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3 mars 2006 5 03 /03 /mars /2006 20:44

Voici un poème que Victor Hugo a écrit un 3 mars :

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LES CONTEMPLATIONS

LIVRE CINQUIEME - EN MARCHE

XI - PONTO


Je dis à mon chien noir : - Viens, Ponto, viens-nous-en ! -
Et je vais dans les bois, mis comme un paysan ;
Je vais dans les grands bois, lisant dans les vieux livres.
L'hiver, quand la ramée est un écrin de givres,
Ou l'été, quand tout rit, même l'aurore en pleurs,
Quand toute l'herbe n'est qu'un triomphe de fleurs,
Je prends Froissart, Montluc, Tacite, quelque histoire,
Et je marche, effaré des crimes de la gloire.
Hélas ! l'horreur partout, même chez les meilleurs !
Toujours l'homme en sa nuit trahi par ses veilleurs !
Toutes les grandes mains, hélas ! de sang rougies !
Alexandre ivre et fou, César perdu d'orgies,
Et, le poing sur Didier, le pied sur Witikind,
Charlemagne souvent semblable à Charles-Quint ;
Caton de chair humaine engraissant la murène ;
Titus crucifiant Jérusalem ; Turenne,
Héros, comme Bayard et comme Catinat,
A Nordlingue, bandit dans le Palatinat ;
Le duel de Jarnac, le duel de Carrouge ;
Louis neuf tenaillant les langues d'un fer rouge ;
Cromwell trompant Milton, Calvin brûlant Servet.
Que de spectres, ô gloire ! autour de ton chevet !
O triste humanité, je fuis dans la nature !
Et, pendant que je dis : - Tout est leurre, imposture,
Mensonge, iniquité, mal de splendeur vêtu ! -
Mon chien Ponto me suit. Le chien, c'est la vertu
Qui, ne pouvant se faire homme, s'est faite bête.
Et Ponto me regarde avec son oeil honnête.


Victor Hugo - Marine-Terrace, 3 mars 1855

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3 mars 2006 5 03 /03 /mars /2006 19:36

A la Saint Guénolé,
lâche ta gaine, olé !

 

-.-.-

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2 mars 2006 4 02 /03 /mars /2006 18:48

Voici un poème que Victor Hugo a écrit un 2 mars (sans mention de l'année) :

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TOUTE LA LYRE

LES SEPT CORDES - VI

LVII - AU BAL


Elle se rapprochait, car il parlait tout bas.
Il lui disait : - On a, dans ces bruyants ébats,
Une liberté plus entière.
C'est la foule, on est seul en ces salons dorés.
Le bal joyeux nous cache aux regards effarés
Dans un tourbillon de lumière.

Les quadrilles ardents, follement entraînés,
Bondissent. Nous rêvons, l'un sur l'autre inclinés,
Un rêve peut-être impossible.
Sans voir ces fleurs, sans voir ces fronts épanouis,
Nous passons dans ce bal rayonnant, éblouis
Par une autre fête invisible.

Ils sont aux voluptés, nous sommes à l'amour.
Nos coeurs émus sont pleins d'un mystérieux jour ;
Un feu passager les embrase.
Ce que nous contemplons, ils ne peuvent le voir.
Notre âme est un obscur et céleste miroir.
Ils ont l'ivresse et nous l'extase.

Tandis que dans leurs yeux le plaisir brûle et luit,
Nous voudrions, troublés par la joie et le bruit,
Nous enfuir sous de chastes voiles.
La foule rit, notre âme est plus ravie encor.
Pour eux, à ces plafonds, brillent des lustres d'or,
Et pour nous, plus haut, les étoiles !


Victor Hugo - 2 mars

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2 mars 2006 4 02 /03 /mars /2006 18:46

A la Saint Charles le Bon,
décroche un jambon !

 

-.-.-

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1 mars 2006 3 01 /03 /mars /2006 08:57

Voici un poème que Victor Hugo a écrit un 1er mars :

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TOUTE LA LYRE

LES SEPT CORDES - I -

XXXVIII - ECRIT AU BAS D'UN PORTRAIT
DE MADAME LA DUCHESSE D'ORLEANS


Quand cette noble femme eut touché la frontière,
Proscrite et fugitive, hélas ! mais reine encor,
Emportant son grand coeur, sa tristesse humble et fière,
Et ses enfants, tout son trésor,

A ce port de l'exil la voyant arrivée,
Après tant de périls dans ces sombres chemins,
Ceux qui l'accompagnaient disaient : Elle est sauvée !
Et pleuraient en joignant les mains.

Vers ces derniers amis que le malheur envoie,
Elle inclina son front et s'écria : Seigneur !
Me voici hors de France ! ils en pleurent de joie,
Et moi, j'en pleure de douleur !


Victor Hugo - 1er mars 1848

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1 mars 2006 3 01 /03 /mars /2006 08:54

Pour le jour des Cendres,
je voudrais mon thé !

 

-.-.-

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28 février 2006 2 28 /02 /février /2006 12:36

Voici un poème que Victor Hugo a écrit un 28 février :

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LES QUATRE VENTS DE L'ESPRIT

III - LE LIVRE LYRIQUE

LE DESTINEE

XIX - SUR LA FALAISE

- I -


Tu souris dans l'invisible.
Ô douce âme inaccessible,
Seul, morne, amer,
Je sens ta robe qui flotte
Tandis qu'à mes pieds sanglote
La sombre mer.

La nuit à mes chants assiste.
Je chante mon refrain triste
A l'horizon.
Ange frissonnant, tu mêles
Le battement de tes ailes
A ma chanson.

Je songe à ces pauvres êtres,
Nés sous tous ces toits champêtres,
Dont le feu luit,
Barbe grise, tête blonde,
Qu'emporta cette eau profonde
Dans l'âpre nuit.

Je pleure les morts des autres.
Hélas ! leurs deuils et les nôtres
Ne sont qu'un deuil.
Nous sommes, dans l'étendue,
La même barque perdue
Au même écueil.

- II -

Tous ces patrons, tous ces mousses,
Qu'appelaient tant de voies douces
Et tant de voeux,
Ils sont mêlés à l'espace,
Et le poisson d'argent passe
Dans leurs cheveux.

Au fond des vagues sans nombre,
On voit, sous l'épaisseur sombre
Du flot bruni,
Leur bouche ouverte et terrible
Qui boit la stupeur horrible
De l'infini.

Ils errent, blèmes fantômes.
Ils ne verront plus les chaumes
Au pignon noir,
Les bois aux fraîches ramées,
Les prés, les fleurs, les fumées
Dans l'or du soir.

Dans leurs yeux l'onde insensée,
Qui fuit sans cesse, poussée
Du vent hagard,
Remplace, sombre passante,
La terre, à jamais absente
De leur regard.

Ils sont l'ombre et le cadavre ;
Ceux qui vont de havre en havre
Dans les reflux,
Qui ne verront plus l'aurore,
Et que l'aube au chant sonore
Ne verra plus.

- III -

Et cependant sur les côtes
On songe encore à ces hôtes
De l'inconnu,
Partis, dans l'eau qui frissonne,
Pour cette ombre dont personne
N'est revenu.

C'était l'enfant ! c'était l'homme !
On les appelle, on les nomme
Dans les maisons,
Le soir, quand brille le phare,
Et quand la flamme s'effare
Sur les tisons.

L'un dit : - En août, j'espère,
Ils reviendront tous, Jean, Pierre,
Jacques, Louis ;
Quand la vigne sera mûre; ... -
Et le vent des nuits murmure :
Evanouis !

L'autre dit : - Dans les tempêtes
Regardez bien, et leurs têtes
Apparaîtront.
On les voit quand le soir tombe.
Toute vague est une tombe
D'où sort un front.

- IV -

C'est dans cette onde effrenée
Que leur âme au ciel est née,
Divin oiseau.
Toute vague est un tombeau ;
Toute vague, ô ma colombe,
Est un berceau.


Victor Hugo - 28 février 1854

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28 février 2006 2 28 /02 /février /2006 12:29

Crêpe à Mardi Gras
et du bonheur sous les draps !

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27 février 2006 1 27 /02 /février /2006 12:55

 

 

Voici le début d'un poème que Victor Hugo a écrit en deux parties :
- la première partie (celle-ci) a été écrite un 27 février (sans mention del'année) ;
- la seconde partie a été écrite un 6 mars (rendez-vous dans quelques jours!) :

+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.


LES QUATRE VENTS DE L'ESPRIT

I - LE LIVRE SATIRIQUE

LE SIECLE

XXIV - ECRIT APRES LA VISITE D'UN BAGNE

- I -


Chaque enfant qu'on enseigne est un homme qu'on gagne.
Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne
Ne sont jamais allés à l'école une fois,
Et ne savent pas lire, et signent d'une croix.
C'est dans cette ombre-là qu'ils ont trouvé le crime.
L'ignorance est la nuit qui commence l'abîme.
Où rampe la raison, l'honnêteté périt.

Dieu, le premier auteur de tout ce qu'on écrit,
A mis, sur cette terre où les hommes sont ivres,
Les ailes des esprits dans les pages des livres.
Tout homme ouvrant un livre y trouve une aile, et peut
Plâner là-haut où l'âme en liberté se meut.
L'école est sanctuaire autant que la chapelle.
L'alphabet que l'enfant avec son doigt épelle
Contient sous chaque lettre une vertu ; le coeur
S'éclaire doucement à cette humble lueur.
Donc au petit enfant donnez le petit livre.
Marchez, la lampe en main, pour qu'il puisse vous suivre.
La nuit produit l'erreur et l'erreur l'attentat.
Faute d'enseignement, on jette dans l'état
Des hommes animaux, têtes inachevées,
Tristes instincts qui vont les prunelles crevées,
Aveugles effrayants, au regard sépulcral,
Qui marchent à tâtons, dans le monde moral.
Allumons les esprits c'est notre loi première,
Et du suif le plus vil faisons une lumière.
L'intelligence veut être ouverte ici-bas ;
Le germe a droit d'éclore ; et qui ne pense pas
Ne vit pas. Ces voleurs avaient le droit de vivre.
Songeons-y bien, l'école en or change le cuivre,
Tandis que l'ignorance en plomb transforme l'or.

Je dis que ces voleurs possédaient un trésor,
Leur pensée immortelle, auguste et nécessaire ;
Je dis qu'ils ont le droit, du fond de leur misère,
De se tourner vers vous, à qui le jour sourit,
Et de vous demander compte de leur esprit ;
Je dis qu'ils étaient l'homme et qu'on en fit la brute ;
Je dis que je nous blâme et que je plains leur chute ;
Je dis que ce sont eux qui sont les dépouillés ;
Je dis que les forfaits dont ils se sont souillés
Ont pour point de départ ce qui n'est pas leur faute ;
Pouvaient-ils s'éclairer du flambeau qu'on leur ôte ?
Ils sont les malheureux et non les ennemis
Le premier crime fut sur eux-mêmes commis ;
On a de la pensée éteint en eux la flamme ;
Et la société leur a volé leur âme.


Victor Hugo - 27 février - Jersey

-.-.-

Un autre poème ?

 

 

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27 février 2006 1 27 /02 /février /2006 12:15

A la Sainte Honorine,
ne sois pas gonflant !

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