Overblog Tous les blogs Top blogs Humour
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
7 mars 2006 2 07 /03 /mars /2006 08:02

Voici un poème que Victor Hugo a écrit un 7 mars ( sans mention de l'année ) :

+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.

LES ANNEES FUNESTES

- XXIV -


Vous êtes riche, heureux, souriant, point austère,
Bien mis, homme du monde et maître de la terre ;
Vous êtes empereur, et de plus élégant ;
Bourgeois de Suisse, ainsi que fut bourgeois de Gand
Charles-Quint, votre égal, et, sans souci de l'âge,
Vous voyez à vos pieds tout un frais vasselage
De boucles roses, d'airs aimables, de doux yeux,
De bras nus, de seins nus, ne demandant pas mieux ;
Vous êtes cavalier accompli, valseur tendre ;
Quoique j'habite loin de vous, je puis entendre
Les bénédictions, les voeux, les hosannas
Qu'avec tous les clergés chantent tous les sénats,
Et dont vous écoutez vaguement l'harmonie ;
Héros si bon vous semble, et, s'il vous plaît, génie,
Clio vous donne au choix le socle et les métaux
Dans tout le bric-à-brac de ses vieux pédestaux ;
Chez vous tout est rayons, reflets d'or, parfums d'ambre,
Et, chaîne au cou, le code est huissier d'antichambre ;
Vous possédez sur terre un coin du firmament,
Et le Louvre, et Compiègne, et Saint-Cloud si charmant
Dans la saison riante où l'hirondelle émigre,
O prince, - et vous avez des taches comme un tigre.


Victor Hugo - 7 mars

Partager cet article
Repost0
7 mars 2006 2 07 /03 /mars /2006 07:18

A la Sainte Félicité,
tu rafleras tous les honneurs.

Partager cet article
Repost0
6 mars 2006 1 06 /03 /mars /2006 21:10

Voici la suite d'un poème que Victor Hugo a écrit en deux parties :
- la première partie a été écrite un 27 février (*)
- la seconde partie (que voici) a été écrite un 6 mars.

+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.

LES QUATRE VENTS DE L'ESPRIT

I - LE LIVRE SATIRIQUE

LE SIECLE

XXIV - ECRIT APRES LA VISITE D'UN BAGNE

...

- II -


O vieux bagne éternel ! énigme ! abîme obscur !
Que d'ombres ont passé sur ce funèbre mur !
Ici le mal, la nuit, l'ignorance servile ;
A l'autre extrémité de cette corde vile
Le génie et la foi, l'amour, la vérité,
L'inventeur, le penseur de Dieu même agité,
Le prophète écartant l'erreur impie et fausse,
Saint Jean dans son caveau, Daniel dans la fosse,
Galilée au cachot, Colomb au cabanon ;
Et, remontant au jour de chaînon en chaînon,
Cette chaîne de deuil, sur la terre jetée,
Qui commence à Poulmann, finit à Prométhée.
A travers six mille ans, et traînant en chemin
Ses monstrueux anneaux sur tout le genre humain,
Elle part de Toulon et s'attache au Caucase.
L'homme met la lumière et l'ombre au même vase ;
Le bagne, enfer stupide, admet dans son tombeau
Depuis l'homme poignard jusqu'à l'homme flambeau.

Malheur à qui dit : marche ! au progrès qui recule,
A qui jette un rayon dans notre crépuscule !
Que deviendrait l'erreur si le jour triomphait ?
C'est le même attentat et le même forfait,
Le même crime avec la même peine immonde
Que de tuer un homme ou de trouver un monde.
Lucifer est Satan ; l'aigle est le basilic.
Quiconque allume un phare est l'ennemi public.
Quoi, l'archange enchaîné coudoyant les vampires !
O morne aveuglement de l'homme et de ses lois !

L'esprit tremble et frémit devant toutes ces croix
Que portent les voyants, les inspirés, les sages ;
Pour s'enfuir de la vie on cherche des passages,
Ciel juste, quand on songe à ces révélateurs
Qu'on a saisis, pensifs et venant des hauteurs,
Qu'on a punis du bien ainsi que d'une faute
Liés avec le crime au poteau côte à côte,
Qu'on a fouettés, martyrs saignants et radieux,
Et qui furent forçats parce qu'ils étaient dieux !


Victor Hugo - 6 mars. - Jersey, 1853

+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.

(*) Dans le message du 27 février, j'avais dit qu'aucune mention d'année
n'était indiqué. Le poème d'aujourd'hui mentionne 1853 ; il est fort probable
que cette année soit valable aussi pour la première partie.

 

-.-.-

Un autre poème ?

Partager cet article
Repost0
6 mars 2006 1 06 /03 /mars /2006 00:27

A la sainte Colette,
grillades de côtelettes

Partager cet article
Repost0
5 mars 2006 7 05 /03 /mars /2006 17:07

Partager cet article
Repost0
5 mars 2006 7 05 /03 /mars /2006 14:30

Voici un poème que Victor Hugo a écrit un 5 mars ( sans mention de l'anneé ) :

+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.

TOUTE LA LYRE

LES SEPT CORDES - II

- II -


Je ne vois pas pourquoi je ferais autre chose
Que rêver sous l'arbre où le ramier se pose ;
Les chars passent, j'entends grincer les durs essieux ;

Quand les filles s'en vont laver à la fontaine,
Elles prêtent l'oreille à ma chanson lointaine,
Et moi je reste au fond des bois mystérieux,

Parce que le hallier m'offre des fleurs sans nombre,
Parce qu'il me suffit de voir voler dans l'ombre
Mon chant vers les esprits et l'oiseau vers les cieux.


Victor Hugo - 5 mars

Partager cet article
Repost0
5 mars 2006 7 05 /03 /mars /2006 14:26

Pour le Carême,
bien fraîche la crême !

Partager cet article
Repost0
4 mars 2006 6 04 /03 /mars /2006 17:29

A la Saint Casimir,
t'es presqu'en orbite !

Partager cet article
Repost0
4 mars 2006 6 04 /03 /mars /2006 10:41

W comme Wapiti
- - - - - - - - - - - - - 

 Le wapiti est un cerf dont le nom vient de la tribu des algonquins, à ne pas confondre avec la tribu des hurons dont est originaire l’indien du Village People, puisqu’il s’agit d’un gay huron. Le wapiti est le plus grand cervidé du monde après l’élan. Bizarrement, sans élan il arriverait le premier ; ces animaux ont une logique qui ne cesse de m’étonner.

Le wapiti est une espèce d’ongulé, variété fort répandue sous nos climats. Ses pattes se terminent par deux doigts, de telle sorte que les petits qui apprennent à compter sur leurs pattes utilisent le système binaire pur de la montagne. La femelle se nomme la biche mais ne se prénomme pas forcément Eugène.

Le wapiti est un herbivore ; il se délecte en particulier des ramures des arbres. Certains petits wapitis dyslexiques mangent des armures et meurent prématurément, rouillés de l’intérieur, preuve que les méfaits de la méthode globale s’inscrivent dans le processus de sélection naturelle décrit par Darwin. Lorsqu’il se nourrit, cet animal est très vulnérable, car il suffit au chasseur de l’appeler pour le faire apparaître puisque wapiti vient en mangeant. S’il ne vient pas, on a affaire à un faux cerf, vil contrefacteur.

À la saison des amours, le wapiti cherche une compagne. Mais comment faire ? Pour le crocodile, c’est facile : quand il voit une femelle, il lacoste sans manière. Pour le rat, qui vit de rapine, l’affaire est conclue rapidement. Le Wapiti aborde la femelle en lui disant « Aimez-vous brame » ? Cette prise de contact n’est pas vraiment glamour, même en rut mineur.  Le brame reste toutefois un effet de cerf, véritable avis à la copulation.

L’acte consommé, le cervidé devient un cerf vidé et quelques mois plus tard, la femelle met bas, parfois avec un porte-jarretelles, car même dans ces moments-là, les femelles sont toutes les mêmes. L’éternel féminin existe aussi chez les cervidés : les bois qui ornent le front du mâle en sont une preuve.
- - - - - - - - - - - - 
Michel Tournon 

 

bestiaire-wapiti-cerf-crocodile-rat.png

Partager cet article
Repost0
4 mars 2006 6 04 /03 /mars /2006 00:00

Voici un poème que Victor Hugo a écrit un 4 mars :

+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+.+

LES CHÂTIMENTS

RELIQUAT

II - NOUVEAUX CHÂTIMENTS


Même pour le proscrit, avril veut bien renaître,
Tandis que les oiseaux, chantant leurs joyeux chants,
Les fleurs et le soleil jouaient sous ma fenêtre
Ensemble dans les champs ;

Tandis que, remplissant d'amour la créature,
L'espace de rayons, de parfums le ravin,
Le beau printemps faisait de toute la nature
Un sourire divin ;

Tandis que tout riait, filles à la fontaine,
Chevriers sur la route, et qu'au ciel l'aquilon
Courait après la nue et l'enfant dans la plaine
Après le papillon,

Je songeais. - Je pensais, grave et presque en prière,
A ces hommes que Dieu fit pareils au matin,
Et qui vinrent, ayant sur le front de lumière
De l'avenir lointain.

Ils s'appellent progrès, la foule les renie.
Ils saignent, sur la claie à la gloire traînés ;
Ils étaient la raison, la vertu, le génie,
Ils sont les condamnés.

Leur crime c'est d'avoir, du haut de la montagne,
Fait lire au genre humain le céleste alphabet ;
A celui-ci l'exil, à celui-là le bagne,
A cet autre un gibet ;

Au sage la ciguë, au vrai la croix immonde ;
L'un monte sur la cime et se jette au volcan ;
L'autre expire au bûcher ; cet autre donne au monde
Et reçoit un carcan.

Et comme enseveli sous des ombres funèbres,
Je n'apercevais plus ce gai soleil d'été ;
Rêveur, j'avais les yeux ouverts dans les ténèbres
De notre humanité ;

Et dans cette âpre nuit, si noire et si voilée,
Je regardais passer, montrant du doigt les cieux,
Avec leur auréole aus épines mêlée,
Ces Christs mystérieux.


Victor Hugo - 4 mars 1853, Jersey

Partager cet article
Repost0