Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Sororimmonde

  • : Sororimmonde - et ta soeur ?
  • Sororimmonde - et ta soeur ?
  • : on ne peut pas laisser dire n'importe quoi... à n'importe qui !
  • Contact

Quelques photos de cul ?

Recherche

8 janvier 2008 2 08 /01 /janvier /2008 12:59

Ce sonnet a fait l'objet d'un détournement prêt-à-rimer sur le CirqueZavatars,
par le zavatar Le Zappe,
zavatarchive 1747

-  -  -

TOMBEAU (de Verlaine)

Le noir roc courroucé que la bise le roule
Ne s'arrêtera ni sous de pieuses mains
Tâtant sa ressemblance avec les maux humains
Comme pour en bénir quelque funeste moule.

Ici presque toujours si le ramier roucoule
Cet immatériel deuil opprime de maints
Nubiles plis l'astre mûri des lendemains
Dont un scintillement argentera la foule.

Qui cherche, parcourant le solitaire bond
Tantôt extérieur de notre vagabond -
Verlaine? Il est caché parmi l'herbe, Verlaine

À ne surprendre que naïvement d'accord
La lèvre sans y boire ou tarir son haleine
Un peu profond ruisseau calomnié la mort.

( Stéphane Mallarmé )

-  -  -

Ce sonnet a fait l'objet d'un détournement prêt-à-rimer sur le CirqueZavatars,
par le zavatar Le Zappe,
zavatarchive 1747

Repost 0
Published by Arnaud Somveille - dans Poésies du Monde
commenter cet article
4 décembre 2007 2 04 /12 /décembre /2007 15:27

La Chambre, as-tu gardé leurs spectres ridicules,
O pleine de jour sale et de bruits d'araignées ?
La Chambre, as-tu gardé leurs formes désignées
Par ces crasses au mur et par quelles virgules ?

Ah fi! Pourtant, chambre en garni qui te recules
En ce sec jeu d'optique aux mines renfrognées
Du souvenir de trop de choses destinées,
Comme ils ont donc regret aux nuits, aux nuits d'Hercules !

Qu'on l'entende comme on voudra, ce n'est pas ça :
Vous ne comprenez rien aux choses, bonnes gens.
Je vous dis que ce n'est pas ce que l'on pensa.

Seule, ô chambre qui fuis en cônes affligeants,
Seule, tu sais! mais sans doute combien de nuits
De noce auront dévirginé leurs nuits, depuis !

( Paul Verlaine - Jadis et Naguère )

-  -  -

ce poème fait l'objet du Concours de Prêt-à-Rimer de février 2008 du CirqueZavatars

Repost 0
Published by Arnaud Somveille - dans Poésies du Monde
commenter cet article
3 décembre 2007 1 03 /12 /décembre /2007 12:50

Ce sonnet a fait l'objet d'un détournement prêt-à-rimer sur le CirqueZavatars, 
par le zavatar Le Zappe,
zavatarchive 1747

- - -

LE SONNEUR

Cependant que la cloche éveille sa voix claire
A l'air pur et limpide et profond du matin
Et passe sur l'enfant qui jette pour lui plaire
Un angelus parmi la lavande et le thym,

Le sonneur effleuré par l'oiseau qu'il éclaire,
Chevauchant tristement en geignant du latin
Sur la pierre qui tend la corde séculaire,
N'entend descendre à lui qu'un tintement lointain.

Je suis cet homme. Hélas ! de la nuit désireuse,
J'ai beau tirer le câble à sonner l'Idéal,
De froids péchés s'ébat un plumage féal,

Et la voix ne me vient que par bribes et creuse !
Mais, un jour, fatigué d'avoir enfin tiré,
Ô Satan, j'ôterai la pierre et me pendrai.

( Stéphane Mallarmé )

 

- - -

Ce sonnet a fait l'objet d'un détournement prêt-à-rimer sur le CirqueZavatars, 
par le zavatar Le Zappe, 
zavatarchive 1747

Repost 0
Published by Arnaud Somveille - dans Poésies du Monde
commenter cet article
2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 00:00

La Sauterelle
 

Saute, saute, sauterelle,
Car c'est aujourd'hui jeudi.
Je sauterai, nous dit-elle,
Du lundi au samedi.
 

Saute, saute, sauterelle,
A travers tout le quartier.
Sautez donc, mademoiselle,
Puisque c'est votre métier.
 

Robert Desnos

Repost 0
Published by Arnaud Somveille - dans Poésies du Monde
commenter cet article
2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 00:00

La Fourmi
 

Une fourmi de dix-hui mètres
Avec un chapeau sur la tête,
ça n'existe pas, ça n'existe pas.

Une fourmi traînant un char
plein de pingouins et de canards,
ça n'existe pas, ça n'existe pas.

Une fourmi parlant français,
Parlant latin et javanais,
ça n'existe pas, ça n'existe pas.

Eh ! Pourquoi pas ?
 

- - -
Robert Desnos

Repost 0
Published by Arnaud Somveille - dans Poésies du Monde
commenter cet article
2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 00:00

Deux Petits Eléphants

 

C’était deux petits éléphants
Deux petits éléphants tout blancs.

 

Lorsqu’ils mangeaient de la tomate
Ils devenaient tout écarlates.

 

Dégustaient-ils un peu d’oseille,

On les retrouvait vert bouteille.

 

Suçaient-ils une mirabelle,

Ils passaient au jaune miel.

 

On leur donnait alors du lait :

Ils redevenaient d’un blanc frais.

 

Mais on les gava, près d’Angkor,

Pour le mariage d’un raja,

 

D’un grand sachet de poudre d’or.

Et ils brillèrent, ce jour-là,

 

D’un tel éclat que plus jamais,

Même en buvant des seaux de lait, 

 

Ils ne redevinrent tout blancs,

Ces jolis petits éléphants.

 

Maurice Carême

(Pomme de reinette)

Repost 0
Published by Arnaud Somveille - dans Poésies du Monde
commenter cet article
2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 00:00

La Biche

La biche brame au clair de lune
Et pleure à se fondre les yeux :
Son petit faon délicieux
A disparu dans la nuit brune.

Pour raconter son infortune
A la forêt de ses aïeux,
La biche brame au clair de lune
Et pleure à se fondre les yeux.

Mais aucune réponse, aucune,
A ses longs appels anxieux !
Et, le cou tendu vers les cieux,
Folle d'amour et de rancune,
La biche brame au clair de lune.

Maurice ROLLINAT, Les Refuges

Repost 0
Published by Arnaud Somveille - dans Poésies du Monde
commenter cet article
2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 00:00

Le Pélican
- - -

Le capitaine Jonathan,
Etant âgé de dix-huit ans
Capture un jour un pélican
Dans une île d'Extrême-Orient.

Le pélican de Jonathan,
Au matin, pond un oeuf tout blanc
Et il en sort un pélican
Lui ressemblant étonnament.

Et ce deuxième pélican
Pond, à son tour, un oeuf tut blanc
D'où sort, inévitablement,
Un autre qui en fait autant.

Cela peut durer pendant très longtemps
Si l'on ne fait pas d'omelette avant.

- - -
Robert Desnos
(Trente chantefables pour les enfants sages)

Repost 0
Published by Arnaud Somveille - dans Poésies du Monde
commenter cet article
2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 00:00

Le Chat et le Soleil
- - -

Le chat ouvrit les yeux,
Le soleil y entra.
Le chat ferma les yeux,
Le soleil y resta.

Voilà pourquoi, le soir,
Quand le chat se réveille,
J'aperçois dans le noir
Deux morceaux de soleil.

- - -
Maurice Carême
(L'Arlequin)

Repost 0
Published by Arnaud Somveille - dans Poésies du Monde
commenter cet article
1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 00:00

Il pleure dans mon coeur

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !

(Paul Verlaine)

Repost 0
Published by Arnaud Somveille - dans Poésies du Monde
commenter cet article