ze Bath ) 

T'as tout faux mon ptit! 
c'était pas un fantasme j'espère 
c'était ni plus ni moins qu'le Zizi... 
de Domi! là , tu fais moins l'fier! ( Audrey ) 

Dorez la face ô l'assis mis ...(*) 
L'ut erre us, çui de naguère. 
Je vais vite filer au lit 
car mousses qui roulent n'amasse pas bière ! (Etienne) 

ça m'étonnerait qu'ce soit Domi, 
avec cette haleine de phacochère ! 
Bon, patron, r'mets-nous des demis, 
avant qu'Audrey se mette à braire ! (Ze Bath) 

et tous disons hip hip hip hi 
et qu'on lève bien haut nos verres 
Pour Audrey à l'infini 
j'suis sûr qu' ça va lui plaire ! (Domi) 

Change pas d' sujet mon ami, 
l'patron on en a rien à faire... 
peu importe le nombre de demis 
on s'interesse toujours à ton derrière!! ( Audrey¨) 

C'est une saine philosophie 
puisqu'on est pas longtemps sur terre 
je resterais droit comme un i 
et zyeutant sur tes bannières. (Domi) 

ton zizi droit comme un I ?? 
Hmm la belle affaire!!! 
les fesses de Zebath tu oublies 
car y a les miennes qui desespèrent... ( Audrey qui n'manque pas 
d'air) 

Pisqu' dans ce bar seuls on finit 
enlaçons nous dans la manière 
et allons faire amie-ami 
main dans main, derrière derrière... (Domi) 

Mais t'es bien trop poli 
chuttt , allez laisse toi faire.. 
plus on est de fous plus on rit 
t'aurais pas deux ou trois frères? ( Audrey) 

J'en ai bien un qu'est dans son nid 
et pis un autre qu'est à la guerre 
encore un autre qu' a un mari 
et pis un autre six pieds sous terre. (Domi) 

Va pour le marié, youpi !! 
deux pour l'prix d'un , quelle affaire. 
C'est mieux pour entrevoir le paradis 
vont-ils savoir me satisfaire? ( Audrey) 

Non, moi je suis pas pour le mari ... 
j'préfère en corps une bonne bergère 
ou ses moutons, chèvres ou brebis 
que j'mettrais bien par l'art hier (Etienne) 

Mais nous sommes tout d'même aujourd'hui 
et comme dirait mon tout vieux père : 
"Arrête Etienne ... ces cons ne rient ! 
Te faut lent filer dans le derrière ! (Etienne) 

Je me ferai vraiment tout p'tit 
pour t' gratter tous tes os verts. 
Allez allez, prends-moi le kiki ! 
J't'assure, faut pas sang faire ! (Etienne) 

d'ou qu'il est ?? y est tout ptit 
j'ai beau chercher je galére.. 
même dans un plat de spaguetti 
j'suis sure que tu l'perds!! ( Audrey qui continue de 
chercher.......) 

Mais comme on a toujours dit 
les plus courtes sont les meille(u)res 
tu seras vraiment ravie au lit 
avec moi, l' "echte Brusseleir" ! (Etienne - le "véritable 
Bruxellois) 

Et si de moi t'as plus z'envie 
faux drap que j'prenne un somnifère 
faut dire que mon ch'tit trilili 
commençait juste à s'y faire ... (Etienne) 

Oui oui, je sens que tu joues, oui ! 
Allez, remplis-moi un grand verre, 
mordille en corps mon zakouski, 
ça doit sûrement te plaire ! (Etienne) 

Audrey, si t'as vraiment plus d'appétit 
je te présent'rai mon arrière-grand-père 
Çui qui a un bidule en forme de salsifi 
qui bouge tout l'temps mais de travers. (Etienne) 
----------- 

Et alors mes bons ch'tits 
zav's ! Y a plus de con-frères 
pour, cette suite, conti- 
nuer. Quelle galère ! (Etienne) 

J'vais pas moi, bibi, 
trop m'en faire ! 
Je vais pas d'mander à mon ami 
de poursuivre mes vers solitaires. (Etienne) 

Et bien, mon bon Domi 
arrête de te taire ! 
Avec les autres, ça a l'air fini 
mais toi, j'suis sûr, tu peux le faire ! (Etienne) 

Et si t'arrêtes, donne-moi un alibi 
sinon je t'envoie en enfer. 
Allez mon vieux, sors-toi de ton lit ... 
Y a réellement pas qu'ça à faire ! (Etienne) 

Etienne mon bon ami 
oh oui envoie moi en enfer 
car je me caille dans mon lit 
avec bon rhube à défaire. (Domi) 

oufff me voila enfin sortie 
on m'avait enfermée dans un monastère 
y avait des moines de tous pays 
les détourner c'était pas une mince affaire... (Audrey) 

Et dans leurs habits qui nient 
y faisaient tous leurs prières 
en disant "on n'est pas d'ici 
mais on n' veut plus toutes ces guerres" (Etienne) 

Ils étaient pieux les solitaires : 
Devant Audrey ils étaient pris ! 
C'est l'Angélus qu'on entendit 
Comme le monial joue d'la toupie. (Domi) 

Faut voir encore si ces mâles appris 
fAudrey pas les mettre à la fourrière 
passqu'avec tout c' qu'on m'a appris ... 
Merdre ! j'suis complètement de travers ! (Etienne)

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1 juin 2006 4 01 /06 /juin /2006 00:37

Voici un poème que Victor Hugo a écrit un 1er juin :

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LES ORIENTALES

XX - ATTENTE

                                       Esperaba, desperada.

Monte, écureuil, monte au grand chêne,
Sur la branche des cieux prochaine,
Qui plie et tremble comme un jonc.
Cigogne, aux vieilles tours fidèle,
Oh! vole! et monte à tire-d'aile
De l'église à la citadelle,
Du haut clocher au grand donjon.

Vieux aigle, monte de ton aire
À la montagne centenaire
Que blanchit l'hiver éternel ;
Et toi qu'en ta couche inquiète
Jamais l'aube ne vit muette,
Monte, monte, vive alouette,
Vive alouette, monte au ciel!

Et maintenant, du haut de l'arbre,
Des flèches de la tour de marbre,
Du grand mont, du ciel enflammé,
À l'horizon, parmi la brume,
Voyez-vous flotter une plume,
Et courir un cheval qui fume,
Et revenir mon bien-aimé ?

Victor Hugo- 1er juin 1828

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1 juin 2006 4 01 /06 /juin /2006 00:01

A la Saint Justin,
bruit doux !

 

-.-.-

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31 mai 2006 3 31 /05 /mai /2006 20:45

A la Sainte Pétronille,
envoie paître les chenilles.

 

-.-.-

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31 mai 2006 3 31 /05 /mai /2006 00:26

Voici un poème que Victor Hugo a écrit un 31 mai :

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LES CHÂTIMENTS

LIVRE SIXIEME : LA STABILITE EST ASSUREE

I - NAPOLEON III

Donc c'est fait. Dût rugir de honte le canon,
Te voilà, nain immonde, accroupi sur ce nom!
Cette gloire est ton trou, ta bauge, ta demeure!
Toi qui n'as jamais pris la fortune qu'à l'heure,
Te voilà presque assis sur ce hautain sommet!
Sur le chapeau d'Essling tu plantes ton plumet;
Tu mets, petit Poucet, ces bottes de sept lieues;
Tu prends Napoléon dans les régions bleues;
Tu fais travailler l'oncle, et, perroquet ravi,
Grimper à ton perchoir l'aigle de Mondovi!
Thersite est le neveu d'Achille Péliade!
C'est pour toi qu'on a fait toute cette Iliade!
C'est pour toi qu'on livra ces combats inouïs!
C'est pour toi que Murat, aux russes éblouis,
Terrible, apparaissait, cravachant leur armée!
C'est pour toi qu'à travers la flamme et la fumée
Les grenadiers pensifs s'avançaient à pas lents!
C'est pour toi que mon père et mes oncles vaillants
Ont répandu leur sang dans ces guerres épiques!
Pour toi qu'ont fourmillé les sabres et les piques,
Que tout le continent trembla sous Attila,
Et que Londres frémit, et que Moscou brûla!
C'est pour toi, pour tes Deutz et pour tes Mascarilles,
Pour que tu puisses boire avec de belles filles,
Et, la nuit, t'attabler dans le Louvre à l'écart,
C'est pour monsieur Fialin et pour monsieur Mocquart,
Que Lannes d'un boulet eut la cuisse coupée,
Que le front des soldats, entrouvert par l'épée,
Saigna sous le shako, le casque et le colback,
Que Lasalle à Wagram, Duroc à Reichenbach,
Expirèrent frappés au milieu de leur route,
Que Caulaincourt tomba dans la grande redoute,
Et que la vieille garde est morte à Waterloo!
C'est pour toi qu'agitant le pin et le bouleau,
Le vent fait aujourd'hui, sous ses âpres haleines,
Blanchir tant d'ossements, hélas! dans tant de plaines!
Faquin! Tu t'es soudé, chargé d'un vil butin,
Toi, l'homme du hasard, à l'homme du destin!
Tu fourres, impudent, ton front dans ses couronnes!
Nous entendons claquer dans tes mains fanfaronnes
Ce fouet prodigieux qui conduisait les rois
Et tranquille, attelant à ton numéro trois
Austerlitz, Marengo, Rivoli, Saint-Jean-d'Acre,
Aux chevaux du soleil tu fais traîner ton fiacre!

Victor Hugo - Jersey, 31 mai 1853

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